Auto123.com vous propose encore cette année la chronique exclusive du pilote Bruno Spengler, pilote officiel du constructeur allemand BMW. Spengler a donné la première victoire à BMW en DTM depuis 20 ans sur le circuit du Lausitzring.
Bonjour à tous ! Heureux de vous retrouver pour une nouvelle chronique, à l’issue de deux premières manches de la saison DTM fertiles en émotions pour moi et ma nouvelle écurie, BMW. Après plusieurs séances d’essais, et un important travail de développement sur la nouvelle BMW M3 DTM, la compétition a enfin repris ses droits, et nous avions hâte de nous situer par rapport à la concurrence.
En termes de performances, nous avions très bien commencé à Hockenheim. Mais nous n’avons pas eu de chance. Lors des qualifications, en Q3, je rencontre un petit problème mécanique qui m’a empêché de jouer ma carte à fond, et qui m'a fait rater Q4, avec finalement le neuvième temps à la clé. Ensuite, en course, je m’accroche avec Ralf Schumacher dès le deuxième tour. Il ne l’a pas fait exprès, mais il m’a tout de même heurté, ce qui a compromis mes chances de bons résultats alors que nous avions la possibilité de décrocher des points, avec même un top 5 tout à fait à notre portée. Ralf et moi, nous nous sommes parlés avant la course suivante, il s’est excusé, nous nous sommes serrés la main, et nous sommes repartis sur de bonnes bases. Ce sont des choses qui arrivent. J’étais énervé sur le coup, mais nous sommes suffisamment expérimentés Ralf et moi pour ne pas ruminer ce genre d’incident pendant des semaines.
À peine une semaine plus tard, la deuxième manche du championnat se disputait sur le circuit du Lausitzring. Autant à Hockenheim,nous avions nos repères avec BMW pour y avoir tourné durant quatre journées de tests quelques jours avant la course en récupérant pas mal d’acquis, autant nous partions dans l’inconnu sur le Lausitzring. BMW avait certes effectué des essais sur ce circuit il y a un an, mais la voiture était bien différente de celle d’aujourd’hui, et tout était à recommencer du début en termes de réglages. Pourtant, tout a fonctionné à merveille. L’équipe a effectué un gros travail sur la voiture, et nous avons été tout de suite performants. Nous avons monopolisé la première place avec Augusto Farfus, et de mon côté j’ai eu l’immense joie de signer la pôle position. Ce fut un grand bonheur d’offrir à BMW la première pôle position depuis son retour en DTM. Satisfaits, mais prudents, car nous savions qu’en course, les Mercedes étaient très performantes, comme elles l’ont prouvé une semaine plus tôt à Hockenheim, nous savions qu’il nous serait difficile de les contenir. Effectivement, les Mercedes, celle de Gary Paffett en premier lieu, étaient plus rapides que nous. Mais ma M3 était également excellente en course, et BMW a fait un travail remarquable. Les arrêts aux puits ont été impeccablement effectués, sans aucune erreur, et l’équipe a très bien géré la stratégie, répondant de belle manière à la pression exercée par Mercedes, qui décidait de s’arrêter avant nous par deux fois. Nous avons réussi à rester devant Gary Paffett à l’issue de la deuxième salve de ravitaillement et ensuite, la victoire était entre mes mains. Je n’ai pas commis de faute jusqu’à l’arrivée, et j’ai pu offrir à BMW cette première victoire depuis son retour, après deux courses seulement. Cela constituait également la 50e victoire en DTM pour la marque. Un week-end fantastique…
J’ai toujours eu confiance en BMW. Je savais que l’on gagnerait un jour ou l’autre, mais il était difficile de savoir précisément quand nous serions en mesure de nous imposer. Toute l’équipe a fait un gros travail cet hiver sur la voiture, et tout ce qui pouvait être optimisé l’a été. Il s’agit là d’une juste récompense pour tous les membres de l’équipe. Pour en revenir aux nouvelles voitures, issues de la nouvelle réglementation technique en vigueur cette saison, cela change quelque peu la donne par rapport à l’an passé. Le ravitaillement en essence en course ayant disparu cette année, nous partons avec des voitures au réservoir plein, et qui se vident au fil des tours. Il est très important d’avoir les bons réglages pour avoir une voiture performante en début de course avec le réservoir à ras bord, sans que cela ne compromette ses performances en fin de course, avec le réservoir vide. Il faut trouver un compromis, ce qui n’est pas évident. Avec des voitures si lourdes dans les premiers tours, il faut veiller à ne pas trop attaquer pour ne pas détériorer les pneus trop rapidement. Cela correspond assez à mon style de pilotage, qui est assez coulé.
Après l’euphorie de cette première victoire, il nous faut tout de même rester prudent. Nous allons aborder maintenant des circuits que nous ne connaissons pas du tout, et l’objectif sera avant tout d’emmagasiner un maximum de données en roulant un maximum lors des essais libres du vendredi. Mais il est clair que, dans ces circonstances, Audi et Mercedes disposeront d’un certain avantage… Merci beaucoup de me lire et à très bientôt je l'espère ! Bruno Spengler
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