D’après GMM
Jenson Button se dit inquiet de la tournure imprévisible que les pneus Pirelli donnent à la saison 2012. Le pilote McLaren avait pourtant commencé l’année en lion, devenant le premier de cinq pilotes cette saison (en cinq grands prix) à remporter une course. Le Grand Prix de Monaco pourrait très bien couronné un sixième vainqueur. Button n’apprécient pas autant que d’autres ce début de saison mouvementé. Il craint que les spectateurs ne finissent par perdre intérêt, découragés de ne plus rien comprendre aux nombreux rebondissements. « Je pense que bientôt nous allons atteindre un point où les spectateurs ne sauront plus où donner de la tête. Ils devront changer de favori toutes les semaines, se demanderont pourquoi l’un perd et l’autre gagne », estime-t-il. Button maintient également que les bases du succès se sont effondrées, et que même les plus brillants ingénieurs doivent se résoudre à trahir leur instinct pour trouver des solutions aux problèmes auxquels ils font face. « C’est très étrange comme situation, poursuit-il. Et tout cela parce que la fenêtre d’opération des pneus est si étroite. » Flavio Briatore, qui a admis son projet de mettre au point un nouveau règlement, trouve la situation amusante. Il juge que les pneus Pirelli jouent le même rôle qu’un budget limitant les dépenses – les équipes riches et les équipes pauvres se retrouvent sur un pied d’égalité. « Avec tout le respect que je dois à Pastor Maldonado, je me demande quand même comme cela se fait qu’il ait su battre Fernando Alonso. « Il faut trouver un équilibre », a-t-il révélé à Auto Motor und Sport. Le double champion du monde en titre, Sebastian Vettel, refuse d’admettre que la F1 est devenue une loterie : « Rappelez-vous quand les mêmes personnes reprochaient à Michael Schumacher de toujours gagner », peut-on lire dans le Kleine Zeitung. « Nous devons simplement empêcher que le spectacle ait l’air artificiel. » Le vétéran Jean Alesi – présentement aux États-Unis pour disputer ses premiers 500 milles d’Indianapolis – croit que les lauriers reviendront non pas au pilote le plus chanceux, mais bien au plus constant d’entre tous. « Prenez Alonso par exemple, a-t-il déclaré selon Laola1, sa monoplace ne figure même pas parmi les quatre plus rapide, pourtant il mène le championnat. » Kevin Eason du Times renchérit : « Si la F1 n’était plus qu’un pari, comment expliqueriez-vous que les trois meilleurs pilotes – Alonso, Vettel et Hamilton – occupent les trois premières places du classement? » David Coulthard, ancien pilote Red Bull et McLaren, soulève un point intéressant dans sa chronique du Telegraph : « Le débat force le sport à se poser des question sur lui-même. Que voulons-nous que la F1 soit? « Pour autant, je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que le sport est devenu une loterie. Je n’ai encore entendu personne se plaindre de la constance des pneus d’un train à l’autre. »
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