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Une Alfa Romeo ayant appartenu à Benito Mussolini sera restaurée

À travers l’histoire, les chefs d’État ont été nombreux à s’intéresser à l’automobile. Après, tout, mis à part leur travail plutôt unique, et mis à part quelques personnages particuliers, voire odieux, ça demeure du monde « ordinaire ».

Benito Mussolini, cependant, n’avait rien d’ordinaire. L’homme qui a donné vie au fascisme italien dans les années 20 et qui a uni sa destinée à Adolf Hitler et au nazisme allemand dans les années 30 appartient à la catégorie de ces personnages historiques que l’on aimerait oublier.

Cependant, notre devoir en est un de rappel. Même s’il nous est impossible de rendre ce dictateur sympathique aujourd’hui, savoir qu’il a été le propriétaire d’une Alfa Romeo 6C 1750 1930, et qu’il a même fait de la course derrière son volant, nous le rend pratiquement… humain.

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Photo : Ashley Border

N’empêche, c’est là que ça devient intéressant, car la voiture qu’il a achetée neuve et qui lui a été livrée le 13 janvier 1930 va profiter d’une restauration complète visant à lui redonner vie. Et le mot est faible ! Le modèle est dans un état de décrépitude avancé, surtout parce qu’à l’époque, on n’a pas hésité à le modifier pour l’alléger afin qu’il soit plus performant lors de compétitions.

Neuf décennies plus tard, disons que les pièces se font rares…

Benito Mussolini n’a pas été propriétaire de cette voiture longtemps. Elle a changé de mains plusieurs fois au début des années 30 pour finalement se retrouver aux mains d’un certain Renato Tigillo en 1937. Ce dernier s’est alors installé en Érythrée, un pays africain sous le joug italien depuis 1936. Lorsque l’Alfa a cessé d’être utilisée, elle n’a pas été vraiment préservée, comme en témoignent ses bosses, sa peinture écaillée et la rouille qui a fini par l’attaquer. Sa trace a été perdue par la suite et même aujourd’hui, son propriétaire reste inconnu. Peut-être souhaite-t-il ne pas voir son nom être associé au Duce.

Photo : Ashley Border

Chose certaine, le bolide sera dorénavant traité aux petits soins. Le travail de remise à niveau a été confié à une des meilleures firmes en la matière, soit celle de Thornley Kelham, basée au Royaume-Uni. C’est une tâche herculéenne qui l’attend, toutefois. Les phares, les ailes et les roues dotées de rayons ne figurent plus sur la voiture, notamment, sans compter l’intérieur, passablement défraîchi.

Simon Thornley, cofondateur de l’entreprise chargée du projet de restauration, a admis que la 6C 1750 est probablement le plus grand défi qu’il ait jamais accepté, surtout si l’on considère que les images d’époque de la carrosserie, construite par Stabilimenti Farina, sont rares.

Mais cela en vaut la peine. « Une pièce aussi importante de l’histoire de l’automobile doit être préservée », a-t-il déclaré dans un communiqué. On ne le contredira certainement pas là-dessus.

Photo : Ashley Border