Alpine, la division de performance de Renault, continue d’entendre le chant des sirènes du vaste marché américain, tout en restant méfiante face aux risques que représente une telle aventure.
En juin dernier, Philippe Krief, PDG d'Alpine, déclarait à Automotive News que la situation actuelle aux États-Unis incitait l'entreprise à envisager le Canada comme point d'entrée sur le marché nord-américain.
Alpine a récemment confirmé au magazine Auto Express que son intérêt pour une expansion nord-américaine demeure très vif. Toutefois, le PDG a reconnu qu’un tel projet comporte des risques et qu’Alpine devra d’abord commercialiser les bons produits pour assurer la viabilité de l'entreprise.
Philippe Krief a souligné que l’un des modèles qu'il considère essentiels pour faire découvrir la marque aux consommateurs américains est l’A110. Ce petit modèle s'adresse indéniablement à une niche, mais selon lui, il incarne l’essence même de la marque et ne pourrait donc pas être écarté.
D’un autre côté, Alpine devra générer un volume de ventes significatif si elle s'installe de ce côté-ci de l’Atlantique. Cela signifie, inévitablement, l'ajout d'un VUS à son offre. De plus, il faudrait un véhicule plus imposant que l'actuel multisegment électrique A390, par exemple. Ce dernier est de taille compacte, alors que les goûts des acheteurs de véhicules haut de gamme aux États-Unis se tournent davantage vers le segment intermédiaire. Un modèle comparable au Porsche Cayenne serait nécessaire, plutôt qu’un équivalent du Macan.
Les obstacles
Le risque, admet Philippe Krief, est que plus le véhicule gagne en volume, plus la marque risque de s'éloigner de l'ADN de performance propre à Alpine.
De plus, de nombreux vents contraires soufflent actuellement sur quiconque souhaite s'aventurer sur le marché nord-américain avec des offres électrifiées ou entièrement électriques.
Il est peu probable que nous assistions à des développements concrets à court terme, mais il est révélateur que les dirigeants de l’entreprise n’hésitent pas à discuter de ces possibilités. Le marché américain est colossal et potentiellement très lucratif ; les acheteurs y ont prouvé à maintes reprises qu’ils sont prêts à débourser des sommes importantes pour des modèles de haute performance, pourvu qu’ils soient bien conçus et capables de rivaliser avec les marques allemandes.