Alors que le lancement du Jeep Recon est enfin imminent, les chiffres officiels d’autonomie de l’Environmental Protection Agency (NHTSA/EPA) pour le VUS électrique ont été publiés. Et ils s’avèrent inférieurs à ce qui avait été promis.
Ce VUS tout électrique est le pendant approximatif du VUS Wrangler de la marque, de par sa construction et ses capacités axées sur le hors-route ainsi que ses dimensions globales. L’édition initiale Jeep Recon Moab intègre un énorme ensemble de batteries de 100 kWh, mais comme l’avaient prédit de nombreux observateurs avant les débuts du modèle, une efficacité énergétique médiocre se traduit par, oui, une autonomie médiocre.
Malgré cette grosse batterie, l’EPA a évalué l’autonomie totale du Recon à seulement 222 milles, soit 357 km avec une charge complète. Jeep avait initialement anticipé une estimation légèrement supérieure de 230 milles (370 km).
Ces chiffres semblent particulièrement décevants lorsqu’on les compare à ceux des futurs rivaux de ce VUS intermédiaire électrique, qui intègrent tous des batteries de plus petite capacité. Le Tesla Model Y de base à traction intégrale est homologué pour 294 milles (473 km), tandis que le tout nouveau Rivian R2 Performance AWD affiche une autonomie impressionnante de 330 milles (531 km) avec une charge complète.
Inefficacité énergétique
Le problème de fond réside dans la consommation d’énergie du Recon. Selon les données de l’EPA, le Jeep électrique consomme pas moins de 48 kWh d’énergie par tranche de 100 milles (soit 29,8 kWh/100 km). En comparaison, le Rivian R2 Performance équipé de roues tout-terrain de 20 pouces ne demande que 34 kWh/100 milles (soit 21,1 kWh/100 km).
Pourquoi une telle inefficacité ? La plupart des experts pointent du doigt deux facteurs : le Recon est volumineux et lourd, et son design n’est pas particulièrement aérodynamique. La silhouette trapue et carrée du Recon ne fait rien pour réduire la traînée, et le véhicule fait osciller la balance à 6112 livres (soit 2772 kg). Cela le rend environ 450 kg plus lourd que le Rivian R2 et près de 725 kg plus lourd qu’un Model Y.
La robustesse et l’authenticité d’abord
Certes, le Recon Moab a été conçu en accordant une priorité plus élevée aux compétences réelles dans les sentiers qu’aux performances aérodynamiques. Construit sur la plateforme STLA Large de Stellantis, il s’impose comme le seul véhicule électrique de sa catégorie équipé d’un différentiel arrière à verrouillage électronique et de portes amovibles.
Il prend également en charge la recharge rapide, permettant de passer de 5 à 80 pour cent en 28 minutes sur une borne rapide en courant continu.
Il est clair, et c’est tout à fait compréhensible, que les ingénieurs de Jeep étaient très conscients lors du développement du Recon qu’ils ne pouvaient pas se permettre de s'aliéner les acheteurs traditionnels de Wrangler au nom de la création d’un véhicule électrique aux performances optimales (on peut appeler cela le dilemme Ferrari Luce). Cependant, certains acheteurs potentiels examineront les chiffres du Recon et du Rivian R2 côte à côte et se demanderont exactement pourquoi ils devraient opter pour le Jeep.
Ces chiffres d’autonomie peu reluisants ne sont pas le seul nuage à l’horizon alors que le Recon se prépare à faire son entrée sur le marché. Au Canada, l’édition haut de gamme Moab affiche un PDSF de départ de 84 995 $ CA, qui grimpe à 87 790 $ CA sur le site officiel une fois les frais obligatoires ajoutés. Avec un prix réel qui frôle les 100 000 $ CA après taxes, cet aventurier à faible autonomie fait face à une lourde pente à remonter pour séduire les consommateurs.