L’université Harvard invente un caoutchouc dix fois plus résistant Cette innovation est prometteuse pour l’automobile, notamment pour les joints et les garnitures.

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Une équipe de chercheurs de la Harvard School of Engineering and Applied Sciences (SEAS) a mis au point un nouveau procédé de fabrication du caoutchouc naturel qui le rend jusqu’à dix fois plus résistant aux fissures et aux déformations. Et tout cela, grâce à une idée étonnamment simple : adoucir la vulcanisation.

Vulcanisation douce, résistance accrue
Depuis l’époque de Charles Goodyear en 1844, la vulcanisation, ce procédé de chauffage du caoutchouc avec des agents chimiques, n’a pas beaucoup changé. Il en résulte des chaînes de polymères courtes et rigides, solides, mais vulnérables aux fissures.

Mais les scientifiques de Harvard ont eu une idée : ralentir le processus pour préserver les longues chaînes moléculaires, créant des structures internes plus flexibles, comparables à des « nouilles spaghetti ».

Photo : Harvard John A. Paulson School of Engineering and Applied Sciences

Le résultat ? Une résistance quatre fois supérieure dès les premiers tests, et jusqu’à dix fois meilleures lors de conditions de stress prolongé.

« On espérait doubler la performance, pas la multiplier par dix », a déclaré Zheqi Chen, co-auteur principal du rapport qui a découlé du projet.

Pas encore pour les pneus, mais idéal pour les pièces fragiles
Ce nouveau matériau n’est pas encore prêt à remplacer les pneus. Le rendement est encore trop faible, en raison d’une forte évaporation de l’eau pendant le traitement. Toutefois, les applications fines comme les gants ou les joints d’étanchéité pourraient en bénéficier rapidement.

Et si la technologie peut être peaufinée pour une utilisation plus rude, l’industrie automobile pourrait en tirer parti dans 10 à 15 ans, notamment dans les régions chaudes où les matériaux classiques craquent avec le temps.

Photo : Harvard John A. Paulson School of Engineering and Applied Sciences