Jaguar Land Rover va supprimer 4000 postes Les suppressions d'emplois s'étaleront sur les deux prochaines années et toucheront environ 10 % des 40 000 employés du groupe à l'échelle mondiale.

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Le constructeur automobile de luxe britannique Jaguar Land Rover (JLR) a annoncé son intention d'éliminer environ 4000 postes au cours des deux prochaines années. Cela représente environ 10 % des 40 000 employés que compte l'entreprise dans le monde.

Cette restructuration, réalisée principalement par le biais d'un programme de départs volontaires ciblant la direction et les postes hors production, survient alors que les constructeurs automobiles européens font face à des vents contraires de plus en plus violents.

Chez JLR en particulier, la décision fait suite à un exercice financier difficile marqué par un fort déclin des résultats. Propriété du groupe indien Tata Motors, le constructeur a affiché une perte nette de 244 millions de livres au cours de l'exercice financier 2026, un brusque recul par rapport au profit de 1,8 milliard de livres enregistré l'année précédente. Les revenus annuels ont chuté de 20,9 % pour s'établir à 22,9 milliards de livres, tandis que les volumes de ventes en gros mondiaux ont dégringolé de 23,2 % à 307 915 unités.

Photo : Jaguar Land Rover (JLR)
Le nouveau Land Rover Range Rover électrique

Cyberattaque, tarifs douaniers et vents contraires
Le ralentissement chez JLR découle d'une combinaison de pressions externes et de perturbations opérationnelles. Fin août 2025, une cyberattaque massive a contraint le constructeur de véhicules de luxe à suspendre sa production en Grande-Bretagne pendant plus d'un mois. L'incident a coûté environ 260 millions de livres à JLR et a entraîné un impact économique de 1,9 milliard de livres (3,6 milliards $CA) à travers le Royaume-Uni, ce qui a poussé le gouvernement à offrir une garantie de prêt allant jusqu'à 1,5 milliard de livres pour soutenir la chaîne d'approvisionnement.

Aggravant la crise, de nouveaux tarifs douaniers américains ont perturbé les expéditions vers l'Amérique du Nord, forçant une interruption temporaire des livraisons. Bien que des accords commerciaux aient finalement réduit les droits d'importation sur les véhicules britanniques de 27,5 % à 10 %, ces tarifs demeurent une source de pression continue. Ajoutés au ralentissement de la demande en Chine et à la concurrence féroce des constructeurs de véhicules électriques chinois, JLR s'est vu contraint d'agir.

Une restructuration axée sur l'avenir électrique
La réorganisation de l'entreprise vise à générer 1,7 milliard de livres (3,2 milliards $CA) d'économies et à abaisser le seuil de rentabilité de JLR à environ 300 000 véhicules. « L’industrie automobile est confrontée à des défis majeurs, avec des évolutions technologiques au milieu d’une concurrence intense et d’une incertitude géopolitique persistante », a déclaré le directeur général de JLR, PB Balaji.

JLR soutient qu'elle ne recule pas devant sa feuille de route pour l'avenir. Le constructeur prévoit de lancer cinq nouveaux modèles au cours des 12 prochains mois, incluant la récente ouverture des carnets de commandes pour le Range Rover entièrement électrique. L'entreprise maintient également ses investissements prévus de 15 à 18 milliards de livres sur cinq ans dans l'électrification et les technologies numériques.