Nissan fait couler beaucoup d'encre avec la confirmation du retour de l'emblématique nom Xterra. Nous avons vu quelques images promotionnelles (teasers), la marque se plaît à en parler régulièrement, et nous avons maintenant la confirmation qu'il sera de retour à la fin de 2028. Nissan affirme viser un prix de départ inférieur à 40 000 $ US, soit environ 55 000 $ CA.
Une petite précision s'impose : cela ne garantit pas un prix de départ de 55 000 $ au Canada. D'une part, ce prix en dollars américains est un objectif et de nombreuses réalités peuvent contrecarrer les espoirs de Nissan d'ici la fin de 2028. D'autre part, nous avons vu récemment des exemples de disparités de prix entre les deux pays voisins. Nous verrons bien.
Une chose est cependant très claire selon les déclarations de Nissan jusqu'à présent : le nouveau Xterra sera un rival direct et plus abordable pour les Toyota 4Runner, Ford Bronco et Jeep Wrangler.
« Tout ce dont vous avez besoin, et rien d'inutile »
L'une des façons de respecter le budget des acheteurs est de miser sur la simplicité. Le président de Nissan Amériques, Christian Meunier, qui s'est montré critique envers les hausses de prix insoutenables dans l'industrie, a confirmé l'objectif d'un prix de départ sous les 40 000 $ US. Il a ajouté que le Xterra 2028 se veut le symbole d'une nouvelle philosophie : un VUS durable et de haute qualité offrant « tout ce dont vous avez besoin, et rien d'inutile ».
Christian Meunier a admis que, comme d'autres constructeurs, Nissan s'était « égarée » en ajoutant des technologies complexes pour le simple plaisir de le faire, faisant ainsi grimper les coûts avec des gadgets dont beaucoup de consommateurs n'ont que faire.
Un châssis en échelle comme colonne vertébrale
Contrairement aux multisegments plus urbains qui dominent le marché actuel, le nouveau Xterra sera un véritable camion construit sur un châssis en échelle. De plus, il servira de fer de lance à une nouvelle plateforme qui soutiendra éventuellement plusieurs modèles nord-américains, incluant la prochaine génération du Frontier, un VUS intermédiaire à trois rangées (potentiellement un remplaçant du Pathfinder basé sur un châssis de camion) et des variantes de luxe pour Infiniti.
Pour limiter les coûts, Nissan prévoit que près de 70 % des pièces seront communes à toute cette gamme de camions. Sous le capot, les acheteurs peuvent s'attendre à des options de moteurs V6 à essence et V6 hybrides, équilibrant la capacité de remorquage et les prouesses hors route avec les normes modernes d'efficacité énergétique.
Miser sur la nostalgie et la valeur
Nissan comprend également qu'il est possible de combiner tout cela tout en misant sur l'aspect émotionnel, grâce au nom Xterra bien sûr, mais aussi à des éléments de design. L'entreprise croit que les propriétaires originaux — qui sont probablement aujourd'hui dans une meilleure situation financière — seront attirés par un véhicule pratique qui privilégie la crédibilité hors route plutôt que les gadgets électroniques.
L'objectif de vente est agressif : Nissan espère écouler plus de 50 000 unités par an en Amérique du Nord. À l'interne, la marque citerait le Kia Telluride comme modèle de référence pour illustrer comment un nouveau venu bien positionné et bien tarifé peut bousculer un segment.
Si Nissan parvient à maintenir son objectif de prix sous les 40 000 $ US, le Xterra pourrait effectivement devenir un joueur perturbateur majeur. D'ici son arrivée en 2028, des concurrents comme le 4Runner et le Bronco auront probablement franchi la barre des 60 000 $ au Canada, laissant le champ libre à un VUS robuste et honnête affiché dans les 55 000 $ et axé sur l'essentiel.
Le dévoilement complet du nouveau Xterra est prévu dès l'année prochaine. La production devrait avoir lieu aux États-Unis, probablement aux côtés du Frontier dans le Mississippi. Cela soulève bien sûr la possibilité de problèmes de tarifs douaniers pour l'importation du modèle au Canada, mais beaucoup de choses peuvent changer sur ce front d'ici la fin de 2028. Nissan semble adopter l'approche de ne traverser ce pont que lorsqu'elle y sera rendue.