Avec l’arrivée de l’hiver, le cocktail habituel de neige, de verglas et de visibilité réduite rend chaque déplacement périlleux pour les conducteurs québécois et ontariens. Une analyse récente des données de conduite hivernale au Canada révèle que la saison froide concentre plus d’un tiers des accidents, et ce, malgré les efforts constants de déneigement. Selon des données fédérales basées sur le kilométrage de flottes commerciales, près de 37 % des collisions enregistrées entre 2022 et 2025 sont survenues en hiver.
L'Ontario : densité de trafic et corridors à risque
Les grands corridors interurbains, tout comme certaines routes régionales, présentent des profils de risques très variés. L’Ontario, avec sa densité de trafic supérieure et une forte cohabitation entre véhicules légers et poids lourds, affiche le plus grand nombre absolu de collisions hivernales au pays. Entre 2022 et 2025, la province a enregistré 2 541 accidents sur ses routes enneigées ou glacées, soit plus de trois fois le total observé au Québec durant la même période.
Ce chiffre ne signifie pas nécessairement que les routes ontariennes sont en plus mauvais état, mais plutôt que le volume de circulation et les interactions entre les véhicules y multiplient les probabilités d’accidents. Sur des axes névralgiques comme l’autoroute 401, qui traverse le sud de la province, les échangeurs complexes (notamment les intersections avec les autoroutes 403 et 410) deviennent des zones à haut risque. C'est particulièrement vrai autour de Mississauga et du Grand Toronto, où le brouillard, la pluie verglaçante et le gel nocturne dégradent rapidement les conditions routières.
Dans le nord de l’Ontario, les routes 11 et 17 présentent un profil de risque différent, mais tout aussi préoccupant. Ces artères traversent des zones forestières où l’orignal et d’autres animaux sauvages se déplacent fréquemment, surtout au crépuscule et à l’aube. L’absence d’éclairage adéquat et les longues sections rectilignes favorisent la formation de glace noire, réduisant drastiquement le temps de réaction des automobilistes.
Le Québec : des zones critiques bien ciblées
Au Québec, le portrait est plus nuancé. Si le taux de collisions par million de kilomètres parcourus reste comparable à celui de l’Ontario (une fois la densité du trafic prise en compte), certains axes sont particulièrement surveillés par les experts en sécurité routière.
L’autoroute Jean-Lesage (A-20), qui longe une partie du fleuve Saint-Laurent, est identifiée comme une zone critique. Ses tronçons exposés au vent, au brouillard et aux changements rapides de température sont propices à la formation de glace noire.
Ailleurs, des routes régionales comme la 175, reliant Québec et Saguenay, conservent une réputation difficile. Traversant des plateaux montagneux, elle est soumise à la poudrerie, aux vents violents et aux variations thermiques soudaines. Ce secteur est propice aux pertes de contrôle, aux collisions frontales et aux rencontres avec la faune.
La zone industrielle de Salaberry-de-Valleyfield, la rue J.-Armand-Bombardier à Boucherville et le boulevard Marie-Victorin (route 132) figurent également parmi les secteurs les plus accidentogènes.