Le constructeur Stellantis a annoncé qu’il mettait fin à son programme de développement de la technologie des piles à combustible, ce qu’on appelle communément l’hydrogène.
Depuis au moins 15 ans, le débat fait rage à travers l’industrie, à savoir si cette technologie a de l’avenir. Certains constructeurs y croient toujours, mais d’autres n’ont tout simplement pas embarqué. Chez Stellantis, on a décidé de débarquer.
La compagnie a expliqué avoir pris cette décision « en raison de la disponibilité limitée de l’infrastructure de ravitaillement en hydrogène, des exigences élevées en matière d’investissements requis, et de la nécessité de renforcer les incitations à l’achat pour les consommateurs ».
Stellantis a ajouté qu’elle ne prévoyait pas l’adoption de véhicules utilitaires légers fonctionnant à l’hydrogène avant la fin de la décennie. « En conséquence, Stellantis ne lancera pas sa nouvelle gamme de véhicules Pro One à hydrogène cette année. »
La décision de Stellantis fait suite à une décision similaire du Groupe Renault de dissoudre son partenariat hydrogène Hyvia en février avec une société américaine, Plug Power.
De son côté, Hype, le plus grand exploitant de taxis à hydrogène au monde, a annoncé en juin qu’il passerait aux véhicules électriques conventionnels. Hype avait exploité des taxis Toyota Mirai, principalement à Paris, avec l’objectif d’avoir 1000 véhicules à pile à combustible en service.
Chez Stellantis, la production de camionnettes à hydrogène de taille intermédiaire devait commencer cet été à Hordain, en France, tandis que la production de camionnettes pleine grandeur à hydrogène devait débuter à Gliwice, en Pologne.
« Le marché de l’hydrogène reste un segment de niche, sans perspectives de viabilité économique à moyen terme », a déclaré Jean-Philippe Imparato, le grand patron de Stellantis Europe.
Cette décision n’aura pas d’incidence sur le personnel des sites de production de Stellantis. Les activités de recherche et de développement liées à la technologie de l’hydrogène seront réorientées vers d’autres projets, a précisé la compagnie.
En somme, cette décision n’est pas surprenante, considérant l’avenir plus qu’incertain de l’hydrogène, du moins lorsqu’on considère son utilisation à grande échelle. Ajoutez à cela que Stellantis cherche à améliorer ses résultats (ventes et situation financière) en Europe et aux États-Unis et vous aurez compris que la décision aurait été facile à prendre concernant cette filière hydrogène.