Unifor, le plus grand syndicat du secteur privé au Canada, se dit prêt à reprendre les négociations avec Stellantis en vue d'une nouvelle convention collective, mais prévient qu'un débrayage demeure possible.
Unifor et le constructeur automobile ont passé la dernière semaine à panser leurs plaies après la rupture de leurs pourparlers, qualifiés de difficiles. L'ancienne convention collective couvrant plus de 9000 travailleurs de Stellantis a expiré le 20 septembre, et le principal point d'achoppement des discussions concerne l'avenir de l'usine d'assemblage inoccupée de Stellantis à Brampton, en Ontario.
Promesses rompues à Brampton
Au dire de tous, les négociations entre Stellantis et Unifor ont été, dès le départ, plus conflictuelles qu'elles ne l'avaient été avec Ford et General Motors. Dans ces deux derniers cas, les constructeurs et le syndicat sont parvenus à des ententes relativement rapides.
Ce ne fut pas le cas ici, et les relations se sont envenimées lorsqu'il a été révélé que Stellantis avait discrètement signé un protocole d'entente le 11 septembre pour vendre l'installation de Brampton à Roshel, un fabricant d'équipements de défense.
L'assemblage à l'usine s'est arrêté à la fin de 2023 après que le site eut terminé les dernières séries de production des Dodge Charger, Challenger et Chrysler 300. Les plans initiaux prévoyaient le réaménagement de l'usine pour y construire la prochaine génération du Jeep Compass, mais Stellantis a finalement choisi de déplacer la production à Belvidere, en Illinois. Cette décision s'est concrétisée, bien entendu, dans le foulée des tarifs douaniers et des menaces commerciales de l'administration américaine.
Le PDG de Stellantis Canada, Trevor Longley, a déclaré qu'après avoir examiné toutes les solutions de rechange viables, l'entreprise n'avait trouvé aucun modèle économique durable à long terme pour maintenir les activités de fabrication automobile sur ce site.
La réplique d'Unifor
La présidente nationale d'Unifor, Lana Payne, qui a décrit la négociation collective avec Stellantis comme extrêmement difficile, a confirmé cette semaine qu'un débrayage demeure une possibilité bien réelle. Mme Payne a écrit à la ministre fédérale de l'Industrie, Mélanie Joly, pour demander au gouvernement d'intervenir et de bloquer la vente potentielle de l'usine de Brampton.
Bien que Roshel se soit engagée à accorder la priorité à l'embauche d'anciens employés de Stellantis et à créer 2000 emplois, ses objectifs de production ne prévoient que l'assemblage de deux à trois véhicules par jour. Ce chiffre ne représente qu'une infime fraction des 500 à 1 000 unités assemblées quotidiennement sous la bannière de Stellantis, ce qui fait craindre que cette transition ne porte un coup dur à la chaîne d'approvisionnement locale.
Stellantis et Unifor soutiennent tous deux qu'ils demeurent disposés à retourner à la table de négociation, mais pour l'instant, l'impasse persiste. Pendant ce temps, Ottawa étudie des mesures pour tenir le constructeur automobile responsable de ses engagements de fabrication antérieurs au Canada.