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L'aluminium, cet inconnu

L'aluminium, cet inconnu

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L'aluminium, cet inconnu

Au cours des derniers numéros, cette chronique a porté sur des éléments techniques proprement dits. Mais, pour être efficaces, il faut que ceux-ci s'intègrent parfaitement dans le véhicule. Cela peut vous sembler une lapalissade mais il est souvent arrivé par le passé que des éléments fort coûteux d'un véhicule soient la cause de nombreux problèmes faute d'avoir été intégrés dans le design initial.

Il y a une vingtaine d'années, plusieurs compagnies continuaient à développer de façon indépendante plusieurs composantes qui n'étaient réunies dans le véhicule que quelques mois avant la fabrication du premier prototype. Pas besoin d'être un crack de l'ingénierie pour en conclure que cette approche empirique provoquait lenteurs, imprécision et dépassement des coûts en plus d'un manque de fiabilité presque garanti.

De nos jours, toutes les compagnies procèdent plus ou moins de la même façon. Lorsque la direction décide de produire un modèle, les devis de base sont élaborés et les fournisseurs de même que les ingénieurs du constructeur participent aux réunions initiales et travaillent en harmonie tout au long du développement.

En général, le constructeur développe le moteur, la plate-forme et la suspension. La plupart des autres éléments sont assurés par des filiales et des fournisseurs extérieurs. Cela permet non seulement d'accélérer le processus de développement, mais aussi d'obtenir des composantes plus performantes, plus fiables et mieux adaptées.

Le plus bel exemple de collaboration pour toutes les phases du développement est la nouvelle Jaguar XJ dont la plate-forme et la carrosserie sont pratiquement toutes en aluminium. Même si les ingénieurs de la compagnie Jaguar avaient déterminé qu'une carrosserie en aluminium était la solution idéale pour alléger la future XJ, ils ne possédaient pas nécessairement l'expertise voulue pour mener le projet à terme dans les délais convenus. Il leur aurait fallu développer une technologie de fabrication à partir de rien. Ce qui aurait été très onéreux et aurait sans doute obligé la direction à trouver d'autres solutions.

C'est pourquoi la collaboration de Jaguar avec la compagnie Alcan a rendu possible le développement d'une technique de fabrication comportant des rivets spéciaux et des adhésifs à l'époxy, une technologie empruntée à l'aérospatiale. Ces rivets uniques en leur genre permettent à la colle de bien retenir les panneaux de la caisse qui ont été préalablement cuits dans un four afin d'en améliorer la résistance aux chocs. Des pièces moulées sont utilisées pour la plupart des éléments de la suspension et des renforts en magnésium donnent un ancrage ultrarigide pour le tableau de bord.