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Scandale des commandites
Le 27 février 2004, Myriam Bédard témoigne devant un comité des Communes, dans le cadre d'une enquête visant à faire la lumière sur le scandale des commandites au Canada. L'ancienne athlète déclare avoir dû, en 2002, démissionner de son emploi au service de marketing chez Via Rail peu de temps après avoir exprimé ses réserves sur les liens unissant la compagnie à Groupaction. Elle affirme aussi avoir été témoin de facturations exagérées. Ces déclarations menèrent aux congédiements, quelques jours après, du président du conseil d'administration de Via Rail (et ancien chef de cabinet de Jean Chrétien), Jean Pelletier, et du président et chef de la direction, Marc Lefrançois.
En mars 2004, Myriam Bédard y va d'allégations qui furent accueillies avec grand scepticisme dans la presse canadienne. Elle déclare que Groupaction était impliqué dans le trafic de drogue, et prétend que le coureur automobile québécois Jacques Villeneuve fut payé 12 millions de dollars pour arborer le drapeau canadien sur son uniforme. Ces allégations furent démenties par le pilote de Formule 1.
Plus étonnant encore, l'ancienne médaillée olympique affirme que le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, avait été convaincu de ne pas engager le Canada dans l'offensive américo-britannique de 2003 en Irak après une discussion à ce sujet avec le conjoint de Myriam Bédard, Nima Mazhari.
Arrestation de Nima Mazhari
Le 15 juin 2004, Radio-Canada dévoile qu'un mandat de perquisition avait été obtenu par la police quelques jours plus tôt. Ce mandat visait un immeuble du 66, Côte du Passage, à Lévis, sur la rive-sud de Québec. Dans cet immeuble appartenant à Myriam Bédard et Nima Mazhari, les policiers recherchaient une vingtaine de toiles de l'artiste canadienne Ghitta Caiserman.
Entre 1988 et 2001, la peintre Caiserman, originaire de Montréal, a partagée dans cette ville un atelier en compagnie de Nima Mazhari, lui aussi artiste. Ghitta Caiserman tombe malade à l'automne 2001, et la fille de cette dernière demande à récupérer des toiles et divers bien s'étant trouvés dans l'atelier commun. Les toiles se seraient retrouvées entreposées à Québec pendant une brève période de temps au printemps 2001 chez Pierre Bédard, père de Myriam, une hypothèse confirmée par le principal intéressé lorsque interrogé à ce sujet par les policiers.
Le couple Mazhari-Bédard nie cependant que les toiles entreposées chez Monsieur Bédard étaient celles de Ghitta Caiserman, et qualifie d'invention cette histoire de vol présumé.
Le 6 juillet 2005, Nina Mazhari est arrêté à Montréal, puis accusé de vol d'oeuvres d'art pour un montant de plus de 100 000 $, et de recel pour plus de 5000 $.
En décembre 2005, Mazhari intitule une exposition de ses oeuvres « Anne m'appelle voleur », en référence à Anne Aubé, procureure de la Couronne responsable du dossier. L'artiste qualifie son exposition de dénonciation du système judiciaire canadien.
Terrorisme bureaucratique
Myriam Bédard et Nima Mazhari quittent le Canada pour les États-Unis en 2006, le 2 octobre apparemment, s'il faut en croire une lettre écrite par le couple, dont l'envoi fut rapporté par les médias.
Dans une lettre envoyée à l’ambassadeur américain au Canada, David H. Wilkins, le couple dit vouloir lutter contre le « terrorisme bureaucratique canadien et se protéger ». La lettre était également adressée à Interpol, Jacques Rogge (président du Comité International Olympique, au Prince de Monaco, à Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, et enfin à « tous les habitants de la Terre ».
Dans cette missive, le couple dit partir aux États-Unis en quête d'appuis, roulant vers Washington avec « plusieurs boîtes de documents » dans leur voiture.
Une autre lettre, envoyée aux premier-ministres du Canada, Stephen Harper, et du Québec, Jean Charest, fait état d'une liste de « terroristes », dressée par Bédard et Mazhari, qui mentionne les noms de dirigeants de corps policiers, de juges et de personnalités des médias québécois.