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Essai du Ford Expedition 2019 : la définition même d’un VUS confortable au possible

Il est gros, il est lourd, il consomme beaucoup de carburant, et pourtant, le public nord-américain en redemande. Ce n’est pas une rumeur qu’on lance à l’aveuglette, c’est le constructeur de Dearborn lui-même qui a publié un communiqué officiel plus tôt cet hiver sur la production de ses deux VUS pleine grandeur : le Ford Expedition et son cousin plus luxueux et désormais plus puissant, le Lincoln Navigator.

L’usine de Louisville, au Kentucky, va donc bientôt accueillir du nouveau personnel pour répondre à la demande croissante pour les deux mastodontes américains. Pas moins de 550 nouveaux emplois seront créés à l’usine d’assemblage, un endroit qui, il n’y a quelques années à peine, aurait très bien réduire son personnel à cause d’une baisse des ventes. C’est le contraire qui se produit, surtout depuis la refonte du modèle l’an dernier.

Le Ford Expedition a bonne mine depuis qu’il a troqué sa robe en acier pour de l’aluminium, à l’instar du Ford F-150. J’ai pu m’asseoir au volant du plus imposant des véhicules utilitaires de la marque un peu plus tôt ce printemps, alors qu’il restait encore quelques amas de neige ici et là. Voici le portrait d’un vieil ami qui est allé au gym, ne serait-ce que pour prolonger l’aventure quelques années de plus.

Photo : V.Aubé

Toujours aussi imposant
Malgré les 136 kilos perdus au passage, grâce notamment à cette carrosserie en aluminium – et l’Expedition compte plusieurs panneaux (!) –, le gros utilitaire ne change pas vraiment sa formule. Ce qui a permis à Ford d’engranger des profits depuis la fin des années 90 est toujours au programme. Le Ford Expedition est encore un cousin de la Série F de Ford, à l’exception de la suspension arrière qui troque les lames traditionnelles pour une suspension indépendante.

Le gabarit du véhicule est toujours aussi imposant, un commentaire qui s’applique également à la surface vitrée. Les jantes ont un diamètre proportionnel à la grandeur du pachyderme et il est même permis d’affirmer que la silhouette du véhicule est conservatrice avec son large pilier C derrière la fenêtre de deuxième rangée. Pourtant, à travers ce style plus classique, le département de design de Dearborn a tout de même réussi à doter le véhicule d’un nouveau faciès plus élégant, la portion arrière qui se fait plus simple avec ses feux de position réunis par cette bande noire (ou chromée dans les livrées qui n’ont pas ce groupe optionnel).

Pour cet essai, Ford m’avait prêté une livrée Limited équipée de jantes de 22 pouces noircies, comprises dans l’ensemble optionnel « édition furtive ». En plus des sabots exclusifs, l’Expedition reçoit du noir à plusieurs endroits, notamment au niveau du bouclier, des écussons, sans oublier les blocs optiques.

Photo : V.Aubé

Je l’avoue, cet ensemble assombri me plaît beaucoup, tout comme le diamètre des jantes qui remplissent bien les arches de roues. Le prix des pneus pour envelopper ces immenses roues ne me plaît guère par contre.

375 chevaux, c’est amplement suffisant!
Pour la petite histoire, sachez que Ford offre deux niveaux de puissance, l’édition Platinum qui vient avec 400 chevaux et 480 lb-pi de couple maximal. Toutefois, cette livrée doit s’abreuver en essence super. Notre livrée Limited, moins dispendieuse, devait se contenter de 375 chevaux et 470 lb-pi. Ai-je souffert de ce léger désavantage? Pas une seule seconde! La génération précédente de l’Expedition avait déjà été jumelée au V6 biturbo Ecoboost de 3,5-litres et l’union s’était avérée réussie, avec un châssis plus lourd et une mécanique moins énergique!

Avec la boîte automatique à dix rapports et les quatre roues motrices – on peut aussi rouler en deux roues motrices pour économiser un peu à la pompe –, l’Expedition semble prêt à travailler fort, lui qui offre la capacité de remorquage la plus élevée de la catégorie, avec 4173 kg, surpassant même celle du luxueux Lincoln Navigator qui est de 3765 kg.

Photo : V.Aubé

Salon sur roues
J’emploie souvent cette expression « salon sur roues », car de nos jours, bon nombre de véhicules offrent un confort impressionnant malgré la présence de jantes surdimensionnées et l’état de nos routes.

C’est le cas à bord de l’Expedition qui valse tranquillement au gré des kilomètres. Le VUS américain avale les kilomètres sans forcer, et on se surprend à le conduire comme s’il s’agissait d’un VUS plus petit. La direction adaptative (selon la vitesse) est en cause ici, tout comme la molette DRIVE MODE qui ajuste les paramètres du véhicule (amortisseurs, lourdeur de la direction, réactivité du groupe motopropulseur) selon l’humeur de celui ou celle qui tient le volant.

Et même si l’Expedition accuse tout de même un poids impressionnant de deux tonnes et demi (2551 kg), les accélérations sont soutenues. Pour les entrées sur l’autoroute – ou même les dépassements –, l’Expedition est bien nanti sous le pied droit. Évidemment, il faut respecter les lois de la physique lorsqu’on prend le volant d’un tel véhicule. Un virage abordé à haute vitesse pourrait être fatal et un freinage d’urgence demande une bonne distance pour stopper cette « presqu’île-sur-roues ». Mais c’est le quotidien d’un propriétaire de VUS pleine grandeur.

Photo : V.Aubé

Un mot sur l’habitacle
Moins « m’as-tu-vu » que celle du Lincoln Navigator, la cabine du Ford Expedition se veut malgré tout très accueillante, non seulement à cause de tout l’espace disponible, mais aussi par sa sellerie moelleuse et l’équipement complet de cette version Limited. L’espace ne manque pas, et ce, aux trois rangées de sièges. On peut dire la même chose des nombreux espaces de rangement, surtout à l’avant où la console centrale vient avec la recharge par induction pour le téléphone intelligent, deux prises USB, deux porte-gobelets, ainsi que ce compartiment fermé qui sert également d’appuie-bras.

La planche de bord, pour ceux qui ne l’auraient pas reconnu, est identique à celle de la camionnette F-150. On s’y retrouve donc assez facilement.

Le mot de la fin
Avant de complètement passer en mode électrique, Ford peut continuer de rentabiliser son investissement sur le tandem Expedition/Navigator. Le Ford Expedition s’est grandement amélioré l’an dernier, à un point tel qu’il fait de l’ombrage aux rivaux de GM.

Facile à vivre au quotidien et un peu moins énergivore que par le passé, l’Expedition demeure un gros VUS qui ne s’adresse vraiment pas à tous les ménages. Mais, à la lumière du succès remporté par le constructeur depuis un peu plus d’un an, il semble qu’il y ait encore assez de demande (surtout aux États-Unis) pour un gros utilitaire américain confortable au possible.

Photo : V.Aubé