Stellantis : 11 nouveaux modèles en Amérique du Nord À quels nouveaux modèles les consommateurs nord-américains peuvent-ils s'attendre dans les années à venir — et sous quelles bannières ?

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L’annonce hier de la stratégie de survie FaSTLAne 2030 de Stellantis a eu lieu, il faut le souligner, au siège nord-américain de la multinationale au Michigan. Pourquoi le souligner ? Parce que si une grande partie de la présentation s'est concentrée sur de restructurations d'entreprise, des mesures d'efficacité des usines et des mandats de réduction des coûts de plusieurs milliards de dollars, on a également confirmé qu'une offensive produit majeure est planifiée pour l'Amérique du Nord.

Historiquement enfermé dans des niches spécialisées, le portefeuille nord-américain de Stellantis est sur le point de connaître une expansion massive. Le constructeur prévoit d'introduire 11 véhicules entièrement nouveaux et d'exécuter 12 mises à jour majeures d'ici 2030. Cette offensive permettra au constructeur d'occuper, ou de réoccuper, plusieurs nouveaux segments, faisant passer sa couverture du marché automobile de 60 % à plus de 90 % des segments.

Cette poussée est également dictée par un objectif d'abordabilité. Stellantis vise à proposer deux modèles nord-américains sous la barre des 30 000 $ US (41 500 $ CA), tandis que neuf autres glisseront, du moins l'espère l'entreprise, sous le seuil des 40 000 $ US (55 000 $ CA).

Alors, quels sont ces neuf modèles ? Ils n'ont pas tous été identifiés, et certains avaient déjà été annoncés, mais voici ce que nous savons.

Tout d'abord, on note que pour séduire les acheteurs de modèles d'entrée de gamme et de la classe moyenne, écartés du marché par la flambée des prix des véhicules, Stellantis prévoit de s'appuyer massivement sur sa future plateforme hautement modulaire STLA One. Cette architecture qui doit faire son entrée en 2027 est suffisamment flexible pour accueillir des motorisations traditionnelles à essence, hybrides ou entièrement électriques selon les demandes des marchés locaux. De plus, elle sera partagée par plusieurs, voire la totalité, des marques du constructeur.

Photo : Chrysler
Le concept Chrysler Airflow, 2022

Chrysler

Longtemps reléguée au rang de marque à produit unique, Chrysler va enfin s'affranchir du seul segment des minifourgonnettes. La Pacifica, qui recevra une mise à jour cruciale de mi-cycle pour 2027, sera bientôt rejointe par trois nouveaux utilitaires. La charge est menée par l'Airflow, un véhicule multisegment de taille intermédiaire inspiré du prototype de 2022 qui profitera vraisemblablement d'une motorisation hybride. Plus bas dans la gamme, on retrouvera le duo Arrow et Arrow Cross. Ces deux véhicules compacts d'origine européenne visent directement le créneau des moins de 30 000 $ US où aucun constructeur américain ne rivalise actuellement.

Photo : Dodge

Dodge
Dodge Hornet, nous t'avons à peine connu. Après l'abandon rapide de ce multisegment, Dodge pivote vers un véhicule de performance d'entrée de gamme décrit par les dirigeants comme « la porte d'entrée dans la confrérie des muscle cars ». Ce nouveau VUS compact ressuscitera l'appellation légendaire GLH (Goes Like Hell) des années 1980.

Les traditionalistes des voitures de performance peuvent également s'attendre à un coupé profilé à forte déportation aérodynamique, qui selon les rumeurs s'appellerait Copperhead. Plus marquant encore, malgré les récentes pressions de l'industrie en faveur de l'électrification, Dodge réintroduira des variantes SRT à moteur V8 crachant le feu sur l'ensemble de sa gamme avant 2030, ce qui rend le retour d'une Charger à moteur V8 pratiquement inévitable.

Photo : Jeep
Le Jeep Recon

Jeep
Jeep élargit son empreinte de véhicules robustes en accueillant de nouveau le Cherokee et en introduisant, enfin, le très carré Recon, tout en préparant le Wrangler Scrambler, une camionnette intermédiaire à deux portes très attendue. Le Compass fera son retour an Amérique du Nord également.

À propos du Recon : Stellantis a confirmé que ce qui est présenté depuis des années comme un VUS 100 % électrique, l’équivalent sans moteur thermique du Wrangler, ne sera finalement pas exclusivement électrique. Une version essence du Recon sera également proposée. On ignore pour l’instant quel moteur sera utilisé, ni quel type d’hybridation Jeep envisage : hybride léger, hybride classique ou hybride rechargeable. Il est également possible que le marché américain bénéficie de versions différentes de celles disponibles au Canada.

Photo : Ram
Le Ram Rampage

Ram
Du côté de Ram, les amateurs de camionnettes auront droit à une stratégie intermédiaire à deux volets : le robuste Dakota de taille intermédiaire et le Rampage, plus compact et axé sur la conduite urbaine (actuellement commercialisé en Amérique du Sud), débarqueront tous deux dans les salles d'exposition d'ici 2028.

Ram fera également une entrée remarquée dans le segment des VUS pleine grandeur avec le Ramcharger, un véhicule utilitaire haut de gamme partageant sa plateforme avec le Jeep Grand Wagoneer. Tout comme Dodge, Jeep et Ram vont considérablement élargir leurs offres de modèles SRT à moteur V8 Hemi de haute puissance.

Photo : Stellantis
L'usine de Stellantis à Brampton, en Ontario

Ce que cela signifie pour l’usine de Brampton
Comme on pouvait s'y attendre, l'offensive produit nord-américaine annoncée a déclenché des spéculations quant aux allocations de production. De même, une usine en particulier est sur toutes les lèvres au pays : l'usine d'assemblage de Stellantis à Brampton, en Ontario.

L'usine de Brampton, qui a notamment construit les générations précédentes des Dodge Challenger, Dodge Charger et Chrysler 300, est complètement inactive depuis la fin de 2023. Or, alors que les présentations corporatives lors de la Journée des investisseurs ont mis l'accent sur la hausse à 80 % du taux d'utilisation des usines américaines, les détails concernant les sites de production canadiens ont brillé par leur absence.

Ce silence suscite des inquiétudes en Ontario, surtout à la suite de rumeurs persistantes selon lesquelles Stellantis envisageait de construire des VÉ abordables issus de son partenariat avec la firme chinoise Leapmotor sur le site de Brampton. Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, avait publiquement qualifié cette perspective d’« inacceptable ».

Cela dit, il y a de quoi être prudemment optimiste. Ça ne se fait pas tous les jours, l'annonce d'une arrivée massive de 11 nouveaux modèles. LouAnn Gosselin, porte-parole de Stellantis Canada, a d’ailleurs déclaré que le pipeline de produits nouvellement dévoilé crée des « opportunités potentielles significatives » pour l'installation ontarienne actuellement à l'arrêt.

Puisque les futurs multisegments compacts et intermédiaires de Chrysler, la Dodge GLH et les camionnettes intermédiaires de Ram seront tous construits sur des architectures partagées à grand volume, l'infrastructure d'assemblage flexible de Brampton en fait un candidat de premier ordre pour absorber cette production. Rallumer les moteurs à Brampton ne permettrait pas seulement de résoudre les contraintes de capacité locales de Stellantis ; cela permettrait au constructeur de fabriquer sa nouvelle vague de modèles abordables à grand volume directement au cœur du marché nord-américain.