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Le plan de survie FaSTLAne 2030 de Stellantis vise à réduire les coûts et à rétablir les marges

| Photo : Stellantis
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Derek Boshouwers
Le géant de l'automobile prévoit de lancer d'ici 2030 neuf modèles nord-américains affichant un prix inférieur à 40 000 $USD (55 000$ CAD).
| Photo : Stellantis

Après une année 2025 marquée par de lourdes pertes financières, le géant de l'automobile Stellantis a dévoilé une stratégie de redressement globale sur cinq ans baptisée FaSTLAne 2030. 

Présenté par le directeur général Antonio Filosa lors d’une séance d'information destinée aux investisseurs au siège nord-américain de l'entreprise à Auburn Hills, au Michigan, ce plan de 60 milliards d'euros (95,8 milliards $ CA) amorce une restructuration radicale de la matrice des marques mondiales du constructeur, de son empreinte manufacturière et de son écosystème technologique.

De cette somme globale, 60 % seront alloués à l'Amérique du Nord, tandis que le reste sera consacré au développement de plateformes mondiales, de groupes motopropulseurs et d'autres nouvelles technologies.

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Une rationalisation de la structure des marques
Au cœur de cette nouvelle stratégie se trouve une réorganisation stricte et hiérarchisée du vaste portefeuille de 14 marques du conglomérat. Stellantis a désigné Jeep, Ram, Peugeot et Fiat — aux côtés de sa division de véhicules utilitaires Pro One — comme ses « marques mondiales » de base. Ce groupe prioritaire absorbera 70 % de tous les investissements futurs dans les marques et les produits, en plus de servir de tremplin aux plus récentes innovations technologiques de l'entreprise.

À l'inverse, cinq blasons vulnérables — Chrysler, Dodge, Citroën, Opel et Alfa Romeo — obtiennent un sursis, mais se voient relégués au statut de « marques régionales ». Leur avenir a fait l'objet de nombreuses interrogations au cours des derniers mois et des dernières années, notamment en raison d'une offre de produits réduite à sa plus simple expression. Aujourd'hui, Antonio Filosa leur a offert une bouée de sauvetage en soulignant qu'elles demeurent des forces dominantes dans leurs régions respectives et qu'elles partageront le bassin technologique central.

Pendant ce temps, DS et Lancia deviendront des « marques de spécialité » gérées conjointement par Citroën et Fiat, tandis que la marque Vauxhall continuera d'opérer sous la bannière d'Opel. Maserati se positionne entièrement à part en tant que marque autonome de « luxe pur » ; elle s'apprête à lancer un nouveau concept de design en octobre, qui sera suivi de deux grands véhicules du segment E (grand gabarit) en décembre.

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Équilibre des motorisations et baisse des prix en Amérique du Nord
Stellantis injecte 60 % de son budget de 36 milliards d'euros dédié aux produits directement en Amérique du Nord, ciblant une hausse de 25 % de son chiffre d'affaires et une croissance des volumes de 35 % aux États-Unis. Pour reconquérir les acheteurs d'entrée de gamme et de la classe moyenne, découragés par la flambée des prix de transaction, le groupe prévoit de lancer neuf modèles nord-américains sous la barre des 40 000 $US (55 000 $ CA) d'ici 2030, incluant deux offres très attendues positionnées sous les 30 000 $US (41 500 $ CA).

La vague de véhicules mondiaux projetée par Stellantis (d'ici 2030) :

  • •    29 véhicules électriques à batterie (VÉB)
  • •    15 véhicules hybrides rechargeables / électriques à autonomie étendue (VÉHR/VÉAE)
  • •    24 hybrides standards
  • •    39 moteurs thermiques / hybrides légers

Afin d'accélérer la mise en marché, les cycles de développement des véhicules seront radicalement réduits, passant de près de 40 mois actuellement à seulement 24 mois. D'ici 2030, la moitié du volume des ventes mondiales de Stellantis sera construite sur seulement trois plateformes technologiques standardisées, menées par l'architecture modulaire STLA One, conçue pour limiter les coûts liés aux composants.

Sur le plan logiciel, un investissement de 24 milliards d'euros (38,4 milliards $ CA) financera trois grandes architectures technologiques centrées sur l'humain qui seront lancées en 2027 : STLA Brain (architecture informatique centrale), STLA SmartCockpit (interface utilisateur) et STLA AutoDrive (système de conduite autonome évolutif).

L'usine de Stellantis à Mirafiori, en Italie
L'usine de Stellantis à Mirafiori, en Italie | Photo : Stellantis

Contractions dans les usines européennes contre stabilisation en Amérique du Nord
Les stratégies manufacturières présentées dans le plan FaSTLAne 2030 révèlent des approches opérationnelles diamétralement opposées des deux côtés de l'Atlantique.

En Europe, où les lignes d'assemblage sont grandement sous-utilisées, Stellantis ampute sa capacité de 20 %, ce qui entraînera le retrait de plus de 800 000 unités de production annuelle d'ici 2030. Cette contraction sera gérée par la reconversion de certains sites, comme celui de Poissy en France, et par le développement d'alliances manufacturières afin de préserver les emplois syndiqués. Grâce à ces réductions, le taux d'utilisation des usines européennes devrait grimper d'un modeste 60 % à un niveau d'efficacité de 80 %.

Les nouvelles sont plus réjouissantes pour la main-d'œuvre manufacturière nord-américaine, dont la sécurité reste assurée. Aucune fermeture d'usine n'a été annoncée aux États-Unis, où l'augmentation des volumes de production devrait pousser la capacité des usines régionales vers le seuil des 80 %.

Fait intrigant, Stellantis affirme qu'elle absorbera son excédent de capacité d'assemblage américain en s'ouvrant à des partenariats externes. Les installations américaines assureront la production en sous-traitance pour l'icône du luxe britannique Jaguar Land Rover (JLR), à la suite d'une récente alliance technologique conclue entre les deux entités.

Alliances mondiales sino-européennes
Au-delà des centres de fabrication occidentaux, Stellantis intègre profondément sa chaîne d'approvisionnement mondiale à des partenariats chinois stratégiques. La coentreprise récemment finalisée avec Leapmotor donnera lieu à des programmes d'achats communs et à la production sous contrat de deux modèles de VÉ chinois à Madrid et à Saragosse, l'usine de Madrid pouvant même être vendue directement à la coentreprise.

Parallèlement, une alliance renforcée avec Dongfeng permettra la production de deux modèles Peugeot et de deux véhicules Jeep en Chine, tant pour la consommation locale que pour l'exportation internationale. En Europe, les modèles Dongfeng seront activement distribués par les réseaux de Stellantis, et le constructeur chinois utilisera la capacité excédentaire pour assembler ses propres véhicules à l'usine Stellantis de Rennes, dans l'ouest de la France. D'autres accords de développement de logiciels, d'intelligence artificielle et de batteries ont également été confirmés avec des chefs de file de l'industrie, notamment Nvidia, Qualcomm, Uber, Mistral AI et CATL.

Derek Boshouwers
Derek Boshouwers
Expert automobile
  • Plus de 8 ans d'expérience en tant que journaliste automobile
  • Plus de 50 essais réalisés au cours de la dernière année
  • Participation à plus de 30 lancements de nouveaux véhicules en carrière en présence des spécialistes techniques de la marque