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Au diable les enfants

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Un bras retenant ma poitrine et une main sur un énorme volant, voilà les systèmes de contrôle de la stabilité et de sécurité qui me protégeaient quand j’étais petit, dans les années 60. Les parents ne s’en faisaient pas trop avec les ceintures de sécurité dans le temps, surtout parce que bien des voitures n’en étaient simplement pas équipées, et si elles l’étaient, il n’y avait aucune loi gouvernant son utilisation.

Je me rappelle de ma petite sœur qui, bébé, était assise dans un siège d’enfant en avant, entre ma mère et mon père. Le siège n’était aucunement fixé à la voiture : on l’accrochait simplement au dossier de la banquette avant où il pendait, prêt à se transformer en projectile au moindre impact.

Ce n’était pas que mes parents nous aimaient moins que les autres, c’est juste que la norme, à l’époque, c’était de charger les enfants comme autant de bois de corde et d’espérer qu’ils ne se chamaillent pas ou qu’ils n’aient pas besoin d’une volée.

Et cette attitude automobile d’« au diable les enfants » n’était pas toujours limitée aux risques d’une collision non plus! J’ai dû affronter d’autres périls, dont l’ingestion de carcinogènes en allumant la cigarette de mon père pour lui pendant qu’il roulait comme un fou sur l’autoroute.

Vous voyez, dans sa tête, c’était beaucoup plus sécuritaire de me laisser sortir une cigarette du paquet, de l’allumer et de la lui passer que de quitter la route des yeux pour assouvir son besoin de nicotine. Il n’y avait apparemment aucune raison d’empêcher les enfants de respirer de la fumée primaire, suivie en prime de fumée secondaire, dans un habitacle clos dans le temps.

(Évidemment, si on se faisait prendre à fumer une clope derrière le garage, on pouvait s’attendre à passer un mauvais quart d’heure!)

Malgré le manque apparent d’instinct protecteur des parents dans les années 60, nous avons tous réussi à survivre, et à part d’allumer les Sportsman de mon père, je n’ai jamais commencé à fumer moi-même… pas besoin!