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BYD envisage une usine au Canada et n’exclut pas une acquisition d'un constructeur établi

| Photo : BYD
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Derek Boshouwers
Le constructeur chinois rejette toutefois l’idée d’une coentreprise.

BYD étudie une éventuelle production locale au Canada et n’écarte pas non plus l’achat d’un constructeur existant.

Selon Bloomberg, le géant chinois de l'automobile BYD explore activement la possibilité de construire une usine au Canada, tout en restant ouvert à l'acquisition d'un constructeur mondial déjà établi. Cette information a été rapportée le 13 mars 2026, à la suite d’une entrevue accordée par Stella Li, vice-présidente exécutive du groupe, lors d’un passage à São Paulo.

Bien qu'aucune décision finale n'ait été prise, Stella Li a confirmé que BYD analyse le marché canadien en vue d'une éventuelle installation de production. Elle a toutefois précisé un point central : si le projet devait se concrétiser, BYD souhaiterait détenir et exploiter l'usine elle-même, sans partenaire industriel local.

BYD veut conserver un contrôle complet
Cette précision est significative. Toujours selon Bloomberg, le gouvernement fédéral privilégie plutôt un modèle de partenariat ou de coentreprise pour les investissements chinois dans le secteur automobile. Or, Stella Li a fermé la porte à cette approche, affirmant qu'une coentreprise ne fonctionnerait pas dans ce cas précis. Cette position suggère que BYD tient à conserver un contrôle total sur son outil industriel, sa technologie et ses opérations, comme elle le fait déjà sur d'autres marchés.

Une déclaration qui change la portée du dossier canadien
Jusqu’ici, les signaux concernant BYD au Canada portaient principalement sur une entrée commerciale. On savait depuis l’été 2024 que le constructeur examinait le marché pour y vendre ses véhicules de tourisme, malgré les droits de douane additionnels envisagés par Ottawa sur les véhicules électriques (VÉ) fabriqués en Chine.

Depuis, le contexte a évolué. En janvier 2026, le Canada a annoncé l'ouverture partielle de son marché aux VÉ chinois via un contingent tarifaire. Ce système permet l’importation d’un volume limité de véhicules avec un tarif de 6,1 %, après l’imposition en 2024 d’une surtaxe de 100 %.

Parallèlement, le Canada souhaitait explorer des investissements et des partenariats avec des entreprises chinoises pour développer une filière locale.

C’est ce qui donne aujourd’hui plus de poids aux propos de Stella Li. Il n’est plus seulement question pour BYD de vendre des véhicules au pays, mais bien d'évaluer une présence manufacturière. En d’autres termes, le constructeur ne teste plus seulement l’accès au marché, il examine la possibilité d'y prendre pied industriellement.

| Photo : BYD

Pourquoi le Canada peut intéresser BYD
Le Canada présente plusieurs atouts stratégiques pour BYD : une base industrielle automobile solide, un écosystème de batteries en plein essor et des accords commerciaux qui en font une porte d’entrée potentielle vers l’Amérique du Nord.

Dans un contexte de multiplication des barrières tarifaires et politiques, produire localement permet également de réduire l’exposition aux mesures protectionnistes. À titre d'exemple, le groupe vise à produire en Europe l’ensemble de ses VÉ vendus sur ce continent d’ici 2028, grâce à des usines en Hongrie et en Turquie.

Par ailleurs, le groupe ne part pas de zéro au Canada. En 2019, BYD a ouvert une première usine en Ontario dédiée à l’assemblage d’autobus électriques. Bien que cette activité diffère du secteur des véhicules de tourisme, elle a permis à l’entreprise d’établir un premier ancrage local.

L’autre élément à surveiller : une acquisition
Le second volet de la déclaration de Stella Li est peut-être encore plus lourd de sens. Bloomberg indique que BYD demeure ouverte à l’acquisition d’un constructeur mondial établi. Bien qu’aucun nom n’ait été avancé ni aucun processus annoncé, le simple fait que la dirigeante évoque cette option montre que BYD mise désormais sur une expansion structurelle mondiale, au-delà de l'exportation.

Cette ouverture s’inscrit dans une phase de croissance majeure pour BYD. Le groupe a vendu 4,6 millions de véhicules en 2025, atteignant son objectif révisé et devenant le cinquième constructeur automobile mondial en volume annuel. Pour 2026, BYD vise 1,3 million de ventes hors de Chine. La croissance internationale est désormais au cœur de sa stratégie.

Un projet encore théorique, mais plus concret qu'auparavant
Pour l’instant, la prudence reste de mise. BYD n’a annoncé ni site, ni calendrier, ni investissement chiffré pour une usine canadienne. Le dossier en est encore au stade de l’étude de marché, et l’exigence d’une pleine propriété pourrait compliquer les discussions avec Ottawa si le gouvernement continue de privilégier les partenariats mixtes.

Il n'en demeure pas moins que, pour la première fois, une haute dirigeante de BYD confirme publiquement que le Canada est évalué non seulement comme un marché de vente, mais aussi comme un territoire de production potentiel.

Derek Boshouwers
Derek Boshouwers
Expert automobile
  • Plus de 8 ans d'expérience en tant que journaliste automobile
  • Plus de 50 essais réalisés au cours de la dernière année
  • Participation à plus de 30 lancements de nouveaux véhicules en carrière en présence des spécialistes techniques de la marque