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Comparatif du pneu Sailun

Comparatif du pneu Sailun

Un pneu d'entrée de gamme se mesure à des concurrents prestigieux Par ,

BOWMANVILLE, ONT. – Si la marque « Sailun Tires» ne vous dit rien, vous n’êtes pas un cas isolé. En fait, un sondage effectué auprès d’un groupe de représentants des médias de l’automobile réunis au Mosport's Driver Development Track révèle que la marque chinoise est, à peu de choses près, inconnue des professionnels de l’industrie. 

C’est exactement ce que souhaite changer Dynamic Group, la société ombrelle responsable de la mise en marché de la marque Sailun, avec des journées de comparatifs comme celle-ci. L’entreprise sait pertinemment bien que la marque se heurte à un double obstacle : méconnaissance de son marché cible et préjugés envers les produits automobiles d’origine chinoise – même si des chefs de file tels que Pirelli et Michelin possèdent eux aussi des usines en Chine.

La reconnaissance est primordiale – les recherches menées par l’entreprise démontrent que plus de 80 % des décisions d’achat de pneus sont prises chez le détaillant. Avec un entrepôt de 23 226 mètres carrés (250 000 pieds carrés) situé à Vaughn, en Ontario, et un vaste réseau de distribution, la société compte rendre son produit accessible aux consommateurs canadiens, qu’elle souhaite aussi fidéliser grâce à la solide garantie qui accompagne ses pneus (remplacement complet jusqu’à une épaisseur de 1,6 mm [2/32 de pouce] de la bande de roulement).

pneu Sailun
Photo: Lesley Wimbush

Avec des ventes dépassant 10 millions de pneus dans le monde et un objectif de 20 millions par année d’ici cinq ans, Sailun espère convaincre les consommateurs à petit budget.

« Nous ne sommes pas Michelin, nous fabriquons des pneus d’entrée de gamme, » reconnaît Brian Mielko, vice-président à la commercialisation.

Seulement voilà, ce segment du marché du pneu représente un colossal 41 % de l’ensemble des ventes, dont les grandes marques telles Michelin, Bridgestone et Goodyear se partagent 75 % des parts. Jusqu’à ce jour, aucun petit fabricant de pneus n’a réussi à accaparer plus de 3 % de ces ventes.

« Le marché des voitures sport, des véhicules de luxe et des VUS est extraordinaire, seulement ce n’est pas le nôtre », précise Mielko. L’entreprise se concentre sur la vente de pneus de tourisme pour les voitures économiques et familiales.

Il était donc tout naturel que tous les véhicules qui participaient aux essais de cette journée étaient des berlines intermédiaires Ford Fusion. Nous allions comparer la marque Sailun à un pneu reconnu, dont la marque inscrite sur le flanc avait été frottée; impossible donc de savoir lequel se sera démarqué avant la fin de la journée.

Si jamais le pneu Sailun s’avérait de qualité égale, ou à tout le moins comparable, à celle des marques reconnues, les chasseurs d’aubaines seront alors bien servis. Nos attentes étaient peu élevées. Au début de la journée, la plupart d’entre nous avaient noté la performance attendue des pneus à environ 3 sur une échelle de 1 à 5.

Les premiers exercices ont été effectués, sur une piste en slalom mouillée, avec des Ford Fusion identiques, chacune étant chaussée d’un ensemble de pneus concurrents. Après plusieurs parcours autour des cônes, il a été difficile de déceler une différence importante entre chaque marque – les deux s’étaient comportées de façon comparable sur le pavé mouillé.

Le pneu no 1 faisait entendre davantage de bruit de route, mais la différence était à peine perceptible. Une fois les résultats compilés, le pneu no 1 a obtenu une note plus élevée sur la maîtrise et la prévisibilité en général (3,75/3,50), la stabilité en virage (3,75/3,50), la sensation et la réactivité de la conduite (3,75/3,38) et la traction en accélération (3,75/3,63).

À l’étape suivante, nous sommes passés sur la piste Driver Development Track (ou DDT), un circuit sur route de 2,4 km fait de virages serrés, de longues droites et d’élévations diverses. Nous étions toujours au volant de nos Ford Fusion, chacune chaussée de ses pneus « anonymes ». Pour cet essai en circuit sur route, il s’agissait de parcourir le trajet à une vitesse tranquille de 60 à 80 km, comme s’il s’agissait d’une balade en famille.

Bien que les deux marques de pneus aient offert une performance assez semblable d’un point de vue bruit de route et adhérence, les résultats finaux ont démontré que le pneu no 1 a obtenu la meilleure cote, toutes catégories confondues : confort de conduite (4,00/3,63), maîtrise et prévisibilité en général (4,00/3,63), stabilité en virage (3,75/3,38), sensation et réactivité de la conduite (3,88/3,63) et traction en accélération (4,00/3,50).

De retour sur le circuit, nous avons refait le même parcours, mais à vitesse plus élevée (80 à 100 km). Cette fois, les résultats ont été plus variés. Le pneu no 1 est sorti gagnant quant à la maîtrise/prévisibilité en général (3,88/3,63) et la stabilité en virage (3,88/3,75). Le pneu no 2 a remporté la palme pour la sensation et la réactivité de la conduite (3,63/3,50). Les deux marques ont obtenu des notes identiques au freinage (3,63/3,63) et à la traction sous accélération (3,75/3,75).

Au classement général, le pneu no 1 a obtenu 31 sur 40 points; le pneu no 2, lui, s’est mérité 30 points. Voilà des résultats assez convaincants pour le consommateur, surtout si le pneu d’entrée de gamme, qui a obtenu une note à peine inférieure à celle de la marque de haute qualité, lui permet d’économiser entre 20 et 30 % par rapport à la marque réputée.

Le dévoilement a été fait en fin de journée : le pneu no 1 était en fait le Sailun Z4+AS, dont le prix de détail à Toronto est de 111 $. Quant au pneu no 2, il s’agissait du Continental Extreme, qui se vend 189 $ à Toronto.

À n’en pas douter, la grande différence dans le prix (70 %) du pneu no 1, qui offre pourtant des performances similaires et même parfois supérieures à celles de l’autre marque, représente un choix facile à faire pour monsieur et madame Tout-le-monde.

Photo: Lesley Wimbush


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