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Course d'ouverture d'Enduro 2009 : froid, gadoue et chutes

Course d'ouverture d'Enduro 2009 : froid, gadoue et chutes

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NDLR: Voici le premier rapport de course de Guy Giroux, le pilote officiel BMW Canada pour les championnats Enduro Canadien et du Québec.

Le texte garde sa saveur bien typique à Guy, un raconteur des plus drôle.

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En fin de semaine, j'ai participé à ma première épreuve de la saison au Québec. Chaque année, la première course m'est une source de stress : qui sera rapide, quelqu'un s'est-il mieux entraîné que moi (ça me surprendrait!), y aura-t-il un p'tit vite venu d'ailleurs, est-ce que tous mes cossins sont prêts?

J'étais prêt, ma moto à 80 %. Je peaufine encore les réglages de la suspension et travaille à bâtir un réservoir de ravitaillement plus efficace. Le tracé de Granby est le plus étroit de la saison, je savais donc qu'il serait probablement le plus difficile pour moi cette année, et on annonçait de la pluie toute la fin de semaine...

Je suis parti de la maison samedi matin, et j'ai rencontré mon premier pépin à 15 minutes de la maison : mon bidon d'essence métallique est tombé de la boîte de ma camionnette, s'est fait silencieusement aspiré sous la remorque où il est resté coincé entre les deux essieux, créant un mur d'étincelles derrière la remorque, en plus de se mélanges avec les restes d'essence dans bidon, offrant sûrement un magnifique spectacle pyrotechnique aux voitures derrière moi! Bref, je l'ai récupéré et suis reparti.

Je suis arrivé très tôt. J'ai déchargé ma bête, qui a attiré bien des admirateurs et suscité la désormais célèbre réflexion « elle a l'air pesante ». J'espère que d'ici la prochaine course ils auront quelque chose de plus positif à dire!


La course maintenant. On commençait par l'extrême-cross samedi, vraiment malade grâce à la pluie. Un cocktail de billots mouillés, de pneus de tracteur et de gadoue n'assure pas une adhérence optimale, disons. Une chance que j'avais chaussé mes nouveaux Dunlop! C'est là que j'ai aperçu un Visiteur : Brian W. de l'Ontario était venu courir avec nous. Je ne l'avais jamais affronté, et ce serait un bon test en vue du championnat canadien. Pour le qualif, j'ai conduit comme un pied, prenant trois ou quatre débarques dans les pneus de tracteur : je me retrouvais donc dans la dernière qualif (le LCQ ou « Last Chance Qualifier » pour moi. Là, j'ai essayé d'y aller plus doucement. Je suis quand même tombé deux fois, mais j'ai gagné. À ce point-là, j'étais bleu marin.

Je me suis calmé et j'ai décidé d'y aller tranquillement pour la course principale du samedi. J'ai connu un mauvais départ et suivi le peloton pendant un tour, puis ils ont tous commencé à faire des erreurs. Au troisième tour, j'avais déjà décroché la troisième place et rattrapé Brian. Il a fait une fausse manoeuvre, mais m'a bloqué ; j'ai mis un pied par terre et fait un 360 pour contourner Brian, qui était à terre. Je me suis emparé de la deuxième place, et quand le meneur a fait un faux pas, j'ai pris la tête et me suis creusé une avance de près d'un demi-tour. Retournant à la remorque pour désincruster ma moto, j'étais pas mal content de ma performance.

Dimanche matin, personne n'a mentionné le poids de ma machine! J'ai préparé Flexi (la douce de Guy! Demandez-lui d'où vient le surnom!) pour sa course, et l'ai regardée s'emparer allègrement de la troisième place - en mode survie.