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D'angoisse et d'autonomie

D'angoisse et d'autonomie

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L’anxiété de l’autonomie est un trouble réel. Je viens de descendre d’une Nissan LEAF, et un petit incident m’a fait réfléchir à la vie de tous les jours et comment une voiture électrique s’y adaptera.

J’ai lu des histoires semblables où certaines de mes contreparties faisaient face à une situation d’urgence et n’avaient, comme seul moyen de transport, qu’un VE pas complètement rechargé.

C’était un mardi. Au cours d’une réunion, mon téléphone a sonné trois fois, et je pouvais voir qu’un membre de ma famille (MF) tentait de me joindre. Une fois notre conférence terminée, j’ai rappelé pour apprendre que mon MF avait eu un accident au volant de sa nouvelle voiture. Heureusement, personne n’a été blessé, son orgueil et une bonne partie du carénage étant les seules victimes.

Peu importe, je pouvais lire la détresse dans la voix de mon MF, je suis donc parti à sa rencontre pour l’aider avec la suite des choses. J’essayais la Nissan LEAF cette semaine-là, et avant de me précipiter en bas des escaliers menant au stationnement, j’ai jeté un coup d’œil sur l’iPhone et l’appli de la LEAF pour établir l’état de charge des batteries.

Autonomie restante : 74 km. J’ai rapidement réalisé que je m’apprêtais à voyager à peu près la même distance au cours des prochaines heures, avec aucune chance de brancher la voiture entre-temps. Bonjour la pression.

Photo: Olivier Delorme/Auto123.com

J’ai enfilé mon manteau, et mes collègues m’ont souhaité bonne chance. J’ai débranché la LEAF, suis monté à bord et l’ai allumée, pour constater qu’une autonomie légèrement plus encourageante de 80 km scintillait devant moi. J’ai pris la route sous une faible pluie, sans essuie-glace, phares, chauffage ni radio, mais avec beaucoup d’espoir. Selon mes calculs, j’allais parcourir environ 65 km, dont un tiers sur l’autoroute, l’ennemie jurée de l’autonomie.

Pendant tout le trajet, il n’y a pas cinq secondes qui se sont écoulées sans que je vérifie l’indicateur d’autonomie, essayant de prévoir ce qu’il me resterait quand j’arriverais à destination. Je me suis laissé tirer par une couple de camions, essayant de ne pas dépasser les 100 km/h. Pas une partie de plaisir, laissez-moi vous dire.

Quand je me suis finalement pointé dans le stationnement où gisait la voiture endommagée, il me restait un peu plus de 50 km en banque. Au fil de l’après-midi, j’ai dû me déplacer plus que prévu. J’ai encaissé tous ces kilomètres supplémentaires en ville. Quand je suis finalement débarqué à la maison, l’indicateur montrait 24 km : j’avais parcouru 75 km plus ou moins, mais je n’avais accaparé que 56 km d’autonomie. La LEAF a fait un travail remarquable, mais moi, j’étais à l’envers.

Je ne crois pas pouvoir vivre avec ça tous les jours. Sur l’autoroute, j’étais beaucoup plus intéressé aux chiffres miroitants dans le groupe d’instruments qu’à la route devant moi. J’ai pensé et repensé aux chemins que je pouvais prendre, essayant de trouver les routes non autoroutières les plus planes… tout en conduisant. Pas débile.

Les VE sont super – jusqu’à un certain point – mais il s’agit là d’un des pires aspects de la flopée actuelle de véhicules entièrement électriques sur le marché. La Chevrolet Volt étant plus hybride que VE, elle ne souffre pas de ce malaise, pas plus que les hybrides ordinaires. Suite à cette expérience, je vous dirais que si vous optez pour un VE, assurez-vous de toujours pouvoir recharger la voiture au ralenti, et prévoyez une marge de manœuvre de pas moins de 50 km pour tous vos déplacements.

Cela dit, j’ai vraiment hâte de voir la prochaine génération de VE, dont la mobilité égalera ou presque celle des voitures à essence.