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La Formule 1, sauce Pirelli

La Formule 1, sauce Pirelli

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Les pâtes italiennes sont généralement succulentes. Or, depuis le début de la saison, avouons que la sauce Pirelli qui accompagne les Grands Prix laisse un arrière-goût amer.

D’accord, les courses de Formule 1 ne sont plus des processions où le détenteur de la pôle position, habituellement au volant d’une Red Bull, s’envole facilement avec la victoire, sans opposition.

Mais disons qu’aujourd’hui, nous sommes rendus dans un monde vraiment trop artificiel. À vouloir pimenter le déroulement des courses, on en est venu à en faire une loterie. « Faites vos jeux! Qui va gagner la course de dimanche? Rien ne va plus!! »

Toutefois, le plus frustrant dans cette affaire ne provient pas de l’imprévu des courses, plutôt de voir des monoplaces rouler à pas de tortue durant toute l’épreuve.

En effet, quel spectacle y a-t-il de voir des pilotes obligés de conduire « au ralenti » afin de ne pas détruire leurs pneus. Car il est là, le nœud du problème.

Examinons ce qui s’est passé à Barcelone au Grand Prix d’Espagne le week-end dernier.

Nico Rosberg a signé la pôle aux commandes de sa Mercedes-AMG W04 en 1m20,718. Le meilleur tour en course fut réalisé par la recrue Esteban Gutiérrez de Sauber en 1m26,217, soit six secondes plus lent que le meilleur temps des qualifications. Et Rosberg en course? Son meilleur temps fut de 1m27,591, soit sept secondes plus lent qu’en qualification.

À titre comparatif, la pôle position en série GP2, catégorie de développement des pilotes, a été réalisée par Marcus Ericsson en 1m28,706.

En voulant améliorer le spectacle en piste, Pirelli est allée un peu trop loin et a produit un pneu qui se dégrade beaucoup trop vite. Pire : depuis quelques courses, on voit un grand nombre de pneus se délaminer, ce qui pourrait avoir de graves conséquences si cela survenait dans un virage réellement rapide.

Le vainqueur en Espagne, Fernando Alonso, a effectué quatre changements de pneus. Il a donc utilisé cinq trains de pneus pour parcourir la distance de 300 km, soit une durée de vie moyenne de 60 km par pneu. Pas fort…

Avec autant d’arrêts dans les puits, seuls les ingénieurs et stratégistes des écuries arrivent à s’y retrouver ; pas les amateurs. Il y a désormais peu de confrontation directe en piste, car chaque pilote ne doit pas rouler en fonction de ses rivaux qui sont autour de lui en piste, mais en respectant un tableau de marche établi par ses ingénieurs.

Les pilotes, un peu perdus, en sont rendus à demander à leurs équipes par radio : « Qui sont mes adversaires et qui dois-je tenter de doubler? ». La situation doit vite être corrigée, sinon la F1 risque de perdre beaucoup de crédibilité… Pirelli a entendu le message et a confirmé modifier ses pneus pour le Grand Prix du Canada à Montréal.

Pneu Pirelli
Photo: McLaren F1 Team