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Quand le sport motorisé se conjugue au féminin

Quand le sport motorisé se conjugue au féminin

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Employée de bureau la semaine, Bianca Martin se transforme, le week-end venu, en pilote de moto sur piste. Portrait d'une femme passionnée par son passe-temps.

Pilote bénévole pour une organisation appelée Trackfever, Bianca veille à la sécurité des participants et voit à ce que chacun respecte les règles de sécurité; elle s'occupe aussi de guider les moins expérimentés sur le circuit.

«Je faisais de la moto avec mon père étant enfant, raconte Bianca, ce n'était donc pour moi qu'une question de temps avant que j'obtienne mon permis et que je m'achète une moto.» Déterminée, elle est allée, 2 jours après l'obtention de son permis, suivre un cours de moto sur un circuit; Bianca craqua pour la conduite de moto sur piste, à un point tel qu'une décennie plus tard, elle est toujours présente sur les circuits, mais a délaissé la conduite sur route.

Bianca Martin
Photo: Filip Bertrand

«Lorsque Céline Gignac, la fondatrice de Trackfever, m'a demandé si je voulais travailler avec elle en 2008, j'ai tout de suite accepté puisque ça me permettait d'aider les autres à aimer mon passe-temps favori. »

Selon Bianca, les femmes qu'elle rencontre sur la piste peuvent être généralement séparées en deux groupes: celles qui apprécient l'aide d'une autre femme car cela leur permet de pouvoir piloter à leur rythme, sans pression aucune. De l'autre côté, on retrouve celles qui veulent absolument piloter avec les hommes, afin de leur prouver qu'elles sont capables de faire aussi bien qu'eux. Bianca faisait partie de ce deuxième groupe.

«J'étais très orgueilleuse et je voulais toujours performer pour leur prouver que j'étais au même niveau qu'eux, dit-elle. J'étais toujours stressée et toujours sur le qui-vive. Avec l'expérience et en vieillissant, j'ai fini par comprendre que l'important était que je m'amuse, peu importe ce que les autres en pensent.»

L'intégration de Bianca au sein de l'équipe s'est bien déroulée; les hommes qu'elle côtoie l'ont acceptée dans le groupe et ils entretiennent de bonnes relations avec elle. Quelques blagues salaces ici et là, sans plus. « Mais qui aime bien châtie bien, il n'y a rien de méchant là-dedans et tout le monde en rit, moi la première », soutient la jeune femme.

Sport motorisé au féminin
Photo: Filip Bertrand

Et pour ce qui est des participants qui optent pour une conduite non sécuritaire, elle a tôt fait de les remettre à leur place. Bianca ne pense pas que le fait d'être une femme fasse réagir les participants différemment, car si l'avertissement provient d'un collègue masculin, la réaction du participant, bonne ou mauvaise, est semblable.

Bianca est la seule femme à veiller à la sécurité chez Trackfever; elle connaît d'autres femmes qui occupent le même poste dans des organisations différentes, mais à sa connaissance, elles sont peu nombreuses.

À toutes celles qui voudraient suivre les traces de Bianca, elle donne ce conseil: «Il ne faut pas se gêner pour faire sa place. Si on veut le faire, on peut le faire, il faut juste mettre de côté les sentiments qui peuvent survenir en cours de route. Il ne faut pas oublier qu'en bout de ligne, on fait ce genre de sport pour s'amuser.»
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