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Que faites-vous dans la vie?

Que faites-vous dans la vie?

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Moi, j'écris des articles sur les voitures. On me demande donc souvent : « Comment en es-tu arrivé là? Qu'est-ce que je peux faire pour être journaliste automobile? »

Ce n'est pas facile; ça prend de la patience, des connaissances et de la passion. Ah, j'oubliais : il faut aussi un petit côté sado-maso.

La patience est à la fois innée et acquise. J'ai vu plusieurs nouveaux journalistes, fraîchement sortis de l'école, qui voulaient tout de suite essayer des Jaguar et faire des voyages à Monte Carlo. Si vous trouvez le moyen de le faire dès vos débuts, vous avez vraiment votre place. Or, j'en ai connu quelques-uns qui sont vite retombés sur terre après ce qu'ils croyaient être une belle ascension. Tout le monde doit faire ses classes.

Les connaissances viennent avec de la patience et un désir d'apprendre. C'est une chose de pouvoir citer toutes les spécifications techniques de la Lamborghini Gallardo 2013; c'en est une autre de les comprendre. Bref, il ne faut pas se contenter de lire et de répéter; vous devez apprendre comment les voitures, l'industrie et le marché fonctionnent, mais le plus important, c'est de toujours vouloir en apprendre davantage.

Enfin, il y a la passion. J'aurais pu ajouter des talents d'écriture, mais les miens sont relativement ordinaires. N'importe qui peut apprendre à bien écrire, mais ça ne veut pas dire que vous en aurez la chance en tant que journaliste automobile.

La passion est ce qui englobe tout et rend la chose possible. Par exemple, ma belle-mère se passionne pour les plantes; elle peut leur redonner vie et les faire pousser sans effort ou presque. Elle fait aussi une tarte aux pommes d’enfer…

La passion donne l'impression que tout est facile. Si vous êtes journaliste et que vous trouvez votre travail ardu et frustrant, c'est que vous vous y prenez mal ou que vous n'exercez pas le bon métier. On ne peut s'inventer une passion.

Bien sûr, il y a des exceptions. Certains écrivent d'une façon que j'arrive difficilement à comprendre, d'autres se fient à leur mémoire prodigieuse. Quelques-uns se plaisent dans leur rôle de grands parleurs, mais ils sont en réalité des petits faiseurs. Pourtant, ils sont encore là.

Je vous mentirais en disant que la chance n'a rien à voir dans tout ça, mais comme n'importe quel autre métier, celui de journaliste automobile nécessite de l'effort et de la détermination.

Quant à l'aspect sado-maso, sachez qu'il est présentement 23h48 et que je me dépêche de finir ce blogue pour l'envoyer par courriel avant qu'il ne soit trop tard. Rien n'est plus effrayant que la date (ou l'heure) de tombée...

Mathieu St-Pierre
Photo: Sébastien D'Amour