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The CRANK: C'est le produit, Joe!

The CRANK: C'est le produit, Joe!

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Il y a plusieurs raisons pour expliquer le fait que Hollywood connaît l'un de ses pires box office estivaux des dernières années. Numéro 1: l'augmentation du piratage de films sur Internet. Numéro 2: la hausse des ventes de DVD et de jeux vidéos. Et numéro 3: l'explosion du mercure qui nous empêche de quitter la piscine ou le lac.

Bien sûr, personne dans la capitale du cinéma n'admettra que c'est PEUT-ÊTRE à cause de la qualité de l'offre. Il est difficile pour les amateurs de films de sortir un peu d'argent de leur portefeuille lorsque des rengaines comme Miss Personnalité 2, La guerre des mondes ou Batman: le commencement sont les seules options intéressantes au cinéma du coin.

La réalité est pourtant telle, même si les rois de la pellicule semblent s'en détourner: les ventes de billets de cinéma sont en chute parce que les grands studios continuent de lancer des films que personne ne veut vraiment voir.

Ça sonne une cloche?

À l'instar des bonzes de Hollywood, les têtes fortes de General Motors, Ford et Chrysler ont trouvé toutes les excuses possibles - certaines dignes d'un Oscar - pour expliquer leurs ennuis financiers du printemps. Ils se sont plaints de lois restrictives sur les franchises automobiles, de la façon dont le syndicat des travailleurs de l'automobile (UAW) les tient sur la corde raide et de la compétition mondiale qui les mange tout ronds en offrant des prix très bas.

Un peu de sérieux. Les ventes de véhicules en Amérique du Nord sont en baisse parce le trio de Détroit produit sans cesse des modèles que personne ne veut vraiment conduire, encore moins acheter.

Après des années de rabais en argent, de politique «aucun comptant, 0% de financement», de rachats de location, de pleins d'essence gratuits et d'autres tactiques pour appâter les consommateurs, les géants américains de l'automobile voient encore leurs parts de marché et leurs profits fondre comme de la neige sous un soleil infernal. À l'image d'une danseuse qui ne porte plus que son G-string, Ford, GM et Chrysler sont presque à court de cadeaux à donner.

Le petit et de plus en plus petit groupe qui décide de faire confiance aux véhicules domestiques le fait davantage pour l'aubaine que par amour pour un modèle. Après s'être tant vantés auprès de leurs collègues de bureau du superbe ensemble de jantes qu'ils ont été capables de négocier lors de leur nouvelle acquisition, plusieurs regrettent d'avoir à se rendre jusqu'au terme de leur contrat.

Pour la plupart des acheteurs de voitures, il s'agit de la deuxième dépense la plus importante après la maison. Ils doivent réduire le plus possible le risque financier de leur achat en optant pour un véhicule qui gardera longtemps sa valeur, qui est agréable à conduire sur une base quotidienne et qui flatte aussi leur ego. Après tout, si ces mêmes acheteurs sophistiqués recherchent de tels attributs pour leurs nouveaux appareils électriques, téléphones cellulaires ou systèmes de cinéma maison, pourquoi en serait-il autrement avec leur véhicule?

Et pour les acheteurs de voitures sophistiqués, tout est une question de produit, non pas d'aubaine.

Les consommateurs émigrent vers des marques importées comme Hyundai, Nissan et BMW pour divers motifs. L'un d'eux est que les manufacturiers coréens, japonais et européens rafraîchissent leurs gammes beaucoup plus rapidement que ceux de Détroit.

Comme un carrousel, de nouveaux produits se traduisent par des profits, qui se traduisent par plus d'argent investi dans l'ingénierie, le design, la fabrication et le marketing - tout cela pour produire encore plus de nouveaux produits. Dommage que Ford, GM et Chrysler ait ignoré cette réalité depuis 30 ans.

Vendre des véhicules à la manière de Détroit, avec de faibles marges de profit, n'est pas viable à long terme pour un constructeur. Le trio est capable de fabriquer des modèles rentables qui attirent les acheteurs, tels que la Corvette, la Mustang, la 300C, la Magnum et la Charger; le problème, c'est qu'il n'en conçoit pas assez de la sorte.

Si c'était le cas, je serais content de payer pour voir le film.