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Tous de plus en plus mous

Tous de plus en plus mous

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Ce n'est pas la première fois que je remarque ce phénomène intéressant. Tout a commencé avec la Subaru Impreza WRX 2009 que j'ai essayée il y a quelques années.

J'étais excitée à l'idée de conduire une version moderne de ma propre WRX 2004. Or, quand je me suis retrouvée au volant, l'excitation a vite pris le bord. Pourquoi? Je la trouvais « molle ».

Je ne parle pas de la suspension ou du roulement de la voiture, mais plutôt de l'ingénierie, de la tenue de route, de la puissance, de la nervosité du moteur et du son d'échappement. Tout m'a paru atténué, domestiqué, ordinaire.

Quelle tristesse de voir la WRX dans un si piteux état! Cette Subaru est censée se montrer un peu crue, provocatrice et effrontée, autant par l'entremise de son turbo explosif que de ses effets sonores dérangeants. La voilà qui semblait aussi civilisée que l'Impreza de base testée quelques semaines auparavant.

Mitsubishi Lancer Evolution GSR 2011 (Photo: Sébastien D'Amour/Auto123.com)

Plus récemment, j'en ai eu d'autres exemples avec la Honda Civic Si 2012 et la Mitsubishi Lancer Evolution GSR 2011. Les deux (mais surtout la seconde) sont des modèles sport qui visent à se démarquer du reste de leur gamme respective. C'est plus qu'une question d'aileron, de roues surdimensionnées, de sièges Recaro et d'autres ajouts fantaisistes. Les voitures sport doivent procurer une sensation de sportivité au volant. Je veux sentir la puissance et l'entendre. Je veux découvrir pourquoi on les vante autant et pourquoi on nous demande un gros supplément à l'achat.

De nos jours, ce n'est pas ce que je vis et ressens à bord des bolides soi-disant sport.

Revenons à ma WRX pour un moment. Certes, mon mari et moi y avons apporté des modifications au fil des ans (admission d'air froid, tuyau entre le collecteur d'échappement et le turbo, court levier de vitesses, indicateur de surpression, échappement plus volumineux, jantes de 17 pouces, ressorts STI et suspension ajustable), mais elle faisait preuve de sportivité même avant cela. Avec l'accélérateur et l'embrayage mécaniques, le lien entre l'homme et la machine n'a pas d'égal. J'adore ne pas avoir un million de petits bidules électroniques qui contrôlent mes moindres mouvements.

Bien que j'aie grandement apprécié ma semaine au volant de la Lancer Evo (ne manquez pas de lire mon compte rendu complet dans les jours à venir), quelque chose clochait. Son couple a beau faire sourire et sa maniabilité a de quoi ravir, mais l'échappement insipide et le turbocompresseur silencieux ont encore une fois pété ma balloune.

Je devrais normalement me réjouir et féliciter les constructeurs automobiles d'avoir réussi l'exploit d'intégrer des ordinateurs à toutes les facettes d'un véhicule – du contrôle de la suspension à la réponse de l'accélérateur en passant par le freinage – mais qu'est-il arrivé au bon vieux temps? Avons-nous réellement besoin de toutes ces tutelles électroniques à chaque instant? Désirons-nous vraiment rouler dans des cocons et nous faire dorloter en conduisant?

J'étais persuadée que le but d'une voiture sport consistait à nous rapprocher de la route et des sensations qu'elle peut dégager. Ce n'est plus du tout l'effet que me font les nouveaux modèles sur le marché. Même avec une Lancer EVO garée devant chez moi, nous avons préféré utiliser la WRX pour les balades en campagne. Et maintenant, vous savez pourquoi.