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Mercedes-Benz Classe S 2027, premier essai : meilleure et toujours élitiste

La Mercedes-Benz Classe S 2027 | Photo : M.Crépault
  • Catégorie EPA: Voiture pleine grandeur de luxe

    points forts / faibles

    • Techno dernier cri
    • Confort royal
    • Puissance tranquille
    • Prestige indiscutable

    • Prêt à payer le prix demandé ?
    • À quand les PHEV chez nous ?
    • Avec ou sans chauffeur ?
    • Silhouette trop sage ?
    Résultats90 %
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    Michel Crépault
    Mercedes-Benz honore son vaisseau-amiral en le gratifiant d’une importante mise à jour.

    •    Auto123 effectue un premier essai de la Mercedes-Benz Classe S 2027.

    Hambourg, Allemagne – Tout au sommet de l’épais catalogue de Mercedes-Benz trône la Classe S depuis 1976. Pour l’an de grâce 2027, le constructeur offre un sérieux rafraîchissement à sa berline ministérielle, assez majeur en tous les cas pour affecter plus de 50% de ses composantes.

    Cette année, tout ce qui sort de chez le constructeur exploite fièrement le fait que 140 années se sont écoulées depuis que Carl Benz fut le premier, le 29 janvier 1886, à déposer un brevet pour un « véhicule propulsé par un moteur à gaz ». 

    Or, en 140 ans, on est censé en apprendre pas mal sur l’art de construire un char !

    Combinez cette unique expertise avec les progrès réalisés dans l’automobile jusqu’à présent et vous obtenez la « nouvelle » Classe S. La fusion d’un héritage extraordinaire avec des découvertes qui tiennent parfois de la science-fiction. Une ambiance feutrée et excitante, où le riche passé côtoie l’illimité futur afin d’améliorer une automobile qui, à cause de sa couronne, n’a pas d’autres choix que de guider, innover et impressionner.

    | Photo : Mercedes-Benz

    Différents continents, différentes offres
    Les Canadiens recevront deux Classe S 2027 bonifiées vers le milieu de l’été :

    • -    Mercedes-Benz S 500 4MATIC 
    • -    Mercedes-Benz S 580 4MATIC

    Pour vous aider à déterminer si ces deux automobiles doivent figurer dans votre prochaine liste de magasinage, précisions que le PDSF des berlines qu’elles remplacent s’affichent présentement à 149 100 $ et 163 300 $ (les nouveaux prix seront connus plus tard).

    Les autres versions de la limousine poursuivront leur petit bonhomme de chemin sans grand changement, incluant une version AMG (211 700 $) et deux Maybach avec V12 (262 900 $ et 319 000 $). Les deux EQS électriques (133 500 $ - une aubaine ! – et 158 500 $) demeurent également au menu mais leur variante AMG n’a pas été reconduite cette année.

    Les Européens, comme d’habitude, sont davantage choyés : outre nos S 500 et S 580 à essence, ils pourront choisir un six en ligne moins puissant (S 450) ou alors hésiter entre deux Diesel (dotés du premier convertisseur catalytique chauffé électriquement pour filtrer plus rapidement et plus efficacement les émanations polluantes), ou, les chanceux, se pencher sur la pertinence des deux S à motorisation hybride rechargeable (PHEV).

    Il y a peut-être des chances qu’au moins l’un de ces « plug-in » se pointe chez nous éventuellement puisque la S 580 e 4MATIC aura déjà franchi l’océan afin de séduire nos chers voisins du Sud (pour sa part, la S 450 e PHEV n’ira pas en Amérique faute de rouage intégral).

    | Photo : M.Crépault

    Mercedes-Benz Classe S 2027 - quoi de neuf ?

    Du neuf et du moins neuf mais assez de beau stock pour justifier une facture dans les six chiffres.

    -    Des phares à micro-LED.
    -    Un super ordinateur intégrant MB.OS, le système d’exploitation conçu à l’interne qui contrôle toutes les fonctions vitales de l’auto, qui est connecté à un nuage intelligent et qui autorise des mises à jour par la voie des airs.
    -    Un Superscreen qui s’étire de la console centrale jusqu’au passager, ce dernier pouvant visionner ce qu’il veut pendant que le conducteur se concentre à garder son voisin en vie.
    -    Quatre écrans fournissent la possibilité de transformer la Classe S en salle de réunion mobile grâce à Zoom et autres joyeuses applications qui ont popularisé le télétravail.
    -    Un filtre à air qui purifie l’air et énergise ceux et celles qui le respire et ce, tout à fait légalement.
    -    Vous vous ennuyez seul derrière votre volant, aussi magnifique soit-il ? Dites « Hey Mercedes ! » et une IA signée Microsoft et Google devient votre meilleur ami du moment, prête à discuter de tout et de rien.
    -    Le reste prendrait des pages et des pages…

    | Photo : M.Crépault

    Design de la Mercedes-Benz Classe S 2027 – 8,0/10

    L’étoile au bout du capot désormais brille la nuit, tout comme le pourtour de la grille agrandie de 20%, une calandre soit dit en passant ornée de la pléiade d’étoiles dorénavant si chère aux façades contemporaines de Mercedes-Benz. En fait, des étoiles, le constructeur n’a de cesse de nous en mettre plein la vue, notamment dans les phares au faisceau bien entendu élargi et dans les feux arrière rougeoyants.

    Des détails qui viennent renforcer la signature visuelle de la marque, une attitude d’ailleurs qui englobe tous les nouveaux modèles. N’en déplaise à Polestar, Benz proclame haut et fort que son étoile est la plus brillante, celle qu’il faut contempler au firmament de l’automobile, celle qui finalement aurait peut-être incité les rois mages à troquer leurs chameaux pour un moyen de transport mieux climatisé.

    Si les couleurs de série ne vous suffisent pas, le programme de personnalisation MANUFAKTUR vient à votre rescousse en ajoutant des teintes exclusives comme le nouveau Black Sparling saupoudré de véritables flocons de verre. 

    C’est bien mais ce n’est pas encore ça ? Grimpez à MANUFAKTUR Made to Measure qui propose pour commencer 150 couleurs de peinture pour la carrosserie et 400 (!) autres pour l’intérieur. Vous pourrez aussi faire graver votre slogan ou proverbe préféré sur les seuils de porte… lumineux !

    À vrai dire, si ce kaléidoscope ne suffit toujours pas, vous pouvez carrément demander la couleur de votre choix, quitte à l’inventer (puis à la payer). La seule limite n’est pas le mauvais goût mais la formule chimique de la peinture. Si celle-ci contient des ingrédients susceptibles d’affecter le bon fonctionnement des nombreux capteurs et radars de la Classe S, vous devrez faire votre deuil de cette couleur qui rappelait tendrement le cordon ombilical de votre aîné.

    | Photo : M.Crépault
    | Photo : M.Crépault

    Habitacle de la Mercedes-Benz Classe S 2027 – 9,0/10

    Du luxe, encore du luxe, toujours du luxe ! Même si une cabine signée AMG célèbre la sportivité et que le sanctuaire d’une Maybach repousse encore plus loin les limites de l’opulence pour jouer dans les plates-bandes de Rolls-Royce et Bentley, il faut admettre que l’intérieur des deux Classe S attendues chez nous suffit amplement à nous faire pousser des « oh » et des « ah » ! 

    Des tentatives précédentes de modernisation plus ou moins bien acceptées par la clientèle ont convaincu de ramener certains boutons traditionnels, tant sur le tableau de bord que sur le volant.

    Derrière l’unique plaque de verre ininterrompue, le super écran MBUX se compose en réalité d’un pavé central de 14,4 po et d’un autre côté passager de 12,3 po, soit la même dimension que le 3e écran derrière le volant qui regroupe l’instrumentation.

    L’instant que vous commencez à pianoter sur ce verre, vous devez vous armez d’une patience infinie pour déchiffrer la signification des pastilles et défilements possibles. J’ai trouvé un meilleur raccourci : « Hey, Mercedes ! » et je passe ma commande à haute voix ! 

    Le coffre de la Classe S est si généreux qu’il fera le bonheur du nettoyeur à la solde de la mafia locale.

    | Photo : M.Crépault
    | Photo : M.Crépault

    Technologie de la Mercedes-Benz Classe S 2027 – 9,0/10

    Forcément, j’ai déjà pas mal parlé de la technologie de la Classe S parce que, avouons-le, la technologie est au cœur de la Classe S. Autant pour avancer, se stationner, éviter des obstacles, commenter la météo de demain, refroidir vos breuvages dans la console arrière (quand vous optez pour la banquette à deux places au lieu de trois), etc.

    Le défi pour les ingénieurs et les designers est de ne pas ensevelir le propriétaire d’une Classe S sous un jargon incompréhensible ou un fonctionnement qui relève de la physique quantique.

    Voyez ces acronymes et ces noms qui fleurissent au sujet de la Classe S : MB.OS, MB.DRIVE, MBUX, E-ACTIVE, ULTRA RANGE et j’en passe. Les majuscules ne sont pas de moi mais bien du constructeur. Des bébelles importantes. Toutes. Mais ça en fait beaucoup. De quoi confier sa toute nouvelle Classe S à Firmin pour que lui se farcisse le casse-tête du siècle pendant que vous appuierez sur les bons pitons de la télécommande amovible pour transformer votre place à l’arrière en fauteuil Ottoman comprenant repose-pied et oreiller doux comme une caresse amoureuse. 

    | Photo : M.Crépault

    Motorisation de la Mercedes-Benz Classe S 2027 – 9,0/10

    Le V8 à essence de 4 litres (M 177 Evo) de la S 580 4MATIC développe 530 chevaux et 553 lb-pi de couple grâce à un turbo et à un compresseur qui vient annuler l’usuel délai propre aux turbocompresseurs. Une légère hybridation permet de récupérer de l’énergie, de sorte que le bateau de plus de 5 mètres peut s’en tirer avec une consommation moyenne oscillant entre 10,6 et 11,3 litres aux 100 km (notez que les chiffres cités ici sont européens, donc à prendre avec un gros grain de sel ; les labos de Ressources Naturelles Canada écrèmeront la générosité des testeurs du Vieux continent).

    Pour le six en ligne de 3,0 litres (M 256 Evo) de la S 500 4MATIC à empattement allongé (le seul disponible au Canada), on a estimé sa consommation moyenne à 8,3-9,1 litres / 100 km. Une cote qui ne tiendra plus la route si on abuse de l’Overtorque, c’est-à-dire d’un système qui permet d’obtenir du couple supplémentaire pendant quelques secondes afin de faciliter les accélérations.

    Les moteurs à essence (ainsi que ceux fonctionnant au gazole, lesquels, soit dit en passant, abaissent la consommation moyenne sous les 7 litres aux 100 km) utilisent un système électrique de 48 volts qui rend la fonction arrêt-démarrage pour ainsi dire imperceptible.

    Quant aux deux PHEV de la gamme (S 450 e avec Technologie EQ Hybride et S 580 e 4MATIC avec Technologie EQ Hybride – de grâce, M-Benz, débarrassez-nous au plus vite de ces noms qui n’en finissent plus !), ceux-là mêmes qui viendront ou ne viendront pas au Canada, ils promettent une autonomie toute électrique d’environ 100 km. Le 3,0 litres à essence est alors jumelé à un puissant moteur électrique pour scorer des consommations de 17.0 à 18.2 kWh/100 km et de 2,5 à 3,0 litres /100 km pour le moteur à essence, ce qui donne au total une consommation de 8,1 à 8,8 litres /100 km.

    | Photo : Mercedes-Benz

    Conduite de la Mercedes-Benz Classe S 2027 – 9,0/10

    Première impression : la douceur. On ne roule pas, on lévite. Ajoutez-y un silence comme lorsqu’on visite une église dans une ville étrangère et vous vous retrouvez dans un état de béatitude qui frôle l’endormitoire.

    Deux solutions s’offrent alors à vous : bousculer la limo ou la sono. J’ai fait les deux.

    Mettez-vous à ma place, je suis en Allemagne, sur des gros bouts d’autoroute sans limite de vitesse. Zéro. Niet. La Classe S, elle, a une limite de vitesse, soit 240 km/h. Je le confesse tout de go, je ne l’ai pas atteinte. Mais ce n’est pas ma faute, je vous le jure ; c’est à cause de ce fourgon Ford Transit qui insistait pour rester à gauche à 211 km/h ! Une vraie tortue. Et moi qui croyait les Teutons disciplinés comme un sergent-instructeur aboyant ses ordres à des recrues pissant dans leurs culottes. Quelqu’un veut vous dépasser, on se tasse à droite et que ça saute !

    Cela dit, je ne suis pas sûr d’avoir été si triste que ça. La veille, j’avais roulé des centaines de kilomètres au volant d’un GLC électrique. À plusieurs reprises, j’ai atteint 210 km/h, soit la vitesse maximale de ce VÉ. Hé bien, malgré des longues sections parcourues sous une forte pluie, jamais je ne me suis senti en danger.

    | Photo : Mercedes-Benz

    En revanche, avec la Classe S plus longue, plus spongieuse, je n’ai pas perçu la même assurance. Au lieu d’agripper des rails imaginaires comme à bord du GLC, j’ai ressenti plutôt comme un léger flottement. Sans parler de l’énorme volant qui est ciselé comme une sculpture mais qui a tendance à caviarder les messages expédiés par les roues.

    Qu’on se comprenne bien : je suis sûr que la Classe S 2027 peut rouler à 240 km/h sans que ça lui fasse un pli. Je crois que c’est plutôt à moi que ça causait un souci. Alors, je me suis rabattu sur le système de son Burmester pour malmener le silence inné de la Classe S.

    Or, la trentaine de haut-parleurs sont d’une efficacité diabolique. En particulier ceux du système optionnel Surround 4D (au lieu du 3D régulier) : le magnifique haut-parleur Dolby Atmos fixé au centre du pavillon, entre les deux panneaux vitrés, fait toute la différence. Pour la première fois de ma carrière de conducteur, j’ai eu l’impression d’être non pas devant les musiciens mais parmi eux. Incroyable !

    La suspension pneumatique s’avère sans reproche. Elle est capable de s’ajuster à l’avance, avant que le nid-de-poule ou le dos d’âne ne se manifestent sur la chaussée. Comment ? Les lectures des capteurs de toutes les Mercedes-Benz sur la route, jour après jour, envoient sans relâche du data dans le nuage informatique du constructeur. Les routes et leurs imprévues sont dès lors recensées à la seconde près. Quand une Benz s’approche du problème, sa suspension en est avertie et se prépare en conséquence.

    Pour contrecarrer les proportions éléphantesques de la Classe S, ses roues arrière sont directionnelles. De 4 degrés, puis de 10 si vous cochez l’option. Ça ne vous garantit pas des braquages sur un 10 cents, mais ça ne nuit pas non plus.

    | Photo : M.Crépault

    Les prix canadiens de la Mercedes-Benz Classe S 2027

    Tous les détails finaux des versions canadiennes, incluant les ensembles optionnels, les spécifications et les prix, seront confirmés dès que l’on se rapprochera de la date de mise en marché prévue d’ici le milieu de l’été.

    Le mot de la fin
    La Classe S est le fleuron de Mercedes-Benz. Le constructeur n’a pas droit à l’erreur. Comme personne n’est parfait, la compagnie a le mérite de corriger vite quand il le faut. Le meilleur exemple en est la EQS, la cousine toute électrique de la Classe S introduite en 2022. Sa silhouette bizarre fut loin de faire l’unanimité. Deux ans plus tard, M-B la restylait de manière heureuse, pour justement ressembler davantage à la Classe S classique.

    Il reste encore des frontières qui mêlent les propriétaires, comme le nombre d’applications, d’icônes, de programmes, toutes ces fonctions informatisées parfois traumatisantes. La Classe S cherche à faire triompher une tradition certaine sans pour autant négliger les innovations. La ligne est parfois mince entre le kitsch et le bon goût, entre le superflu et l’essentiel.

    La Mercedes-Benz Classe S 2027 démontre qu’elle maîtrise ce délicat équilibre.

    Les concurrents de la Mercedes-Benz Classe S 2027 (excluant les versions AMG et Maybach)

    • -    Audi A8
    • -    BMW Série 7
    • -    Cadillac Celestiq
    • -    Genesis G90
    | Photo : M.Crépault
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    Michel Crépault
    Michel Crépault
    Expert automobile
    • Plus de 45 ans d'expérience en tant que journaliste automobile
    • Plus de 12 essais réalisés au cours de la dernière année
    • Participation à plus de 190 lancements de nouveaux véhicules en carrière en présence des spécialistes techniques de la marque