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Quel est l'avantage, me demandez-vous? Pour être franc, les journalistes qui couvrent le monde de l'automobile en débattent encore, et plusieurs ne s'entendent carrément pas. Certains croient que la Direction Active de BMW ne contribue pas suffisamment en termes de maniement pour compenser les mouvements dits involontaires de la voiture. Je ne suis pas d'accord. Ayant eu personnellement la chance d'en faire l'essai, je fais partie de ceux qui apprécient cette technologie. J'ai particulièrement adoré le virage facile à basses vitesses et la conduite linéaire à hautes vitesses. Par ailleurs, moins de deux rotations du volant sont nécessaires pour passer d'un côté de la rue à un autre. Ordinairement, il en faut trois. Circuler en ville, à travers les espaces étroits du trafic et des stationnements, s'accomplit avec aisance et précision, bien qu'une période d'ajustement soit nécessaire pour éliminer la tendance à vouloir tourner les coins trop brusquement. Sur l'autoroute, la 545i ne présente aucun des petits «tremblements» souvent associés aux voitures sport dont le volant est ultra léger et sensible. Bref, quelle que soit la situation, la Direction Active est mieux que n'importe quel système à l'heure actuelle, requerrant considérablement moins d'efforts que les autres technologies. Je n'ai pas essayé la 545i sur la piste, mais je peux quand même dire qu'il s'agit d'une des voitures les plus maniables et stables que j'ai connues.
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Inclus dans la technologie de Direction Active est le système de suspension Dynamic Drive de BMW, qui agit par l'entremise de stabilisateurs actifs à l'avant et à l'arrière afin de réduire au minimum en virage les mouvements de roulis de la carrosserie. Et ça marche! Mon modèle d'essai effectuait des virages tellement doux, peu importe la vitesse, que j'avais l'impression de rêver. Ceci m'amène à parler de l'éternel dilemme qui afflige les ingénieurs: comment obtenir un maniement à tout rompre sans recourir à des taux de souplesse qui ne manqueront pas de causer des accidents? À l'inverse, si la suspension est trop ferme et ne s'accommode pas aux dos-d'âne et aux nids-de-poule, la conduite sera beaucoup trop éprouvante. Ainsi, intrinsèquement à sa suspension active, BMW a utilisé une suspension avant à jambe à double pivot en aluminium et une suspension arrière intégrale à quatre bras en aluminium pour stabiliser la 545i.
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De plusieurs manières différentes, la 545i démontre toutes les vertus d'une grande berline sans compromettre la précision du maniement. Grâce au système Dynamic Drive, on n'a plus l'impression de conduire une voiture de luxe mais bien une BM sportive capable de changer de direction comme la boule d'une machine à boules. C'est très satisfaisant et rassurant de voir un tel niveau d'agilité dans une voiture assez confortable pour plaire aux pilotes grisonnants. La très active 545i permet d'approcher les courbes et les chicanes avec enthousiasme et en toute confiance. Cette bête tenace maintient sa ligne à hautes vitesses tel un lion qui poursuit sa proie.
Si vous parvenez à la pousser au-delà de sa limite, lorsque tous les dispositifs électroniques sont activés et qu'une perte de contrôle imminente est détectée, le Contrôle Dynamique de la Stabilité III exclusif à BMW se charge de tout ramener à l'ordre - y compris les nerfs - le plus rapidement possible.
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Ce qui calme aussi les nerfs - ou excite les sens, c'est selon - est la douce sensation que produit le V8 de 4,4 litres en propulsant la 545i. Ce moteur est sans contredit l'un des points forts de la voiture. Magnifiquement raffiné et équilibré, il ne produit aucun son trop guttural ni ne s'emporte inutilement lorsque grimpe l'aiguille des rpm. L'accélération est tout ce qu'il y a de plus agressif, surtout lorsque la 545i est équipée avec l'optionnelle transmission manuelle SMG à six vitesses. La sensibilité de l'accélérateur jumelée à la sportivité de la boîte SMG peut entraîner certains soubresauts et des accélérations involontaires si le pilote est inattentif. À moins de rechercher la performance de conduite ultime (sans pour autant opter pour la rutilante M5), je recommande fortement de laisser tomber la SMG et de choisir entre une manuelle à six vitesses ou une automatique à six vitesses avec mode manuel Steptronic. Tout de même, c'est votre devoir moral d'essayer les trois types de transmission. Pour revenir à la SMG, elle comprend bel et bien un mode automatique mais j'en ai trouvé l'opération fatigante. Les changements de rapports m'ont paru très longs et laborieux. Par surcroît, pendant ce temps, j'ai senti une perte considérable et déconcertante de puissance aux roues arrière; pas très génial pour optimiser le plaisir de conduire.