Les automobilistes canadiens confrontés à la flambée des prix à la pompe bénéficient d'un répit temporaire : le congé fiscal sur l'essence se poursuit. Le ministre des Finances François-Philippe Champagne a annoncé hier que le gouvernement fédéral prolongera la suspension de la taxe d'accise fédérale sur le carburant jusqu'au début de 2027, retardant ainsi une hausse de 10 ¢ le litre qui devait entrer en vigueur après la fête du Travail de 2026.
Selon le plan révisé, la taxe d'accise fédérale sur l'essence et le diesel demeurera à zéro cent jusqu'au 31 janvier 2027. Le rétablissement se fera ensuite de façon progressive : un prélèvement à demi-tarif de cinq cents le litre sur l'essence et de deux cents sur le diesel s'appliquera du 1er février au 31 mars, avant que le plein tarif de 10 cents pour l'essence et de quatre cents pour le diesel ne soit rétabli le 1er avril 2027.
Cette décision marque un virage par rapport au début du mois d'août, lorsque le ministre Champagne avait laissé entendre que le congé fiscal prendrait fin le 7 septembre comme prévu, invoquant la nécessité d'une responsabilité budgétaire. Depuis, le gouvernement a toutefois fait face à une pression politique croissante de la part des dirigeants provinciaux et des partis d'opposition, en plus d'être confronté à la frustration grandissante du public face aux prix à la pompe. Dans les grands marchés comme Montréal, le seuil des deux dollars a été franchi régulièrement au cours des dernières semaines.
Ottawa a attribué la volatilité continue du coût du carburant à des pressions mondiales plus larges, notamment aux conflits internationaux au Moyen-Orient et aux tensions commerciales en cours.
« Les Canadiens ne devraient pas avoir à payer pour ce qu'ils n'ont pas causé, qu'il s'agisse des perturbations au Moyen-Orient ou d'une guerre commerciale injustifiée », a déclaré le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Tim Hodgson, présentant cette prolongation comme une mesure d'abordabilité directe pour les familles et le secteur du transport.
La prolongation du congé a un coût
La prolongation s'accompagne d'une facture salée pour les coffres fédéraux. Selon le ministère des Finances, le maintien du congé fiscal ajoute 2,9 G$ au déficit, ce qui porte le coût total du programme d'allégement à environ 5,3 G$ pour l'exercice financier 2026-2027. Interrogé sur le rétablissement de la taxe au printemps, François-Philippe Champagne a réaffirmé que le gouvernement doit concilier l'aide immédiate aux consommateurs et la responsabilité budgétaire globale.
Bien que la taxe complète de 10 cents revienne en avril 2027, les automobilistes pourraient commencer à en ressentir l'effet dès le 1er février, moment où la moitié du prélèvement sera rétablie dans les stations-service à l'échelle du pays.




