Ferrari devait bien se douter que sa nouvelle Luce électrique allait recevoir un accueil des plus tempétueux. La première voiture de production entièrement électrique de Maranello est un modèle à hayon à cinq portes qui rompt radicalement avec les moteurs V12 cracheurs de feu et le style traditionnel des supervoitures.
Comme on pouvait s'y attendre, certains dans le camp des puristes ont décoché de vives critiques. Même l'ancien président de Ferrari, Luca di Montezemolo, s'en est mêlé, avertissant que l'entreprise risquait de détruire une légende, le tout balayant au passage des milliards de la valeur marchande de Ferrari.

Mais Ferrari avait de l'artillerie lourde en réserve pour sa campagne de séduction : ses pilotes de Formule 1 Lewis Hamilton et Charles Leclerc. Les deux hommes ont emmené la Luce pour une petite virée, qui fait maintenant l'objet d'une vidéo promotionnelle fraîchement publiée.
Le fond avant la forme
Dans cette vidéo, les coéquipiers de la Scuderia laissent de côté la controverse entourant le design pour se concentrer sur l'ingénierie et les performances du véhicule. Leclerc aborde franchement le sujet qui fâche, reconnaissant que le « design est très, très différent de tout ce que nous avons vu de la part de Ferrari par le passé. »
Le pilote monégasque a toutefois défendu cette esthétique futuriste comme un acte de pure innovation, un trait qu'il considère comme intrinsèque à Ferrari.

Charles Leclerc s'est montré particulièrement enthousiaste à l'égard de l'habitacle, saluant la décision de rejeter la tendance de l'industrie qui privilégie les tableaux de bord entièrement numériques. « J'adore le fait qu'on revienne à plus de boutons physiques pour qu'on puisse vraiment conduire, regarder la route et ressentir les choses, » a-t-il expliqué. Il s'est même dit surpris par la signature acoustique du véhicule, soulignant : « J'ai bien aimé ce son électrique... cela aide à rester connecté avec la voiture. »
Lewis Hamilton, quant à lui, s'est appliqué à pousser le VÉ de 1036 chevaux jusqu'à ses limites sur la piste. Alimentée par une batterie de 122 kWh et quatre moteurs électriques capables de propulser la voiture de 0 à 100 km/h en 2,5 secondes, la Luce a manifestement impressionné le septuple champion du monde. « Le déploiement de la puissance est incroyable, » a noté Hamilton. « On se sent toujours bien centré, même dans les virages. »

Lewis Hamilton a attribué cette stabilité au bas centre de gravité permis par la disposition de la batterie et la suspension active. « Quand on passait sur les vibreurs, la façon dont elle restait collée au sol, c'est pour moi la meilleure partie de la technologie, » a-t-il déclaré. « Dans la plupart des voitures, il y a beaucoup de roulis. Celle-ci ne penche pas. »
Évidemment, cette vidéo est un exercice de marketing, et un exercice soigneusement orchestré. Personne ne pouvait raisonnablement s'attendre à ce que les deux pilotes Ferrari dénigrent publiquement le nouveau modèle le plus important de la marque à voir le jour depuis des années. Cela dit, les sourires sincères sur les visages des pilotes laissent croire que cette machine de 640 000 $ US (550 000 €) offre une dynamique de conduite authentique. Comme l'a résumé Piero Ferrari, le fils du fondateur de la marque italienne : « Une fois que vous l'aurez conduite, vous changerez probablement d'idée. »






