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Entrevue avec Carlos Ghosn, president de Nissan

Entrevue avec Carlos Ghosn, president de Nissan

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Après l'annonce de sévères coupures chez Ford, Chrysler et General Motors, le milieu de l'automobile jette un regard intéressé sur le travail qu'effectue le président et directeur général de Nissan, Carlos Ghosn. En effet, ce dernier, qui a pris les commandes de la l'entreprise avec une dette accumulée de 23 milliards de dollars américains en septembre 1999, est en bonne voie de redonner une santé financière à la multinationale franco-nipponne. Mais ne crions pas victoire trop vite !

AJ - Où en êtes-vous avec les objectifs que vous vous étiez fixés il y a trois ans ?

CG - Nous avons actuellement réduit la dette de moitié. La marge de profit par véhicule, inexistante en 1999, est passée à 6,3 % pour le marché canadien et frôle les 4,5 % pour les États-Unis. En septembre, nous mettrons le Plan 180 à exécution : le "1" signifie un million de ventes de plus entre 2000 et 2005; le "8" signifie une marge de profit par véhicule de 8 % (pour rejoindre Honda et Toyota, nos principaux concurrents), et le "0" vise à libérer Nissan de sa dette.

AJ - La fusion DaimlerChrysler a rapidement tourné au vinaigre et l'alliance Ford-Rover fut un fiasco. Quels sont les éléments qui expliquent votre succès jusqu'à maintenant ?

CG - Je n'ai pas la compétence pour décrire les situations ailleurs, mais, de mon côté, je me suis investi totalement sans jamais perdre les objectifs de vue. Il faut dire ce qu'on va faire et faire ce qu'on a dit. J'ai dû faire comprendre au Japonais qu'il fallait fermer cinq usines au Japon et vendre pour plus de cinq milliards de dollars d'actif. Les Japonais sont des gens très pragmatiques, qui jugent les personnes en fonction des résultats. J'ai toujours expliqué clairement que, si mes objectifs intermédiaires n'étaient pas atteints, je remettais ma démission. Jusqu'à maintenant, je m'en tire bien, et ma crédibilité est bonne.