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F1: Les consignes d'équipe n'ont rien de nouveau en Formule 1

F1: Les consignes d'équipe n'ont rien de nouveau en Formule 1

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Les consignes d’équipes font partie de la Formule 1 et du sport automobile en général depuis des lustres. La principale raison pour les employer est d’éviter que deux pilotes d’une même écurie ne s’accrochent en piste lorsqu’ils se battent pour une position, comme Mark Webber et Sebastian Vettel l’ont fait en Turquie. Mais les consignes n’ont rien de nouveau.

Avant la deuxième Guerre mondiale, le légendaire gérant de Mercedes, Alfred Neubauer, avait instauré un ingénieux système de communications afin d’envoyer des messages et des consignes à ses pilotes. Et lorsqu’il s’occupa de l’écurie Mercedes en Formule 1 au cours des années 50, il avait clairement établi que Juan Manuel Fangio était le pilote No. 1 de l’écurie allemande.

Plus près de nous, en 1978, Mario Andretti était le pilote No. 1 de l’écurie Lotus. Son coéquipier, Ronnie Peterson, n’avait droit de gagner une course que si Andretti avait abandonné.

Carlos Reutemann mène au Brésil devant Alan Jones, pilote No. 1 de l'écurie Williams. (Photo: Williams)

Au Grand Prix du Brésil en 1981, Carlos Reutemann, sur Williams-Cosworth, mène la course devant Alan Jones au grand désespoir de Frank Williams. Williams veut que Jones gagne la course et augmente ainsi son avance au classement.

Il fait passer à plusieurs reprises le panneau « Jones P1 Reut P2 » à Reutemann qui ne sourcille pas. L’Argentin n’obéit pas aux consignes et gagne la course devant Jones qui fulmine. Interrogé après la course, Reutemann, cynique, réplique : Panneau ? Quel panneau ? »…

Un an plus, au Grand Prix de France au Paul-Ricard, l’écurie Renault désire ardemment réaliser le doublé devant leurs partisans avec Alain Prost en tête. Sauf que c’est son coéquipier, René Arnoux, qui mène la course. Gérard Larrousse, patron de l’écurie, fait montrer un panneau à Arnoux qui dit «Alain 1 René 2 ».

Podium du GP de France en 1982 avec, de g. à d. Prost, Arnoux et Pironi. (Photo: WRI2)

Mais Arnoux mène par une quinzaine de secondes devant Prost avec quelques tours à faire. Arnoux juge qu’il ne peut pas perdre autant de terrain. Surtout qu’il ne veut pas offrir la victoire à son coéquipier, son ennemi juré. Alors il conserve son pied droit enfoncé et remporte la victoire. Larrousse et Prost sont en furie.

Un peu plus tôt cette même année, l’écurie Ferrari est en voie de réaliser un doublé facile au Grand Prix de San Marino avec Gilles Villeneuve et Didier Pironi. Mauro Forghieri veut assurer le doublé devant les Tifosi. Il leur fait passer le panneau « SLOW » pour éviter qu’ils ne s’attaquent. Mais dans le dernier tour de la course, Pironi double Villeneuve à pleine vitesse pour lui prendre la victoire. Villeneuve, en colère noire, perdra la vie quelques semaines plus tard lors des qualifications du GP de Belgique.

Plus récemment, l’écurie McLaren a demandé à deux reprises à David Coulthard de se laisser doubler par son équipier, Mika Häkkinen, pour la victoire, soit à Jerez en 1997 et en Australie l’année suivante.

Felipe Massa et Fernando Alonso, GP d'Allemagne 2010. (Photo: Ferrari)

Puis, il y a eu le fameux Grand Prix d’Autriche en 2002 quand Jean Todt a clairement demandé par radio à Rubens Barrichello de s’éclipser en faveur de Michael Schumacher. C’est à ce moment que la FIA décire d'nterdire des consignes d’équipes.

Les consignes n’ont rien de nouveau. C’est pour cette raison que la FIA ne pourra jamais les empêcher avec efficacité. Les équipes disposent de centaines de façons de signifier à leurs pilotes ce qu’ils doivent faire pour le bien de l’écurie. Un arrêt de changement de pneus peut durer un peu plus longtemps que prévu ou bien on peut indiquer à un pilote par radio de ralentir afin de conserver du carburant…