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Essai du Hyundai Santa Cruz 2022 : camion ou voiture?

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Auto123 met à l’essai le Hyundai Santa Cruz 2022.

C’est en 1983 que Hyundai est débarqué au Canada avec une certaine Pony (année-modèle 1984), la sous-compacte à roues arrière motrices qui avait plusieurs points en commun avec la très archaïque Chevrolet Chevette. Si on m’avait dit à cette époque – voire même quelques années plus tard, car en 1983, j’étais âgé de 5 ans – que Hyundai deviendrait l’un des géants de l’automobile mondiale et qu’il viendrait même jouer dans la cour des Trois Grands constructeurs américains en lançant un pickup, j’aurais probablement répondu quelque chose comme : « ben, voyons donc ».

Pourtant, en 2021, Hyundai vient d’atterrir sur nos routes, non pas avec la sixième ou septième génération de la Pony, mais bien avec la toute première génération du Hyundai Santa Cruz 2022, une camionnette compacte destinée aux amoureux d’aventure. Sommes-nous vraiment étonnés par cet autre coup de théâtre coréen? Non, pas vraiment. Depuis un peu plus d’une décennie, Hyundai et Kia multiplient les projets ambitieux (Hyundai Veloster, la division Genesis au grand complet, Kia Soul, Kia Stinger, Hyundai Ioniq 5, etc.) comme si l’empire coréen voulait proclamer haut et fort qu’il n’a pas peur de repousser les limites de l’automobile.

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Hyundai Santa Cruz 2022, profil
Photo : V.Aubé
Hyundai Santa Cruz 2022, profil

Déjà un rival à l’horizon
Ce nouveau produit doit toutefois s’armer de vigilance, car Ford vient lui aussi de lancer un pickup monocoque conçu pour les conducteurs et conductrices qui veulent un pickup… sans tous les défauts d’un « vrai » pickup! Et le Ford Maverick risque lui aussi de connaître passablement de succès chez nous ou au sud de la frontière.

D’ailleurs, au nord du 49e parallèle, la stratégie de Hyundai est différente, le constructeur qui n’a pas cru bon de proposer les deux mécaniques comme c’est le cas aux USA.

Il est à noter aussi que le Santa Cruz local est un véhicule dispendieux, lui qui vient d’office avec le « gros » moteur 4-cylindres turbo de 2,5-litres, le rouage intégral et une liste d’équipement passablement longue. Tout le contraire du Ford Maverick avec sa motorisation hybride, ses deux roues motrices avant et ses roues d’acier sur la livrée d’entrée de gamme XL qui, soit dit en passant, se détaille tout près de 13 000 $ de moins que la plus abordable des livrées du Santa Cruz.

Hyundai Santa Cruz 2022, avant
Photo : V.Aubé
Hyundai Santa Cruz 2022, avant

Un Tucson avec une boîte à l’arrière?
Comme c’est le cas avec le Ford Maverick qui reprend la même architecture que l’Escape ou le Bronco Sport, le Hyundai Santa Cruz repose lui aussi sur un squelette de VUS compact. Et chez Hyundai, c’est le Tucson qui joue ce rôle, quoiqu’il est permis de placer le Santa Fe à cette position par moments. Ça tombe bien, car la devanture du Santa Cruz est quasi identique à celle du Tucson renouvelé il y a quelques mois à peine. Je dis bien « quasi identique » ici, car contrairement au bouclier du Tucson qui compte quatre rangées au sein de son grillage, le Santa Cruz n’en compte que trois.

Au final, l’ambiance est très similaire, ce qui crée un lien entre les deux véhicules qui voient leurs blocs optiques être positionnés très bas dans ce bouclier expressif. Les autres « lumières » glissées derrière ce grillage complexe ne sont que des feux de jour. Permettez-moi également de vous dire que les phares du camion coréen éclairent très bien la route; c’est l’un des avantages de ces phares logés plus bas depuis quelques années.

Le lien qui unit les deux véhicules à vocation utilitaire s’arrête là par contre, car le reste de la carrosserie du Santa Cruz est exclusif au pickup. De profil, le modèle de production n’est pas sans rappeler le concept dévoilé en 2015 (!), à la différence assez claire que le Santa Cruz 2022 vient avec quatre vraies portières, contrairement au format coupé du prototype.

Hyundai Santa Cruz 2022, trois quarts arrière
Photo : V.Aubé
Hyundai Santa Cruz 2022, trois quarts arrière

Le nouveau pickup coréen est également un véhicule monocoque, un détail qu’on remarque assez rapidement par l’absence de séparation entre la cabine et la boîte de chargement. La présence de jantes de 20 pouces rehausse quant à elle la prestance du véhicule, quoique les propriétaires qui prévoient emprunter les chemins accidentés devraient considérer les jantes de 18 pouces de la livrée Preferred.

Parlons également de cette boîte de chargement très courte. Les concepteurs ont tout de même songé aux bricoleurs avec cette option de relever le hayon à mi-chemin avec les câbles, une solution qui permet de charger la traditionnelle feuille de 4’x8’… avec des sangles bien entendu… et un petit drapeau rouge! Outre ce petit tour de force – le Ford Maverick propose le même truc soit dit en passant –, le Santa Cruz se démarque par son couvercle de boîte installé à l’usine, ce dernier qui se déroule et qui peut même être verrouillé, tandis qu’un compartiment étanche est également disponible sous le plancher de la boîte, une solution déjà observée à bord du Honda Ridgeline. La présence d’une lumière DEL dans la cabine facilite le rangement d’objets le soir venu.

Hyundai Santa Cruz 2022, intérieur
Photo : V.Aubé
Hyundai Santa Cruz 2022, intérieur

Habitacle pour quatre personnes
Les dimensions réduites du Santa Cruz ne lui permettent pas d’offrir une cabine aussi logeable que ces camionnettes pleine grandeur et leurs cabines d’équipe, mais bon, pour un équipage de quatre personnes (deux adultes et deux jeunes enfants), ça passe! Au même titre que d’autres camionnettes intermédiaires, le dossier de la banquette ne s’abaisse pas vers l’arrière, ce qui donne une position assise assez verticale. Heureusement, les sièges sont confortables aux deux rangées.

À l’avant, on retrouve cette planche de bord familière, ce concept qui enveloppe chaque passager, mais qui a également l’avantage de ne pas obstruer la visibilité du conducteur. Là où le Santa Cruz perd quelques points, c’est au niveau de la portion centrale où toutes les commandes sont regroupées autour de l’écran tactile de 10 pouces, celles-ci étant toutes tactiles, ce qui oblige le conducteur à quitter la route des yeux chaque fois qu’il veut changer un paramètre. Heureusement, la réactivité de ces boutons et même celle de l’écran sont excellentes. Dans la console centrale, on retrouve les modes de conduite et même les boutons pour les sièges chauffants, le volant chauffant… et les sièges ventilés que je n’ai pas essayés durant cette semaine automnale.

Hyundai Santa Cruz 2022, écran central
Photo : V.Aubé
Hyundai Santa Cruz 2022, écran central

Au volant d’une voiture sport
Ce premier contact avec le pickup coréen a surtout démontré tout le potentiel de ce groupe motopropulseur, le moteur 4-cylindres turbo de 2,5-litres déjà au travail sous le capot d’autres produits livre une puissance plus qu’appréciable de 281 chevaux et un couple tout aussi surprenant de 311 lb-pi. Mais, ce n’est pas la seule raison qui explique cet aplomb, le Santa Cruz qui est également équipé d’une boîte à double embrayage à huit rapports, une option franchement plus à sa place qu’une boîte à variation continue par exemple. Les changements de rapports sont francs et selon le mode de conduite choisie – le mode Sport est le plus aiguisé pour les chemins sinueux –, on sent vraiment que les « à-coups » habituels d’une automatique sont atténués au maximum lors des rétrogradations avec cette unité.

Toutefois, la compétence de la mécanique est éclipsée par la merveilleuse tenue de cap du camion. Malgré la présence de ces jantes de 20 pouces, le Santa Cruz a survolé les nids-de-poule à la manière d’une berline intermédiaire confortable, et ce, sans sacrifier sur la tenue de route. La direction, sans être aussi chirurgicale que celle de la Veloster N, livre juste assez d’information pour que le conducteur soit connecté avec la route. Je me suis moi-même surpris à emprunter des virages sur l’autoroute à des vitesses peu recommandables lors d’une virée à pluie battante. Le Santa Cruz se conduit comme une voiture… ou un multisegment si vous préférez, tellement en fait qu’on oublie qu’il y a une boîte derrière. Le nouveau Nissan Frontier mis à l’épreuve quelques jours plus tard, propose encore une conduite typique de camionnette sautillante lui.

Le mot de la fin
Il sera intéressant de voir quelle sera la réaction du public pour ce premier pickup Hyundai. La stratégie de s’en tenir à deux versions fortement équipées n’est pas vilaine, mais je ne peux m’empêcher de penser aux livrées abordables du Ford Maverick qui devraient attirer les foules. Les performances de ce dernier seront inférieures, à l’image du prix demandé finalement.

Pour ma part, cet essai sur le sec s’est avéré une agréable surprise, le Santa Cruz qui est très agréable à vivre au quotidien, au chapitre de la conduite, notamment, mais aussi pour le confort général. Pour plusieurs automobilistes, cette camionnette compacte pourrait bien être le véhicule idéal.

Hyundai Santa Cruz 2022, caisse
Photo : V.Aubé
Hyundai Santa Cruz 2022, caisse

On aime

Le design unique
La conduite d’une voiture sport
Les innovations dans la boîte

On aime moins

L’espace restreint à la deuxième rangée
La visibilité réduite à l’arrière
Pas de version abordable

La concurrence principale

Ford Maverick
Honda Ridgeline

Hyundai Santa Cruz 2022, hayon
Photo : V.Aubé
Hyundai Santa Cruz 2022, hayon