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IRL: Interview avec Bertrand Baguette, pilote Conquest Racing

IRL: Interview avec Bertrand Baguette, pilote Conquest Racing

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Le pilote belge Bertrand Baguette sera un pilote de l’écurie Conquest Racing de son compatriote Éric Bachelart dans la saison 2010 de la série IndyCar. Auto123.com a eu l’occasion de lui parler de ses nouveaux défis.

Auto123.com : Comment s’est présentée cette opportunité de rouler en IndyCar ?

Bertrand Baguette : Il se trouve que j’ai changé d’agent durant l’hiver, et fait appel à Rick Gorne, fortement impliqué en series IndyCar. Les négociations avec plusieurs équipes de Formule 1, Sauber, Campos (désormais HRT, NDLR) ou Force India n’ayant pu aboutir, nous avons alors envisagé sérieusement l’IndyCar. J’avais croisé Éric Bachelart, Belge comme moi, à diverses cérémonies de remise de prix dans notre pays, mais sans le connaître réellement. Lorsque nous lui avons parlé de notre projet, il a été immédiatement emballé.

Auto123.com : Quel fut votre premier contact avec la Dallara-Honda d’IndyCar, et quelles sont vos premières impressions sur cette voiture ?

Bertrand Baguette : J’ai effectué une soixantaine de tours mardi dernier sur le Barber Motorsport Park en Alabama, où je ferai mes débuts dans le championnat le 11 avril, ce fut mon tout premier contact avec la voiture. C’est une monoplace beaucoup plus lourde que ce que j’ai pu piloter auparavant, avec un poids avoisinant les 900kg. La puissance est correcte, le moteur Honda pousse pas mal. Elle sous vire beaucoup, ce qui est un peu déroutant au début, c’est assez intéressant à conduire. La différence notable par rapport aux monoplaces que j’ai piloté ces derniers temps, c’est l’embrayage au pied, alors que j’ai l’habitude de l’avoir au volant. Il faudra s’y réhabituer, notamment pour les pit stops !

Auto123.com : Comment appréhendez-vous les courses sur ovales, et comment allez-vous vous  y préparer ?

Bertrand Baguette : Un test est prévu sur le Kansas Speedway après la course de Long Beach. J’ai hâte de découvrir le pilotage sur ovales, que je ne connais absolument pas. D’après ce que les autres pilotes m’ont dit, c’est un peu déroutant la première fois, ensuite on s’habitue.

Auto123.com : Votre programme inclue également les 500 Milles d’Indianapolis. Pas trop anxieux de s’attaquer à une course si prestigieuse ?

Bertrand Baguette : Il est vrai que l’Indy 500 est un véritable mythe du sport automobile. Je vais déjà essayer de me qualifier, ensuite on verra… Pour l’instant il n’y a pas de pression ni d’appréhension particulière, mais je pense que je réaliserai réellement lorsque j’arriverai sur le Brickyard pour les premières séances d’essais !

Auto123.com : Vous avez assisté en spectateur à la course de St-Petersburg, deuxième manche du championnat. Quelles furent vos impressions ?

Bertrand Baguette : C’est la première course d’IndyCar à laquelle j’assistais, c’était chouette, une vraie découverte pour moi. Ce qui m’a marqué, c’est le nombre de drapeaux jaunes déployés sur une course comme celle-ci. Il peut se passer beaucoup de choses, et il peut y avoir des revirements de situations incroyables. Il suffit de voir ce qui est arrivé à Dario Franchitti, en tête-à-queue dans le premier tour et qui termine tout de même en 5e position au final. Inversement, ce n’est pas forcément le plus rapide qui s’impose, même si ce week-end Will Power méritait sa victoire. C’est un peu déroutant, mais ce sont de belles courses.

Auto123.com : Comment jugez-vous le sport auto américain par rapport à ce que vous avez connu en Europe ?

Bertrand Baguette : Il est clair que la mentalité est totalement différente ici. Les équipes et les pilotes sont proches du public, tout le monde travaille au vu de tous, sans se cacher derrière un rideau métallique ou une tente. C’est très appréciable.

Auto123.com : Considérez-vous cet engagement en IndyCar comme une parenthèse ou espérez-vous rester durablement aux États-Unis ?

Bertrand Baguette : Pour le moment, il est clair que la Formule 1 est toujours dans un coin de ma tête. Mais pour le moment je suis heureux d’être ici, j’ai hâte de découvrir l’IndyCar et de faire de mon mieux pour progresser dans cette discipline. Et qui sait, l’année qui vient pourrait me faire changer d’avis, et me donner envie de rester ?