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La pile à combustible

La pile à combustible

Le revers de la médaille Par ,

La pile à combustible
Le revers de la médaille

La pile à combustible sera-t-elle le miracle que certains annoncent ou ses impacts seront-ils aussi nocifs que ceux du moteur à explosion?

Une étude récente d'un groupe de scientifiques de la California Institute of Technology (Caltech) est venue jeter une douche froide sur l'engouement pour l'hydrogène comme carburant de remplacement. Ils affirment en effet que, si l'on implantait, à grande échelle, un réseau de distribution d'hydrogène pour alimenter un grand parc de véhicules, l'impact pour la couche d'ozone pourrait être dramatique. L'hydrogène étant extrêmement léger, il a tendance à monter rapidement vers la haute atmosphère. Sa présence accrue dans nos cieux aurait pour effet de modifier la température là-haut et de favoriser la disparition de la couche d'ozone qui nous protège des rayons UV cancérigènes émis par le soleil. Leur étude se base sur des chiffres théoriques pour estimer ce qui pourrait être la quantité d'hydrogène qui fuirait vers la haute atmosphère à partir des usines de transformation, du réseau de distribution et lors du chargement des réservoirs de véhicules.

Des problèmes à résoudre

Bien que leurs chiffres aient été qualifiés d'exagérés par l'Association internationale pour l'hydrogène, il n'en reste pas moins que tout n'est plus aussi rose du côté des partisans de l'hydrogène qui héritent maintenant du fardeau de la preuve. Eux qui doivent, en plus, surmonter les préjugés tenaces quant à la nature explosive de ce carburant et qui se butent à de sérieux défis sur le plan technique. Un des problèmes à résoudre est relié aux systèmes de stockage trop volumineux et n'offrant pas encore une autonomie intéressante. Un autre aspect problématique touche la production même de l'hydrogène qui se fait habituellement par électrolyse : à l'aide d'un courant électrique, on " démonte " des molécules d'eau pour extraire et capter l'hydrogène qu'elles contiennent. Il faut donc beaucoup d'électricité pour produire des quantités importantes d'hydrogène. Les pannes majeures de l'été dernier sont venues rappeler aux Américains que leur réseau est vétuste et qu'ils n'ont pas de capacité de production excédentaire à ce chapitre. On parle maintenant aux États-Unis de construire de nouveau réacteurs nucléaires, ce qui est loin de plaire aux écologistes, même si c'est apparemment pour permettre l'implantation d'un carburant plus "vert". Le comble de l'absurde serait, bien sûr, d'en arriver à brûler des millions de barils de pétrole (ou des millions de tonnes de charbon) dans des centrales thermiques pour pouvoir produire de l'hydrogène.