Un porte-parole de Bentley a émis le commentaire suivant: "Puisque l'usine [de Crewe] est en train d'atteindre sa pleine capacité, il serait théoriquement possible de produire certains des modèles quatre portes plus petits de Bentley, qui devraient arriver sur le marché vers le milieu de 2005, à Dresden."
Ce serait évidemment un choix logique sur le plan financier, un élément qui de nos jours semble avoir la priorité sur les questions d'image et d'identité d'une marque. En revanche, l'unique caractère anglais qui fait d'une Bentley une Bentley provient justement de tout cet héritage anglais. Il est possible que certains fidèles de la marque n'apprécient pas que la prochaine génération de la berline soit construite en dehors de la terre de Sa Majesté.
Afin d'en rassurer plusieurs, ce même porte-parole de Bentley a ajouté qu'un tel plan n'était qu'à un stade exploratoire et que, même si une décision était prise en ce sens, une partie importante des modèles serait toujours assemblée à Crewe afin de préserver l'image de la marque.
Tout de même, déménager une partie de la production à Dresden est une idée sage. L'usine destinée principalement à la fabrication de la berline Phaeton ne tourne pas à très haut régime étant donné les ventes bien en deçà des attentes de cette dernière. Volkswagen n'a vendu que neuf exemplaires au Canada au cours du mois de septembre, ce qui était par surcroît sa meilleure performance à ce jour. Aux États-Unis, le nombre est beaucoup plus élevé, soit 113, mais la Phaeton ne fait pas le poids aux côtés des 1183 unités de la BMW de Série 7 vendues pendant le même mois. Si on veut mettre tout ceci en perspective, disons que BMW a vendu plus de sa Série 7 en septembre que Volkswagen a vendu sa propre berline de luxe depuis le début de l'année, à savoir 1128 unités. Même si ses ventes annuelles sont en baisse de 2000 comparativement à pareille date l'an dernier, BMW a tout de même vendu 12 100 exemplaires de sa Série 7. Si Volkswagen n'a jamais cru possible de connaître des résultats aussi forts que le modèle porte-étendard de BMW, la compagnie visait quand même le double de ce qu'elle vend présentement, c'est-à-dire environ 3000 unités aux États-Unis en 2004. Avec trois mois à faire, nul doute que cet objectif est hors d'atteinte.
C'est donc l'usine de Dresden qui en subit les contre-coups, n'ayant rien d'autre à produire pour compenser, du moins pour le moment. Le potentiel de réussite plus grand de Bentley est sans doute ce que l'usine a besoin. Ses travailleurs sont habitués à manipuler de la qualité, portant des gants blancs pour protéger les panneaux et les composantes de la crème de la crème de Volkswagen. Au départ, l'usine a coûté au constructeur allemand quelques 186 millions $, une somme bien inférieure aux 350 à 500 millions $ dépensés pour développer la Phaeton.





