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Mémoires automobiles, tome 1

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Je me suis bien amusé à lire les propos de mon collègue Rob Rothwell qui se rappelait ses nombreuses voitures passées... jusqu'à ce que je constate que j'avais eu moi-même ma part de véhicules, dont certains valaient bien le détour. En fait, pour être tout à fait honnête, mes choix motorisés des dernières années ont de quoi faire douter n'importe qui de mes compétences en matière de journalisme automobile. Mais heureusement, je les assume sans peine, et ils sont tous, ou presque, justifiés et justifiables.

La première d'entre elles n'était pas vraiment à moi, elle appartenait à mon frère plus âgé, qui m'en laissait la jouissance occasionnelle. Rien de plus palpitant en effet, alors que l'on vient tout juste d'obtenir son permis de conduire, de se promener au volant d'une rutilante PlymouthValiant 1973 d'un magnifique jaune autobus.

La voiture n'était pas neuve, loin de là. Elle arborait même avec fierté une certaine dose de rouille, y compris un plancher littéralement troué de part en part par la corrosion. Je me rappelle notamment un autostoppeur tout de blanc vêtu qui avait pris place à l'arrière un jour de pluie... Inutile de dire qu'il doit lui aussi s'en souvenir.

Son petit moteur 6 cylindres de 85 chevaux traînait la lourde carlingue avec enthousiasme, et c'est finalement la rouille qui eu raison de lui.

Après un épisode d'emprunt de voitures à gauche et à droite, je me suis retrouvé en couple, et au volant d'une Ford Pinto 1979 blanche et totalement neuve. Cette voiture, dotée d'un immense hayon entièrement vitré (qui n'est pas sans ressembler à l'arrière de l'actuelle Volvo C30), en était presque à ses dernières étapes de production, ébranlée par le scandale des réservoirs à essence explosifs.

La petite voiture a tout de même eu le mérite d'amener mon jeune couple sur les routes de l'Estrie, souvent avec des passagers arrière, mais sans grand enthousiasme. Elle peinait à vide en ligne droite, et avait une transmission automatique aussi souple qu'un mur de brique. Malgré tout, son petit 4 cylindres était vaillant, et sa carrosserie résistante. Un soir de verglas, la voiture avait glissé doucement dans le fossé. Remise sur la route, on avait simplement redressé l'aile avant avec un pied de biche avant de reprendre la route sans encombre.

Mais comme tout jeune couple, le changement était à l'ordre du jour. Out la Pinto, in la très « sportive » Ford Exp, qui n'était rien de plus qu'une Escort au look ravivé, et pouvant accueillir seulement deux passagers.

À l'époque, son prix de vente excédait les 11 000 $ (on est tout de même en 1982), mais la silhouette unique, et la prometteuse appellation de voiture sport valait bien le risque. Elle n'aura finalement duré que le temps d'une rose. En moins d'un an de possession, elle a été l'objet de deux rappels pour remplacer certaines composantes du moteur, sans compter les nombreux bruits de caisse provenant des quatre coins du véhicule.

Il faut dire que la finition n'avait rien de spectaculaire, même si l'ensemble avait une allure distinctive. L'espace pour ce qui aurait normalement été une banquette arrière était plutôt un hayon à aire ouverte, avec un plancher surélevé recouvert de tapis. À cette époque, je devais me rendre aux États-Unis mensuellement pour des affaires de famille. Résultat: chaque mois, les douaniers tentaient désespérément de soulever le tapis et la fausse banquette destinée aux bagages, convaincus que l'on y dissimulait des marchandises de contrebande. Il fallait parfois plusieurs heures pour les persuader du contraire.

Cet achat, motivé par les recommandations insistantes de mon beau-père de l'époque, a toutefois été le dernier fait sur l'initiative de quelqu'un d'autre. Il m'aura coûté quelques milliers de dollars en perte, mais m'aura au moins rendu plus vigilant à l'achat de mes voitures... dont les aventures suivront dans un prochain billet.