Toronto, Ontario – La semaine dernière, lors de la journée d'ouverture du Salon international de l'auto du Canada (CIAS) 2026, l'Association des fabricants de pièces d'automobile (APMA) a présenté la dernière évolution du Project Arrow. Ce projet est le fer de lance de l'ambition du Canada de devenir un chef de file mondial du véhicule électrique, du développement à la production, en passant par la fabrication de pièces et de systèmes.
Le prototype original du Project Arrow, introduit l'an dernier, a servi de laboratoire roulant pour l'innovation canadienne. Cette année, le « Project Arrow 2.0 » se multiplie avec le dévoilement des concepts Arrow Vector et Arrow Borealis.

La fondation : l'évolution du Project Arrow
Pour comprendre ces nouveaux concepts, il faut reconnaître l'importance du Project Arrow original. Lancée comme un effort collaboratif impliquant plus de 50 fournisseurs canadiens et des institutions postsecondaires (dont l'Université Ontario Tech au premier plan), la plateforme Project Arrow a été conçue pour démontrer que le Canada peut construire un VÉ de A à Z sans dépendre de plateformes propriétaires étrangères.
Lors du salon 2026, l'APMA a confirmé que l'architecture de base du Projet Arrow a été raffinée. L'itération 2026 dispose de systèmes de gestion thermique de la batterie améliorés, conçus spécifiquement pour le climat canadien — des technologies qui se retrouvent désormais dans les deux nouveaux véhicules concepts.


L'Arrow Vector
L'élément le plus frappant de l'exposition est sans contredit l'Arrow Vector. Alors que l'Arrow original était un VUS intermédiaire, le Vector est un multisegment compact et très efficace. Grâce à son châssis léger composé d'aluminium et de polymère, il livre une puissance extraordinaire de 650 chevaux et une autonomie pouvant atteindre 550 km (la taille de la batterie n'a pas été divulguée pour le moment).
Visuellement, le Vector est aérodynamique et minimaliste, affichant une silhouette « monovolume » où le capot et le pare-brise forment une courbe continue unique pour minimiser la traînée. L'éclairage extérieur est intégré aux panneaux de carrosserie grâce à des polymères translucides développés au Canada, permettant à la voiture de communiquer avec les piétons par des jeux de lumière — une caractéristique cruciale pour l'avenir de la conduite urbaine autonome.
À l'intérieur, on retrouve des matériaux recyclés et biosourcés provenant de l'Ontario et du Québec, notamment des panneaux de porte à base de chanvre et des inserts de tableau de bord en fibre de lin. La suite technologique se concentre sur le système « Arrow OS », un logiciel maison qui intègre des capteurs biométriques dans les sièges pour surveiller la fatigue et le stress du conducteur.


L'Arrow Borealis
Alors que le premier objectif du Vector est de représenter « une plateforme d'innovation à court terme conçue pour démontrer des technologies canadiennes commercialement viables », comme le décrit l'organisation du Projet Arrow, l'Arrow Borealis se veut une plateforme de recherche et de design. Ce concept explore « l'avenir à long terme de la mobilité et de l'intégration des infrastructures au Canada ». Il est conçu comme un véhicule entièrement autonome (niveau 5), et les responsables du projet évoquent une autonomie phénoménale de 1500 km.
Bien plus que de simples études de style
Contrairement à de nombreux concepts présentés par les constructeurs automobiles qui servent principalement d'exercices stylistiques, les Arrow Vector et Borealis sont des plateformes « prêtes à l'achat » pour l'industrie canadienne des pièces.
Flavio Volpe, président de l'APMA, a souligné lors du dévoilement à Toronto que les véhicules sont destinés à servir de « menu » pour les constructeurs mondiaux. Des fabricants comme Volkswagen, Stellantis et Honda, qui ont tous récemment investi massivement dans la production canadienne de batteries de VÉ, peuvent examiner les logiciels et les groupes motopropulseurs adaptés au froid présents dans ces concepts et intégrer ces composants fabriqués au Canada dans leurs futurs modèles de production.
Sachez que le Vector et le Borealis devraient subir des tests en conditions réelles au centre d'essais Lakeridge plus tard cette année, dans le but de valider les systèmes autonomes et de résistance au froid pour une certification mondiale.
Impact économique et voie à suivre
La présence du Projet Arrow au CIAS 2026 arrive à un moment critique. Alors que les gouvernements fédéral et provinciaux ont engagé des milliards dans la chaîne d'approvisionnement des VÉ, ces concepts servent à justifier ces investissements. Ils montrent que le Canada a l'intention d'être plus qu'un simple assembleur de véhicules. L'objectif est d'être un producteur de premier plan de nouvelles technologies et de systèmes liés au secteur des véhicules électriques.
Selon certains analystes de l'industrie présents au salon, l'écosystème du Projet Arrow a déjà généré des centaines de millions en nouveaux contrats pour les fournisseurs canadiens participants.
Le mot de la fin
Nous ne savons pas exactement où ce projet mènera ultimement le Canada dans sa quête pour être une force proactive de l'industrie automobile électrique. Bien que les concepts Arrow Vector et Borealis soient clairement plus évolués en termes de design et de systèmes innovants spécifiques au froid, nous ne verrons peut-être jamais de concessionnaires « Arrow » dans nos paysages. Mais si leurs innovations et leurs systèmes développés au Canada se frayent un chemin dans les produits électriques des grands constructeurs, ce sera là un véritable succès.






