La question des tarifs a été de nouveau mise en veilleuse la semaine dernière en ce qui a trait au monde automobile. Tout sera revu au début du mois d’avril et même si leur imposition semble improbable, car elle tuerait l’industrie nord-américaine, il est impossible de prédire ce que va faire l’administration américaine.
À travers l’industrie, on envisage tous les scénarios possibles et l’on se prépare au pire. L’objectif de l’administration américaine est de forcer les constructeurs à déplacer leur production aux États-Unis, mais cela ne peut pas se faire du jour au lendemain, sans compter que tout n’est pas aussi simple que cela. Chez Ford, Stellantis et General Motors (GM), on se questionne.
Concernant ce qui pourrait se produire advenant une application des tarifs, le site Automotive News s’est penché sur la question pour nous offrir un portrait intéressant de différents acteurs du milieu.
Les fournisseurs
Selon ce que le site rapporte, un tiers des fournisseurs américains de pièces ont déclaré qu’ils déplaceraient leur production en dehors des États-Unis si les droits de douane de 25 % appliqués au Canada et au Mexique restaient en vigueur pendant six mois. Automotive News cite une enquête réalisée en février par MEMA Original Equipment Suppliers, une firme qui représente les fabricants américains de pièces automobiles.
Selon cette étude, plus de 80 % des fournisseurs américains interrogés ont déclaré que les droits de douane sur le Mexique auraient un impact négatif sur leurs activités. Plus des deux tiers ont indiqué la même chose concernant les droits de douane sur le Canada.
Plus inquiétant est le fait que près d’un quart des fournisseurs interrogés ont déclaré qu’ils réduiraient ou retarderaient leurs investissements si les droits de douane ne duraient qu’un mois. Si les droits de douane devaient durer six mois, près de la moitié des fournisseurs interrogés ont déclaré qu’ils supprimeraient des emplois aux États-Unis.
S’il est entendu que les constructeurs ne peuvent pas agir aussi rapidement que le souhaite l’administration Trump, on peut s’attendre à ce que certains y aillent de promesses à l’administration Trump pour éviter la levée de tarifs de 25 % le 2 avril prochain. On peut imaginer que des scénarios ont été mis sur la table où les trois grands constructeurs s’engagent à déplacer la production aux États-Unis, ou du moins à l’augmenter.

Les constructeurs
Le site Car & Driver a contacté les trois grands constructeurs américains et a partagé la réponse de ces derniers. Voici, en substance, ce que chacun a confié à la publication.
General Motors :
« Avec plus d’usines d’assemblage de véhicules aux États-Unis que tout autre constructeur automobile, GM a investi plus de 60 milliards de dollars depuis l’entrée en vigueur de l’USMCA, et nous continuons à investir des milliards chaque année dans notre base de fabrication, notre chaîne d’approvisionnement et nos emplois aux États-Unis. Nous nous engageons à poursuivre notre croissance et à fournir des véhicules gagnants aux consommateurs américains ».
Ford :
« Depuis la signature de l’USMCA, Ford a investi des milliards aux États-Unis et s’est engagé à investir des milliards supplémentaires à l’avenir pour investir dans les travailleurs américains et s’assurer que tous nos véhicules sont conformes à l’USMCA. Nous continuerons à avoir un dialogue sain et franc avec l’administration afin de contribuer à un avenir radieux pour notre industrie et l’industrie manufacturière américaine. »
Stellantis :
« Nous avons annoncé des investissements majeurs pour développer nos activités en Amérique. Depuis l’entrée en vigueur de l’USMCA au cours de son premier mandat (celui de Trump), nous avons investi des milliards dans nos activités et nos fournisseurs américains. Nous partageons l’objectif du président de construire davantage de voitures américaines et de créer des emplois américains durables. Nous nous réjouissons de travailler avec lui et son équipe ».
Évidemment, nous allons suivre ce dossier de près.






