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Témoin privilégié du titre de Bruno Spengler en DTM!

Témoin privilégié du titre de Bruno Spengler en DTM!

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La semaine dernière, j'écrivais que le Québécois Bruno Spengler allait peut-être devenir le premier non-Européen à être sacré champion du fameux et spectaculaire DTM. Il y est parvenu. Et de quelle façon!

Spengler, second au classement, accusait un retard de trois points sur Gary Paffett de Mercedes avec une seule course à disputer. Pour récolter le titre, le Québécois devait terminer devant Paffett. Il l'a d'abord doublé au départ, puis l'a maintenu derrière lui durant toute la durée de la course, sans commettre une seule petite erreur.

Son ingénieur, Valentino Conti, avait concocté une stratégie de course un peu osée, mais qui l'assurait de la victoire à condition de ne pas craquer. Son second changement de pneus, effectué en un temps record de 2,9 secondes, a été un des tournants de la course.

Par contre, il est quand même étonnant, et même un peu désolant de constater que malgré l'importance de l'enjeu, nous n'étions que deux représentants des médias canadiens sur place à Hockenheim : Louis Butcher du Journal de Montréal et moi. Il n'y avait personne d'autre de notre pays...

C'est dommage, car c'était la première fois depuis Jacques Villeneuve en Formule 1 en 1997 qu'un pilote de chez nous jouait un titre mondial en course automobile. Ah, c'est vrai, c'était du DTM et pas de la F1... Donc qualifié de mineure par la majorité des directeurs de pages sportives.

Pourtant, pour une course de série « mineure » le circuit de Hockenheim a quand même accueilli 128 000 spectateurs en trois jours!

Je suis attentivement la carrière de Bruno Spengler depuis 1999 alors qu'il courait en karting. Nous sommes, à dire vrai, de bons amis et j'ai eu le privilège de passer la soirée de dimanche, après sa victoire et son titre, en sa compagnie.

Des amis du Québec, des copains et des membres de sa famille habitant en France avaient effectué le déplacement au Hockenheimring.

Tous ont été émus de voir Bruno se tenir droit sur le podium et fermant les yeux à l'écoute de l'hymne national. Ses parents, Corinne et Alexis, étaient évidemment fiers de leur fils. Oubliés les longs week-ends passés à travailler sur son kart, son accident de Formule 3 dans lequel il s'est fracturé des vertèbres, les terribles angoisses à trouver des commanditaires, les amères déceptions d'avoir échappé le titre à plusieurs reprises auparavant pour des raisons pas très claires. Tout cela fait désormais partie du passé.

Après les interviews officielles, Bruno a couru au garage de son coéquipier, Martin Tomczyk, champion 2011, afin de retirer de sa voiture la plaque portant le fameux No. 1 du champion.

Puis, il a passé du temps en compagnie des invités de BMW, signant des dizaines d’autographes et posant pour des photos. Son premier contact avec ses parents fut particulièrement émouvant.

La fête s'est ensuite poursuivie dans le motorhome qu'il avait ce week-end. Son iPhone n'arrêtait pas de sonner, mais il n'a jamais regardé qui l'appelait! La musique sonnait à fond et les verres étaient constamment remplis.

Le groupe s'est ensuite rendu à la fête de BMW. Il y a reçu un accueil triomphal, très sincère. Puisqu'il parle couramment l'allemand, il a remercié tout le monde, incluant ses mécanos de Schnitzer Motorsport, qui portaient tous à cette occasion le costume traditionnel bavarois!

Le tout s'est terminé avec le grand banquet du DTM auquel assistent les pilotes, organisateurs, officiels, invités et membres des équipes. Peu après minuit, j'ai toutefois dû quitter le party! Mais la victoire d'un Québécois valait bien quelques excès...

Bravo à ce sympathique pilote de chez nous, malheureusement encore fort méconnu ici, mais qui fait maintenant partie des grandes vedettes du sport automobile international!

Bruno Spengler
Bruno Spengler en compagnie de ses parents. (Photo: René Fagnan)