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Tourisme automobile : La Croatie en C-HR ma chère !

Le Toyota C-HR PHEV 2026 | Photo : M.Crépault
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Michel Crépault
Le compact multisegment C-HR de Toyota est de retour chez nous après une absence de quatre ans, mais totalement transformé.

Notre correspondant intrépide d’Auto123 a fait le tour de la Croatie en Toyota C-HR, en version hybride rechargeable. Voici le premier volet de son essai.

Je suis allé me balader en Croatie au volant d’un Toyota C-HR. À défaut de vous en boucher un coin, ça devrait vous intéresser pour au moins deux raisons : un, le compact multisegment C-HR est de retour chez nous après une absence de quatre ans ; deux, la Croatie est le pays le plus visité parmi ceux qui ont remplacé la défunte Yougoslavie.

Tiens, le mot est lâché : défunte. Avant de mixer char et tourisme, il faut se familiariser ne serait-ce qu’un brin avec le contexte géographique et historique de la Croatie.x

À Zagreb
À Zagreb | Photo : M.Crépault

Une courte histoire
Au début du siècle dernier, la République fédérative socialiste de Yougoslavie était le plus grand État des Balkans (du nom des montagnes qui traversent la Bulgarie), une terre généreusement arrosée par les fleuves Danube, Save et Soca au nord, la mer Adriatique à l’ouest, la mer Noire à l’est et les mers Égée et Méditerranée au sud. 

Dans cette péninsule cohabitent trois importantes religions (le catholicisme, le christianisme orthodoxe et l’islam sunnite) et bouillonnent plusieurs velléités nationalistes. Au fil du temps, la région a servi de poudrière.

En 1914, l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand et de sa femme déclenche la Première Guerre mondiale. En 1991, au tour de la Yougoslavie d’imploser.

Quand elle était dirigée par Josip Broz, alias le maréchal Tito, elle comptait six républiques : Croatie, Slovénie, Serbie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro et Macédoine, ainsi que deux provinces autonomes au sein de la Serbie (Kosovo et Voïvodine). Tito est mort en 1980 et, du coup, le couvercle, que le dictateur maintenait sur les tensions nationales, ethniques et religieuses, a sauté.

A suivi une guerre civile de 10 ans (1991-2001), au terme de laquelle les républiques sont devenues des pays, la Macédoine a ajouté « du Nord » à son nom pour se distinguer de la Macédoine antique d’Alexandre le Grand, tandis que le Kosovo proclamait son indépendance (que la Serbie lui refuse toujours).

Les frontières ont à peine bougé mais 133 000 personnes sont mortes : 20 000 en Croatie, 13 000 au Kosovo et 100 000 en Bosnie-Herzégovine à cause du nettoyage ethnique du Serbe Slobodan Milošević et du siège de quatre ans de Sarajevo. Là où, en 1984, une cinquantaine de nations avaient pacifiquement célébré les XIVe Jeux olympiques d’hiver.

| Photo : M.Crépault

La résurrection
Ces récits tragiques se bousculaient dans ma tête pendant que je préparais mon périple de 2000 km en 14 jours. Une distance insignifiante quand on considère les 256 000 km carrés (l’équivalent de la Nouvelle-Zélande) qu’occupent les pays de l’ex-Yougoslavie.

Or, avant mon départ, j’ai rencontré un nombre effarant de gens qui revenaient de la Croatie, ou qui planifiaient d’y aller, ou qui connaissaient quelqu’un qui la découvrait à l’instant même.

Les idylliques bords de mer, les sites classés par l’UNESCO et les lieux de tournage charismatiques, comme celui de Game of Thrones, les raisons d’y séjourner semblaient nombreuses et désirables, 

Grâce à l’antenne autrichienne de Toyota et à la concession Toyota/Lexus Keusch de Vienne, j’allais pouvoir vérifier ces raisons au volant d’un C-HR GR PHEV blanc perlé. GR comme dans Gazoo Racing, la division sportive du constructeur, et PHEV comme dans Plug-in Hybrid Electric Vehicle.

| Photo : M.Crépault

Ce véhicule hybride rechargeable arbore un design dynamique, galbé et acéré, à des années-lumière du beigisme qui a affligé la marque pendant des décennies.

Le 4-cylindres 2,0 litres et le moteur électrique de la traction avant à transmission e-CVT développent ensemble une puissance de 223 chevaux et assurent une autonomie toute électrique d’une soixantaine de kilomètres. Mais ne cherchez pas cette version PHEV chez nous.

Depuis mars dernier, Toyota Canada préfère importer le modèle entièrement électrique, à traction (SE) et à rouage intégral (XSE AWD et XSE Premium AWD). Parce que nous affichons un goût de plus en plus prononcé pour les VÉ, surtout quand ils sont appuyés par des programmes de subventions gouvernementaux. Parce que l’offre PHEV de Toyota à domicile est déjà costaude grâce aux RAV4 et Prius, inutile de risquer la cannibalisation. Enfin parce que le C-HR 100% électrique n’est que le troisième VÉ du constructeur sur le marché canadien, après le bZ et le bZ Woodland.

Toyota veut enrichir sa gamme selon une stratégie multi-technologies : accroître les motorisations distinctes (de l’essence à l’hydrogène) et nuancer l’électrification, de légère (hybride) à intense (VÉ) en passant par moyenne (plug-in), afin de répondre aux préférences et aux budgets des consommateurs.

D’ailleurs, après mon voyage, les Européens ont également reçu un modèle tout électrique semblable au nôtre mais baptisé là-bas C-HR+.

| Photo : M.Crépault

La déception
Avant d’aboutir en Croatie via la Slovénie, ma blonde et moi tenions à bifurquer vers l’ouest pour rejoindre le village de Fusch, la porte d’entrée de l’une des plus célèbres routes panoramiques du monde : la Grossglockner Hochalpenstrasse.

Promesse de virages alpins sur 48 km et succession de « oh ! » et de « ah ! » face aux vues époustouflantes du Grossglockner, le plus haut mont d’Autriche (3798 mètres), et de son glacier Pasterzen. Nous étions excités comme des enfants la veille de Noël. Notre C-HR GR allait s’en donner à cœur joie.

Juste au début de la célèbre route, il y a un chalet où l’on règle le droit de passage de 37 euros. Dans ce chalet, un téléviseur relaie 24/7 des images du temps qu’il fait au sommet. Il faisait beau et chaud à la base mais c’était le blizzard là-haut !

Si les roues de 20 po du C-HR GR avaient été équipées de chaînes, la préposée à l’accueil nous aurait laissé passer. Sinon, hors de question. « Trop risqué », a-t-elle dit.

« Et si je conduisais le nouveau C-HR totalement électrique à traction intégrale électronique, aurai-je votre bénédiction ? » 

Elle a souri sans fléchir : « Aujourd’hui, il faut absolument des chaînes. »

Il a fallu se rendre à l’évidence : nous n’allions pas slalomer le Grossglockner (sinon beaucoup trop). Ce qui a créé un nouveau problème étant donné que notre prochain AirBnb nous attendait à Heiligenblut, à l’embouchure sud du passage alpin. Puisqu’il n’était plus possible d’y accéder en cavalant sur la montagne, il fallait contourner ladite montagne. Un détour de 150 km. Qui a lentement mais sûrement réussi à exorciser notre frustration grâce aux décors de carte postale de la vallée de la Salzach parsemée de prairies lumineuses, de pics enneigés et de typiques villages autrichiens. Ce doux parcours sert aussi d’écrin à la forteresse médiévale de Mittersill et à l’impressionnant tunnel du Felbertauern.

Ses ténébreux 5,3 km, un défi d’ingénierie qui a triomphé du massif rocheux en 1967, ont incité le C-HR à activer le mode nocturne de l’affichage de la navigation à l’écran central de 12,3 po (14 po sur le VÉ), tandis que ma blonde s’amusait avec les 64 couleurs de l’éclairage d’ambiance. Bref, une traversée irréelle dans un monde parallèle.

| Photo : M.Crépault

L’exception
De là, pour gagner la Croatie, il faut rouler une centaine de kilomètres chez sa voisine, la Slovénie. On dit de cette dernière qu’elle est « chanceuse » parce que la guerre de 10 ans ne l’a affecté que 10 jours, après quoi (et au prix d’une soixantaine de morts) elle a gagné son indépendance. On dit aussi qu’elle a « transformé l’héritage yougoslave en succès européen », la Slovénie intégrant l’Union européenne en 2004 et son PIB par habitant d’environ 30 000 euros en 2025 la gratifiant d’un niveau de vie comparable à celui de l’Autriche.

Dans sa guérite du poste frontalier, daignant à peine s’intéresser à nos passeports, un garde moustachu ne dit mot mais pointe son menton vers son pays neuf. Ok d’abord. Et bien le bonjour à madame !

Procurons-nous maintenant une vignette pour utiliser le réseau routier (Google m’avait prévenu, pas le douanier muet). On la déniche à la première station-service : 16 euros pour un permis de 7 jours.

À la fin du voyage, nous aurons à traverser une autre lisière slovène pour ramener le C-HR à Vienne. Seulement 42 km cette fois. Je tente ma chance sans vignette (la première est expirée) ou je sors la Visa ? J’ai payé. Comme on ne peut pas s’en procurer une pour 24 heures mais seulement pour un minimum de sept jours, je comprends mieux pourquoi le PIB des Slovènes prospère.

Notre C-HR PHEV, à Ljubljana
Notre C-HR PHEV, à Ljubljana | Photo : M.Crépault

Liberté d’expression
Tant qu’à être en Slovénie, arrêtons-nous à Ljubljana, l’une des plus petites capitales européennes. En passant, vous le savez peut-être mais dans plusieurs villes d’Europe, le stationnement vire vite au cauchemar. Dès notre première nuit viennoise, je ne vous raconte pas la patience et les jurons avant de garer l’auto. Ce ne sont pourtant pas les 4,36 mètres du C-HR GR PHEV qui causent problème (une longueur équivalente à celle du Hyundai Kona). Le C-HR électrique accuse 17 cm de plus mais la cabine du PHEV européen ne manque pas d’espace intérieur pour autant. J’en aurai la preuve formelle dans quelques jours lorsque ma soeur et son mari nous rejoindront.

À Ljubljana, même combat pour le stationnement. Une fois le C-HR en sécurité dans le parking payant de la gare ferroviaire, nous partons à pied explorer le centre économique et culturel de la Slovénie.

Seulement 293 000 habitants, dont quelque 50 000 étudiants universitaires qui, selon les agents de voyage, donnent un « charme juvénile » à Ljubljana. Peut-être. Mais quand on déambule dans les rues piétonnes, ces étudiants zigzaguent à toute vitesse sur leurs vélos et trottinettes électriques comme des kamikazes fous.

Et partout des graffitis ! J’ai profité du fait que son troupeau de touristes japonais mitraillait les murs roses d’une église franciscaine pour demander au guide ce qui justifiait cette épidémie de barbouillage ?

« J’aimerais avoir une réponse », a-t-elle dit d’un air résigné. 

« Des jeunes avec un message politique ? », ai-je suggéré.

« C’est possible. Le désoeuvrement aussi. Faut que jeunesse se passe. »

J’ai lu plus tard la citation d’un graffiteur : « Le centre-ville de Ljubljana est trop propre. Il faut le salir pour qu’il ait l’air vivant. »

Les autorités laissent faire. Je soupçonne qu’elles éprouvent une certaine fierté à savoir que leur ville est considérée comme l’épicentre de la culture underground européenne. Les galeries d’art pullulent à Ljubljana, les graffitis aussi. Cette tolérance, cette liberté d’expression doit répandre un baume social souhaitable après les atrocités de la guerre.

À Ljubljana, en Slovénie
À Ljubljana, en Slovénie | Photo : M.Crépault

Sur son perchoir, le château local pratique une touchante promiscuité avec le cœur historique de la ville. Pour le visiter, au choix, sentier escarpé ou funiculaire. Nous préférons le Triple Pont de l’architecte Jože Plečnik, trois charmants ponts courts qui enjambent la rivière Ljubljanica en se frôlant. Ensuite, flânerie enchanteresse au crépuscule le long des berges jalonnées de terrasses et de cafés. 

À suivre…

Intérieur du C-HR hybride rechargeable européen
Intérieur du C-HR hybride rechargeable européen | Photo : M.Crépault
Intérieur du C-HR électrique canadien
Intérieur du C-HR électrique canadien | Photo : M.Crépault
| Photo : M.Crépault
Michel Crépault
Michel Crépault
Expert automobile
  • Plus de 45 ans d'expérience en tant que journaliste automobile
  • Plus de 12 essais réalisés au cours de la dernière année
  • Participation à plus de 190 lancements de nouveaux véhicules en carrière en présence des spécialistes techniques de la marque