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Une auto verte pour bien paraître, SVP!

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Cette année encore, les vedettes des salons de l’auto à travers la planète seront les véhicules « verts ». Ceux dont on dit qu’ils ne polluent pas à cause de la fée Électricité.

Magique. Propre. Hmmm...

Ne devrait-on pas plutôt dire qu’il s’agit de véhicules qui n’émettent pas de particules polluantes au bout d’un tuyau d’échappement, mais plutôt au bout d’une cheminée. Celle de l’usine qui, dans la plupart des régions du monde, produit l’électricité qui les entraîne avec des génératrices alimentées, soit au mazout, soit au charbon, soit autrement. Et l’on ne parle pas ici de l’électricité produite par l’énergie nucléaire...

C’est sans doute pour cela que les citoyens qui aspirent à remplacer leur auto « qui pollue » par une auto qui ne « pollue pas » ont bonne conscience. Avec une auto électrique, ils ne voient rien et ne sentent rien qui sorte d’un tuyau d’échappement. Alors, la voiture électrique devient la solution à tous les maux.

Ils ne réalisent pas, cependant, que ce type de propulseur ne fait que déplacer la source de pollution ailleurs.

De toute façon, ce qui importe pour ces citoyens bien pensants, ce n’est pas la teneur d’un geste environnemental. Bêtement, c’est l’argent qu’ils espèrent économiser.

Lorsqu’on marche dans les corridors des grands salons en compagnie des dirigeants et des ingénieurs de ces entreprises qui fabriquent la Leaf, l’i-MiEV, la Volt et les autres voitures vertes, et qu’on leur parle à micro fermé, ils admettent volontiers que ces véhicules ne se vendront pas par millions demain matin. Au mieux, ce seront 1 ou 2 pour cent des acheteurs qui les achèteront, et ce pour les 10 prochaines années.

Parmi ces acheteurs, plusieurs seront des chefs d’opinion et des consommateurs précurseurs. Vous savez, ces voisins (certains disent « gonflables ») qui sont systématiquement les premiers à posséder tous ces biens de consommation à la mode.

Il y aura aussi des consommateurs « réfléchis ». Ces gens qui vont simplement remplacer une des deux ou trois autos de leur maisonnée – celle qui ne sert généralement qu’à de courtes balades dans les environs – par une auto électrique. Car pour eux, ce sera une décision logique, voire stratégique, basée sur l’espérance de réaliser des économies – monétaires, cela va de soi.

Et puis, il y aura aussi quelques consommateurs convaincus : ces missionnaires ou visionnaires du « vert » (c’est selon), qui ont un esprit social et environnemental plus développé que la moyenne. Après tout, même parmi ces gens, on en trouve qui ne peuvent se contenter d’un humble vélo, des transports en commun ou des services d’une coopérative d’autos partagées.

Et les autres automobilistes? Pour vous et moi, l’auto verte restera une sorte de point de mire; la voiture de rêve du nouveau millénaire; mais aussi, une voiture trop chère pour se l’offrir.

Nous roulerons pendant encore bien des années au volant d’autos dotées de moteurs à gazoline ou au diesel, ou par des groupes motopropulseurs hybrides de différentes sortes. Au fil des ans, ces voitures profiteront de nouveautés permettant de réduire leur consommation, comme le système « Stop-Start », la suralimentation intelligente, des pneus à faible résistance au roulement, des matériaux légers servant à la fabrication de la structure et des composants du véhicule, etc.

La combinaison de ces nouvelles technologies prolongera la relative efficacité du moteur à combustion interne. Et, depuis le poste de conduite de nos autos, qui produiront des rejets polluants au bout de leurs échappements, on regardera passer ces autos électriques que certains prétendront avoir acheté pour sauver la planète...