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DODGE VIPER 2000

DODGE VIPER 2000

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À FAIRE PEUR

La Viper est une voiture à part, aussi bien en raison de ses formes très agressives que par sa mécanique. Initialement réalisée en tant que prototype pour le Salon de l'auto de Detroit, ce roadster avait été accueilli avec tellement d'enthousiasme que la compagnie a décidé d'entamer sa production. Plusieurs étaient persuadés que ce projet n'allait pas faire long feu. Non seulement la conception technique de la Viper était inusitée pour une voiture américaine, mais son comportement routier était tellement violent qu'on croyait que les gens allaient s'en lasser.

Pourtant, un peu moins de 10 ans plus tard, cette Dodge pure et dure est toujours parmi nous. Mieux encore, elle continue d'évoluer. C'est d'ailleurs pourquoi ce modèle demeure toujours en production: les versions se sont succédé au fil des années pendant que la qualité générale de la voiture s'améliorait constamment.

La Viper est toujours élaborée à partir d'un châssis tubulaire recouvert de panneaux en matière composite afin d'obtenir une structure à la fois légère et rigide. De plus, cette solution technique facilite la fabrication en petite série. Soulignons au passage que cette 2 places a été développée avec un investissement minimum compte tenu des performances et de l'impact de cette voiture. Puisque les coûts ont été modestes, il est plus facile pour la direction de poursuivre sa fabrication. Et on a eu la clairvoyance chez Dodge de faire participer la Viper à des courses de prestige où elle a bien figuré. Cette puissante américaine a d'ailleurs remporté la classe GT II à l'épreuve des 24 Heures du Mans en 1999 en plus d'avoir connu du succès dans d'autres courses internationales. Elle possède dorénavant un pedigree en course, ce qui est généralement l'apanage des grandes marques européennes.

Un propriétaire de Viper peut maintenant se vanter de posséder une voiture qui a fait ses preuves en piste au plus haut niveau. Ce n'est pas le fruit du hasard si la division Dodge a lancé à la fin de 1999 la version ACR Coupe encore plus puissante et dotée d'accessoires de performances, comme si le modèle régulier n'était pas assez sportif. La Viper ACR est propulsée par une version de 460 chevaux et 500 lb-pi de couple du moteur V10 de 8,0 litres. C'est-à-dire 10 chevaux et 10 lb-pi de plus que le moteur de la version "régulière", si on peut utiliser ce terme pour une telle voiture. Ce coupé roule sur des roues BBS de 18 pouces; sa suspension est pourvue d'amortisseurs Koni de course et de ressorts Meritor. En plus, un filtre à air K+N assure une alimentation plus généreuse en air au moteur. Puisque cette version est vendue en tant que voiture de piste, les ceintures de sécurité sont de type course à 5 points d'attache. Comme si cela n'était pas suffisant, on a pris soin d'appliquer des décalques et des écussons d'identification sur la carrosserie, de peur sans doute que les gens ne remarquent pas la voiture...

LA QUALITÉ S'AMÉLIORE

Les premiers exemplaires de la Viper montraient une qualité de finition assez sommaire. Heureusement, les nouveaux modèles sont nettement plus raffinés à ce chapitre. La première Viper, fabriquée uniquement en version cabriolet, était pourvue d'un toit souple des plus rudimentaires. Ce toit amovible est plus civilisé de nos jours, même si le résultat ressemble toujours à du bricolage d'amateur. Et il faut ajouter que le toit donne à la voiture une allure pour le moins curieuse. Il faut de plus se livrer à toutes sortes de contorsions pour prendre place à bord puisque ce toit est très bas. Le coupé est la version de choix. Plus élégant, plus confortable, il atteint une vitesse de pointe plus élevée en raison de ses meilleures qualités aérodynamiques.

ATTENTION, ON CONSOMME!

La conduite d'une Viper se révèle une expérience unique. À part le pédalier réglable, l'habitacle ne fait pratiquement aucune concession au confort. Il faut se glisser dans les sièges. Une fois qu'on y est, ceux-ci offrent un bon support latéral et un bien-être plutôt modeste. Avis aux claustrophobes, la cabine est étroite et on s'y sent comme dans un cocon. Même assis sans rouler, on se croit presque à la ligne de départ des 24 Heures du Mans.

Une fois le moteur V10 lancé, on est quelque peu déçu par sa sonorité. C'était encore pire au tout début alors que cette grosse cylindrée se contentait de quelques chuintements faiblards. Le son est devenu plus rond et plus guttural maintenant, mais on s'attendrait à mieux. En revanche, les performances s'avèrent à la hauteur des attentes. Les accélérations initiales sont brutales et la vélocité augmente très rapidement jusqu'à ce que la raison nous incite à lever le pied. Il suffit d'ailleurs de jeter un coup d'oeil à l'indicateur de vitesse pour réaliser que cette Dodge peut rouler très rapidement. Elle consomme également à un rythme effréné. C'est la première voiture que je conduis dans laquelle il est possible de voir l'aiguille du réservoir d'essence descendre au fil des kilomètres. Cette sportive pure et dure ne compte pas sur des aides électroniques au pilotage pour la garder dans le droit chemin. Sa tenue de route est bonne même si un survirage se manifeste en sortie de virage. Et gare au freinage! Il est très facile de bloquer les roues avant en raison de l'absence de freins ABS.

La Dodge Viper est une sportive dans le vrai sens du terme qui ne fait aucun compromis et qui demande une main experte au volant pour pouvoir en tirer tout le potentiel. Ceux qui voudront tester sa limite extrême devront rouler à des vitesses frôlant les 300 km/h, comme nous l'avons fait il y a 2 ans sur la piste de Blainville.

Feux verts

Feux rouges

  • Performances époustouflantes
  • Version ACR
  • Moteur V10 unique
  • Bon support des sièges
  • Finition améliorée
  • Confort minimal
  • Silhouette du cabriolet controversée
  • Toit souple toujours primitif
  • Absence de freins ABS
  • Voiture estivale seulement
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