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Essai du Jeep Grand Cherokee Trackhawk 2018 : Place à la vitesse

La guerre est terminée depuis longtemps, et pourtant, l’escalade à la puissance dans le monde automobile n’a jamais été aussi forte. Depuis plus d’une décennie, les producteurs de VUS s’amusent à gonfler les capacités de leurs utilitaires respectifs pour répondre à une demande qui n’a jamais été officiellement formulée par le public. En 2018, les « hots rods » hauts sur pattes sont presque communs sur nos routes.

Il faut l’avouer, cette guerre des VUS de performance a surtout eu lieu en territoire allemand avec les Classe M (devenu GLE), Porsche Cayenne et BMW X5 de ce monde, mais du côté américain, un joueur un peu plus accessible tient le fort depuis le milieu des années 2000 : le Jeep Grand Cherokee SRT. Si, au tout début, le plus bestial des VUS américains réussissait à tenir tête aux ténors germaniques, ce n’était plus tellement le cas depuis quelques campagnes, au niveau de la puissance de la mécanique du moins.

C’est probablement ce qui a poussé les ingénieurs de FCA à cette ultime offensive l’an dernier lors du dévoilement du Jeep Grand Cherokee Trackhawk, un utilitaire dont la mission est de rouler à une cadence impossible… et probablement de semer la terreur partout où il circule!

J’ai pu mettre la main sur un Trackhawk dernièrement, alors que le mercure flirtait dangereusement avec le point de congélation, et ce, avec les pneumatiques de performance Pirelli installées aux quatre coins du Jeep. Inutile de vous dire que cet essai a dû être réalisé avec un minimum de précautions.

Photo : V.Aubé

Mais qu’est-ce qu’un Trackhawk?
Au premier coup d’œil, le Trackhawk ne se détache pas de ses origines. Les jantes noires mates, les pneumatiques de performance Pirelli, les freins à disques surdimensionnés, le système d’échappement à quatre tuyaux, le capot ventilé et cet écusson « Supercharged » ont beau rendre l’apparence du Grand Cherokee plus lugubre, il n’en demeure pas moins que cette version surpuissante prend naissance à partir du même VUS qui se vend sous la barre des 45 000 $ avant les promotions du constructeur.

Le Trackhawk, lui, commande plutôt un montant de 110 845 $, une belle inflation pour boulonner une quincaillerie qui était déjà au catalogue du groupe. Notez d’ailleurs que l’exemplaire prêté pour cet essai automnal affichait un prix final de 129 225 $ avant les frais de livraison, une très belle somme pour un Jeep, vous en conviendrez!

Mais, c’est le prix à payer pour se retrouver au volant du VUS le plus puissant de la planète. Avec son V8 suralimenté d’une puissance de 707 chevaux et 645 lb-pi de couple, sa boîte de vitesses automatique à huit rapports et le rouage intégral, le Grand Cherokee Trackhawk est un véhicule unique en son genre.

Photo : V.Aubé

Il serait légitime de penser que le Trackhawk n’est qu’une version plus puissante du Grand Cherokee SRT. Or, le modèle le plus onéreux a droit à quelques exclusivités comme la programmation de la boîte automatique qui, aux dires de ses concepteurs, est plus rapide et plus efficace dans ses changements de rapport.

Le système quatre roues motrices Quadra-Trac vient d’office avec un différentiel à glissement limité électronique et un boîtier de transfert actif à une vitesse, ce dernier ayant été renforci pour l’occasion. L’arbre de transmission est lui aussi plus robuste pour supporter le couple supplémentaire, tout comme l’essieu arrière, conçu pour résister aux nombreux départs arrêtés sur une piste d’accélération avec le système de « contrôle de lancement ».

Le système Selec-Track, quant à lui, s’occupe d’ajuster les paramètres du Trackhawk selon le mode – il y en a cinq : Auto, Sport, Track, Tow et Snow – choisi par le conducteur à l’aide de cette molette logée entre les occupants des places avant.

Photo : V.Aubé

Au volant d’une bête
Au fil des années, j’ai pu essayer différents VUS de performance et même à quelques reprises le modèle concocté par les sorciers de la division SRT, celui qui vient avec le V8 atmosphérique de 6,4-litres. Déjà, cette version est un muscle car déguisé en VUS, alors vous vous imaginez ce qui arrive quand on insère une mécanique coiffée d’un compresseur volumétrique qui hurle à chaque fois que le pied droit se montre insistant.

Ça donne des accélérations fulgurantes au possible. La mécanique ronronne à peine à bas régime, mais une fois lancée, celle-ci chante haut et fort sa rage comme seul un V8 HEMI sait le faire. Comme c’est le cas avec bon nombre de véhicules de performance de nos jours, les changements de rapports de la boîte automatique s’accompagnent de petites détonations qui rappellent qu’on est assis à bord d’une voiture sport alourdie par sa carcasse de camion.

La direction est lourde, la suspension est raide lorsque les modes Sport ou Track sont engagés. En fait, tout devient plus brutal lorsque le mode Track est enclenché, même que durant cet essai d’une semaine, j’ai pu constater que lorsque le système antipatinage est débranché, il est possible de décrocher l’essieu arrière surtout avec des pneumatiques qui ne sont pas encore réchauffées.

Photo : V.Aubé

130 000 $ pour un Jeep… vraiment?
C’est là où le bât blesse : le prix demandé! Oui, l’inflation démesurée du Trackhawk est due à ce qui se trouve sous le capot et à toute l’ingénierie pour transformer ce VUS en un cousin éloigné de la Challenger Hellcat, mais à l’ouverture des portes, on se retrouve à bord d’un véhicule utilitaire qui commence à prendre de l’âge. Loin de moi l’idée de critiquer le niveau de finition du Grand Cherokee, même que pour un véhicule lancé en 2011, le porte-étendard a très bien vieilli. Sauf que les habitués auront reconnu les boutons FCA qui tapissent la planche de bord, les buses de ventilation et certains plastiques de qualité moyenne ici et là.

Cette livrée était équipée de l’ensemble optionnel Cuir Signature (d’une valeur de 6 995 $) qui ajoute plusieurs mètres de cuir Laguna à l’intérieur. Le résultat de ce cuir rouge mélangé avec la fibre de carbone et les plastiques noirs est d’ailleurs franchement réussi, mais il manque ce niveau de finition qui justifie le prix encore plus salé exigé par les constructeurs allemands et leurs VUS de performance. Un Porsche Cayenne Turbo commande près de 140 000 $ à l’achat après tout.

Photo : V.Aubé

Le mot de la fin
Le Jeep Grand Cherokee Trackhawk 2018 est un modèle historique, parce qu’il n’y aura probablement plus jamais de véhicule utilitaire équipé d’une telle cavalerie dans l’histoire automobile. Malheureusement, ça ne justifie pas le supplément exigé, et ce, malgré le statut de futur véhicule de collection de ce dernier. Franchement, ces quelques jours m’ont convaincu que le Grand Cherokee SRT est amplement suffisant pour s’amuser au volant d’un muscle car haut sur pattes.

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