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Premier essai du Toyota Tundra 2022 : On l’a conduit (enfin !)

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Auto123 y va d’un premier essai du Toyota Tundra 2022.

San Antonio, Texas - Toyota n’a de leçons à recevoir de personne sur l’art du striptease qui n’en finit plus. Voilà plus d’un an que le moulin à rumeurs s’est emballé au sujet du nouveau Tundra. Au printemps dernier, le constructeur a relâché une poignée de photos qui ne dévoilaient pas grand-chose sauf des bouts de carrosserie. Une vidéo a suivi qui ne nous en apprenait guère plus si ce n’est que le pauvre réalisateur a dû tourner ses courtes scènes un jour où un épais brouillard s’est répandu dans les studios climatisés. Non mais quelle malchance…

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De très longs préliminaires
Puis une photo montrant enfin la camionnette pleine grandeur dans sa totalité a circulé sur la Toile. S’agissait-il vraiment d’une fuite ou d’une autre mise en scène ? Mystère et boule de gomme.

Toujours est-il que, début septembre, les médias canadiens ont été invités à se rendre dans un coin perdu de la campagne ontarienne pour faire connaissance avec le Tundra 2022.

Nous avons pu le voir, le toucher, nous asseoir dedans, le photographier, poser des questions aux experts présents, mais nous n’avons pas pu le conduire. Ça, ça viendrait plus tard. En attendant, chers journalistes, écrivez encore sur le Tundra, continuez à mettre la table.

Ce que nous avons fait docilement. Je vous invite ici à relire l’excellent texte de mon collègue Vincent Aubé qui nous présentait avec force détails le nouveau camion, de son look super macho à sa motorisation sans oublier les choix de cabines et de caisses.

Toyota Tundra TRD Pro 2022
Photo : Toyota
Toyota Tundra TRD Pro 2022

À partir de ce moment, nous savions à peu près tout sur le Tonka pour adultes mais absolument rien sur son comportement routier. Pour l’apprendre, il a fallu patienter un autre mois et se déplacer à San Antonio.

Pourquoi au Texas ? Pour dire aux Texans d’arrêter de faire les cons face au Covid-l9 (leur gouverneur a suspendu l’obligation de porter un masque et seulement la moitié de la population est vaccinée) ? Pour protester contre la loi anti-avortement que des dinosaures républicains ont imposé aux femmes ? Non plus.

San Antonio parce que s’y dresse la Toyota Motor Manufacturing Texas, l’usine qui assemble le Tundra (et le Sequoia en 2022 quand le Tacoma aura déménagé au Mexique). Les Japonais ont compris depuis longtemps que s’il voulait avoir ne serait-ce qu’une mince chance de rivaliser avec les F-150, RAM et Silverado/Sierra de ce monde, il leur fallait construire leur camion d’une demi-tonne dans une région où le cowboy Marlboro jouit d’un statut divin.

L’usine termine l’assemblage des derniers Tundra 2021 pendant que l’on procède à l’installation de la quincaillerie dernier cri qui permettra en décembre d’expédier les premiers exemplaires 2022 dans les salles de montre nord-américaines.

« À quel prix ? », demandez-vous. Ça aussi, nous le saurons que plus tard.

Toyota Tundra Platinum 2022
Photo : Toyota
Toyota Tundra Platinum 2022

Attente terminée
L’équipe en charge du lancement médiatique a néanmoins réussi à soutirer une vingtaine de camions pré-production que nous avons mis à l’essai sous un soleil de plomb.

Après cette interminable introduction (la méthode Toyota est contagieuse), je ne vous ferai pas le coup de vous répéter tout ce que vous avez déjà pu lire au sujet de la 3e génération du Tundra. Voyons plutôt ce que vous réserve la réalité.

V6 3.5L i-Force biturbo et boîte automatique à 10 rapports
Ils ne vous feront pas regretter une seconde le vieillissant tandem V8/6 rapports. Les accélérations sont immédiates et linéaires, la transmission n’hésite pas et la sonorité générale stimule. Toyota n’avait pas encore des chiffres de consommation officiels à nous transmettre (encore moins Transport Canada) mais elle estime que le V6 de base pourrait s’en tirer avec une moyenne de 9,0L aux 100 km, ce qui serait une énorme amélioration par rapport à l’ancienne cote de 17 litres.

Et un moteur électrique
Cette motorisation, devenue i-Force MAX et imitant celle du F-150, fournit indéniablement plus de nerf (437 chevaux plutôt que 389 et 583 lb-pi de couple au lieu de 479). Quand l’électricité vient en renfort, on constate un drôle de phénomène en abaissant la vitre au moment d’accélérer : on n’entend à peu près rien à l’extérieur alors que, dans l’habitacle, les ingénieurs se sont amusés à créer un son qui rappelle celui d’un V8.

Ce moteur hybride ne sera en vente qu’à partir de mars prochain. Notre boule de cristal prévoit que sa popularité finira par supplanter celle de l’autre engin.

Toyota Tundra 1794 Edition 2022
Photo : Toyota
Toyota Tundra 1794 Edition 2022

Les cabines
Toujours un choix entre Double Cab ou CrewMax, cette dernière étant plus généreuse à l’arrière. Et le retour de la lunette arrière (vitrée) qui s’éclipse grâce à un bouton.

Les caisses
Toujours trois longueurs, soit 5,5 ou 6,5 ou 8,1 pieds mais, cette fois, vous pouvez marier la 6,5 au CrewMax, ce qui était impossible auparavant. Chaque caisse reçoit de série un revêtement qui la protège des coups durs et de la rouille. Plus des œillets d’arrimage, un système de rails et une pléthore d’accessoires.

Chargement et remorquage
La charge utile (le poids maximum que vous pouvez transporter avant que le camion ne crie « mon oncle ! ») est de 1 940 lbs, ce qui se compare avantageusement à la compétition. Toyota fait grand état de la capacité de remorquage maximale de 12 000 lbs mais la règle d’or est la suivante : moins votre Tundra est lourd, plus il peut tirer. En conséquence, c’est le modèle de base SR à motricité arrière (le seul 4x2 de la gamme canadienne) qui est le plus fort. Au Texas, j’ai tiré une roulotte de 16 pieds, puis une autre de 26. En enclenchant les modes de conduite suggérés, un jeu d’enfant les deux fois.

La suspension arrière
Possiblement la star de cette 3e génération ! Des bras multiples et des ressorts hélicoïdaux ont chassé les antédiluviennes lames à ressorts, de sorte qu’on se retrouve avec un camion qui ne se prend plus pour un trampoline. La direction a aussi gagné en stabilité. Énorme différence. Et il était grand temps. Depuis que RAM a démontré que l’on pouvait très bien parcourir un chantier de construction tout en ayant l’impression de poser ses fesses dans un La-Z-boy, Toyota avait l’obligation de faire au moins aussi bien. Elle en rajoute d’ailleurs une couche en offrant des amortisseurs adaptatifs et une suspension pneumatique à l’arrière pour niveler l’assiette en fonction des charges à charrier.

Toyota Tundra Platinum 2022, intérieur
Photo : Toyota
Toyota Tundra Platinum 2022, intérieur

L’habitacle
Beaucoup de plastique sombre, même dans une version huppée comme la Platinum. D’un autre côté, ça fait lisse et propret. Ça sera facile à nettoyer. Il faut choisir la livrée 1794 (l’année où a été fondé le premier ranch à l’emplacement actuel de l’usine) pour tomber sur une sellerie et un intérieur qui ne déparerait pas le salon de Clint Eastwood, ou alors le TRD Pro avec ses sièges rouge.

Les écrans
Ici encore, le jour et la nuit par rapport à la génération précédente. Toutes les livrées de Tundra nous en mettent plein la vue. À chaque démarrage, derrière le volant, l’écran TFT de 12,3 po (sur les livrées luxueuses) affiche l’image d’un parc national des USA (les camions vendus au Québec ne projetteront pas le parc Forillon…). Celui au centre du tableau de bord peut passer de 8 à 14 po. À lui tout seul, il modernise le Tundra d’un coup de baguette magique.

Des boutons quand même
Malgré la présence de ces écrans, vous aurez à apprivoiser les fonctions de plusieurs interrupteurs. Comme celui qui active la très cool fonction Crawl (inclus avec le kit TRD Off-Road) : face à une pente escarpée et rocailleuse en pleine forêt, le Tundra l’escaladera tout seul. Vous n’avez qu’à tenir le volant et oublier l’accélérateur. Même principe que le Hill Descent Control mais à l’envers.

Toyota Tundra TRD Pro 2022, écran multimédia
Photo : Toyota
Toyota Tundra TRD Pro 2022, écran multimédia

Nouveau système multimédia
Des gens brillants ont accouché d’un système d’infodivertissement intuitif qui frôle le génie. En primeur dans le Tundra, il met en vedette une étonnante reconnaissance vocale. J’ai parlé à mon camion en français (sinon en anglais ou espagnol) et il m’a compris neuf fois sur 10. Toutes les « conversations » commencent par « Hey ! Toyota ! ». L’intelligence artificielle vous demande aussitôt ce qu’elle peut faire pour vous. Évitez les commandes inutilement alambiquées. Dites « SiriusXM canal 26 » au lieu de « J’aimerais bien écouter la station 26 de la radio-satellite SiriusXM ». Quand j’ai demandé « Où se trouve le plus proche McDonald ? », mon « assistante » me l’a précisé illico. Je veux m’y rendre ? Elle me montre le trajet sur son bel écran. Franchement, chapeau !

Le machin pour la remorque
Vous avez accroché un bateau à l’arrière de votre Tundra, vous arrivez à la rampe de mise à l’eau et le cauchemar commence : comment reculer la remorque sans avoir l’air fou ? Personnellement, j’irais me pratiquer dans un stationnement désert avant d’affronter le jugement des autres mais Toyota a préféré mettre au point une bouée de sauvetage. Ça s’appelle le mode Straight Path Assist (« l’aide pour aller droit »). Une fois le machin activé, vous n’avez plus qu’à moduler l’accélérateur pendant que le système contrôle le volant. Et voilà votre bateau qui recule seul vers l’emplacement choisi.

Cela dit, attention : vous devez d’abord aligner la remorque dans la bonne direction. Autrement dit, le système redressera le camion mais pas le joujou. Par ailleurs, il prend un certain temps à se calibrer, à décoder son environnement. Bref, ce n’est pas encore parfait mais on s’en approche. Je continuerais quand même à me pratiquer si j’étais vous…

Toyota Tundra 2022, avec remorque
Photo : M.Crépault
Toyota Tundra 2022, avec remorque

Je dois m’arrêter ici, sans insister sur la version 2.5 de Toyota Safety Sense, la suite d’aides à la conduite de série sur tous les modèles, ou les pétantes couleurs de carrosserie, ou le robuste châssis en échelle extrait de la nouvelle plateforme universelle.

Le Tundra 2022 est-il meilleur que son prédécesseur ? Bien sûr qu’il l’est. Le contraire aurait été extrêmement humiliant : ses géniteurs ont eu 14 ans pour le bichonner ! Si le fruit de leur labeur n’était pas supérieur à l’ancien camion, on leur distribuerait un rarissime petit manuel que personne ne veut dans sa bibliothèque : « Hara-kiri pour les nuls ».

Une anecdote savoureuse pour finir : au moment de quitter l’hôtel de San Antonio, j’ai commandé un Uber. Devinez quel véhicule s’est pointé ? Je vous le donne en mille, un Tundra 2018 ! Après avoir expliqué au chauffeur l’extraordinaire coïncidence par rapport à ce que j’étais venu faire dans sa ville, je lui ai demandé : « Vous êtes Texan, vos rues sont envahies par des camions et vous avez choisi un Tundra. Pourquoi ? »

Sa réponse : « Pour sa fiabilité. »

Toyota Tundra 2022, caisse
Photo : M.Crépault
Toyota Tundra 2022, caisse
Toyota Tundra 1794 Edition 2022, avant
Photo : Toyota
Toyota Tundra 1794 Edition 2022, avant