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Avant les GPS...

Avant les GPS...

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On se perdait. Souvent. Et c’était correct.

La fin de semaine dernière, mon mari et mois avons passé un samedi sublime à sillonner les chemins de la campagne québécoise et ontarienne, visitant la famille dans une Porsche Boxster S Black Edition 2012 que j’avais héritée pour la semaine. À l’instant même où j’arrivais à la maison avec la deux-places outrageusement chic le lundi précédent, mon mari commençait à planifier le trajet que nous prendrions d’une main, décrochant le téléphone de l’autre pour prévenir la parenté que nous débarquerions samedi.

Une journée qui s’annonçait impeccablement planifiée, souverainement parfaite.

Après tout, nous venions de nous acheter un GPS Garmin dernier cri, la Porsche avait son propre système de navigation intégré au cas où le Garmin s’embrouillerait, et mon mari s’était même envoyé par courriel des indications de Google Maps qu’il pouvait facilement afficher sur son Blackberry en cas de doute.

Samedi arrive, et avec lui un temps parfait : 9 heures, ciel d’azur, aucun nuage à l’horizon, température moyenne d’environ 23 degrés, un café Tim Hortons dans chaque porte-gobelet peu convaincant. Le Garmin nous exhortait déjà impatiemment à tourner à droite dans 900 mètres. C’était un départ. Direction : Aventure avec un grand A, à la découverte de chemins de campagne inconnus, les cheveux au vent et le son du moteur sillant dans nos oreilles.

Ça a duré à peu près 10 minutes, le temps que le Garmin s’évertue à nous diriger vers l’autoroute. Une de nos exigences pour cette escapade? Pas de grands axes routiers. Routes secondaires et chemins sinueux seulement, s’il vous plaît. Mais le Garmin ne voulait rien entendre, essayant catégoriquement de nous envoyer directement à l’autoroute pour nous sauver quelques heures de trajet.

Nous avons continué à le défier, il a continué à recalculer. Il y avait apparemment une façon de lui demander d’éviter les grandes routes, mais nous venions tout juste d’acheter ce bidule à la fine pointe (et soudainement excessivement irritant), et ni mon mari ni moi ne savions comment lui faire oublier les foutues autoroutes. Nous avons donc poursuivi notre chemin… et nous nous sommes perdus.

Heureusement, mon mari avait compris très jeune qu’il n’y a rien d’émasculant que d’arrêter pour demander des directions. Ainsi donc, on nous a informés que nous étions généralement sur la bonne voie… ouf!

Le soleil toujours plombant, le sourire légèrement fixé, nous avons persévéré, à coup de quelques accrochages au-dessus d’une carte géographique, jusqu’à ce que nous croisions un carrefour inconnu.

Vite, sort le Blackberry, il a sûrement la réponse. Pas de chance. Apparemment, il n’y a pas de service dans la campagne québécoise! Un coup d’œil sur les vaches dans leur champ et les arbres dansant au loin nous a confirmé que personne ne pourrait nous dépanner avec des indications cette fois-ci. Sourires officiellement effacés.

On a donc niaisé avec le Garmin, tirant la carte ici et là sur le minuscule écran de 5 pouces pour essayer de trouver la meilleure option et voir si on pouvait retracer la route que nous espérions emprunter, pendant qu’il continuait à nous demander inlassablement de tourner à gauche et de retourner au point de départ pour prendre l’autoroute. Rendus là, nous regrettions quasiment de ne pas l’avoir fait.

Finalement, au bout de près de quatre heures, d’innombrables prises de bec, d’un arrêt de 20 minutes en zone de chantier, de multiples pauses pipi, de la perte du service de radio satellite (misère!) et d’une attaque de libellule enragée, nous avons atteint notre première destination. Une destination que nous aurions touchée en un peu moins d’une heure si nous avions écouté le Garmin dès le début. Et ce n’était que la première étape du voyage…

Aujourd’hui, dans l’ère post-GPS, nous nous perdons, et ce n’est pas correct. La technologie est censée nous délivrer, mais il faut croire qu’elle n’assure pas forcément des déplacements irréprochables en campagne… ni ailleurs.

Au moins j’ai bronzé un peu!