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Bienvenue au quatrième choc pétrolier (Suite et fin)

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Khatir Soltani
Pendant ce temps, au Canada...

Pendant ce temps, le gouvernement canadien, qui a refusé de s'engager dans la guerre en Irak, (guerre qui a initié le début de la hausse fulgurante des prix du pétrole) réagit à la hausse des prix du pétrole en...ne faisant rien. Mais, si les États-Unis sont en guerre contre le terrorisme et l'Irak, le reste du monde est en train d'amorcer une autre lutte : celle contre le réchauffement de la planète.

Kyoto et le 4e choc pétrolier

La plus incroyable lacune que j'ai été à même de constater lors de la lecture des différents articles de ces derniers jours sur le choc pétrolier est l'absence totale de perception qu'il pourrait y avoir là une opportunité de faire d'une pierre, deux coups. En effet, il est pour le moins étonnant que PERSONNE n'ait pris la peine de parler ou n'ait même pensé que l'augmentation du prix du pétrole pourrait initier un mouvement de baisse de consommation et de diminution des émissions de CO2, le principal gaz qui cause le réchauffement de la planète.

Lorsque les principaux intervenants politiques et économiques ont été interpellés sur le sujet, aucun d'entre eux n'en a parlé. Il y a pourtant là une occasion en or de faire en sorte que le Canada réussisse à atteindre son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Que pourrions-nous faire ?

Voici une liste de propositions réalistes qui ont été suggérées et qui pourraient être mises en application dès aujourd'hui afin de sauver à la fois de l'essence et, accessoirement, la planète.

Que le gouvernement fédéral, les entreprises et les institutions gouvernementales trouvent des moyens d'encourager à raison d'une journée par semaine le télétravail, là où c'est possible. En effet, en plus de décongestionner les routes, cette mesure aurait pour effet de sauver de l'essence et de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. D'ailleurs, vous pourriez penser à le faire vous-mêmes si vous êtes travailleurs autonomes.

Rationalisez vos déplacements. Petite devinette : Quels sont les trajets qui représentent le plus grand nombre de kilomètres dans votre vie ? Est-ce le trajet vers le travail ? Non. S'agirait-il alors de nos voyages ? Non plus. La réponse est beaucoup plus simple. La plus grande partie du kilométrage que nous effectuons est consacré à faire des courses ! Aller au marché, aller chercher les enfants à l'école, aller au restaurant où à une sortie chez des amis, etc, voilà ce qui nous fait consommer le plus d'essence. Une fois que nous savons cela, il est facile de trouver des moyens de rendre nos déplacements plus efficaces afin d'en faire moins.

Que le gouvernement fédéral accorde graduellement une politique de crédit-remise à l'achat d'une voiture neuve. Si le gouvernement fédéral est sérieux dans sa lutte pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre, il fera en sorte que les gens qui achètent des voitures qui consomment moins obtiendront un crédit et ceux qui achètent des voitures qui consomment paieront une surtaxe. (J'expliquerai ce principe en détail dans un prochain article).

Que le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux aident les administrations municipales à réinvestir dans le transport en commun. Je suis bien conscient qu'il y a pour beaucoup de gens un problème avec le transport en commun. C'est que, justement, ça fait... commun. En effet, la voiture étant un statut social autant qu'un mode de transport, cela fait en sorte que plusieurs ne veulent être considérés comme des loosers car utilisant le transport en commun. On ne parle pas ici de vendre votre auto chérie, mais de moins l'utiliser. Pour donner un exemple du problème grandissant que le nombre croissant de voitures représente, sachez que depuis 5 ans, le nombre d'étudiants du Québec qui possèdent une voiture et l'utilisent pour aller aux études a augmenté de 50%.
Khatir Soltani
Khatir Soltani
Expert automobile
  • Plus de 8 ans d'expérience en tant qu’essayiste automobile
  • Plus de 50 essais réalisés au cours de la dernière année
  • Participation à des discussions avec la quasi-totalité des manufacturiers au Canada