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Cohabitation vélo-auto : une utopie?

Cohabitation vélo-auto : une utopie?

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Une autoroute cyclable, reliant le nord et le sud de l'île de Montréal, verra le jour d'ici 2017. Ainsi, les cyclistes pourront rouler en toute sécurité et ne plus emprunter les rues achalandées de la ville. Génial? Oui! Avant-gardiste? Pas du tout.

Les Pays-Bas ont depuis longtemps compris que la meilleure façon de concilier vélo et auto était... de les séparer. Ils ont été parmi les premiers à ouvrir des autoroutes cyclables, et quand on sait que ce pays compte 1,11 vélo par habitant, il n'y a rien d'étonnant!

Cohabitation vélo-auto

Les pays scandinaves ne sont pas en reste : la culture du vélo est aussi bien implantée chez eux. Lors de mon séjour en Suède et au Danemark en 2006, j'ai pu mesurer l'ampleur du phénomène. Moi, Nord-américaine élevée avec l'idée que les mots automobile et liberté allaient de pair, j'ai découvert un environnement où le culte de l'automobile se retrouve bien loin dans l'imaginaire collectif.

En Suède, j'ai vu pour la première fois un stationnement de vélos, à la gare; pas quelques dizaines, des centaines! À Copenhague, j'ai constaté que j'avais plus de chances de me faire renverser par un vélo que par une voiture. La ville est aménagée davantage en fonction des cyclistes et des piétons, sans que personne ne s'en porte plus mal.

Hommes et femmes d'affaires, en habit, en jupe, en talons aiguilles, en baskets... 15 000 banlieusards se rendaient au centre-ville en vélo, sans compter ceux qui habitaient la ville. Nombre d'entre eux se baladaient sur un vélo triporteur avec un gros « panier » devant, transportant provisions, valises ou enfants. Récemment, Copenhague s'est dotée de sa première autoroute cyclable, et d'ici quelques années, la ville devrait posséder 13 voies express cyclables reliant la banlieue au centre-ville.

Et c'est le grand luxe : des routes directes vers le centre-ville, toujours exemptes de neige et de glace, des stations de gonflage chaque 1,5 kilomètre environ, des aires de repos (un peu comme les barres d'appui dans les stations de métro). Et ces autoroutes ne sont pas minuscules, elles ont une largeur d'au moins trois mètres, soit suffisamment pour que les émules du Tour de France et les plus zen se partagent la route, sans heurts.

Oui mais avec une ville aussi peuplée que Montréal, c'est impossible, me direz-vous. Copenhague comptait, en 2009, 1 167 000 habitants; Montréal, 1 650 000, sur une plus grande superficie... Quod erat demonstrandum. Mais s'il y a tant de cyclistes, les risques d'accident sont augmentés, non? Eh bien non.

Il faut cesser de penser avec notre mentalité automobile nord-américaine car là-bas, le nombre d'accidents impliquant des voitures et des vélos est proportionnellement moins grand. Pourquoi? Parce que les cyclistes demeurent sur les aménagements cyclables. Il faut garder en tête que les cyclistes utilisent les rues faute de routes cyclables suffisantes, car la majorité d'entre eux préféreraient, et de loin, rouler sans se soucier des rétroviseurs extérieurs ou des portières des automobiles.

Plusieurs grandes villes dans le monde suivent cette tendance de créer des routes et des autoroutes réservées aux cyclistes. Mais il est évident que nous avons encore beaucoup à apprendre des Européens du Nord en ce qui a trait à une cohabitation harmonieuse des cyclistes et des automobilistes.