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Partage de la route : un concept encore bien abstrait

Partage de la route : un concept encore bien abstrait

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La semaine dernière, j’ai été témoin d’une virulente discussion sur la page Facebook de la SAAQ, où de nombreux automobilistes s’adonnaient à qui mieux mieux à du véritable « vélo bashing », sur une discussion qui faisait la promotion du partage courtois de la route. J’en profite au passage pour saluer le professionnalisme du modérateur de la page, qui a ainsi remis à leur place de façon très courtoise nombre d’internautes. Chapeau monsieur ou madame!

J’ai été sidérée de lire que certains n’hésiteraient pas à heurter un cycliste qui « est dans le chemin » et à jeter toute la responsabilité sur lui lorsqu’il se produit un accident. Si certes il faut reconnaître que certaines personnes sont carrément dangereuses sur un vélo, certains automobilistes, de par leurs habitudes de conduite et leur façon de penser, sont bien pires. Et encore je suis polie.

Le respect, mot d’ordre sur les routes, peu importe notre véhicule

Je suis une automobiliste à 98 % du temps; je suis également une cycliste très (très très) occasionnelle. Comme tout le monde, je dois composer avec les différents usagers de la route, qu’ils se déplacent à 2, 4, 6 ou 18 roues, et même à pied. Le Code de la route est fait pour être respecté, et ce peu importe notre moyen de transport; ça, la plupart des gens le respectent, mais certains en font fi de manière éhontée, qu’ils soient à vélo ou en auto.

Ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre qu’un piéton et un cycliste sont nettement plus vulnérables qu’un automobiliste; si parfois les gens qui se déplacent à pied ou en vélo m’irritent au plus haut point avec leur non-respect du Code, j’admets sans l’ombre d’une hésitation que les automobilistes qui ne pensent qu’à leur petit bonheur et qui se croient tout permis se placent en haut de ma liste d’irritants. La route ne vous appartient pas à vous seuls : elle appartient à tout le monde, point. 

Petit rappel des règles de partage de la route

Le site de la SAAQ regorge d’informations sur la sécurité routière, le partage de la route et la courtoisie qui vient avec. Pour ceux dont la mémoire aurait fait défaut, voici quelques règles tirées de ce site et qui vous confirmeront si vous aviez raison… ou tort.

  1. Aux intersections avec des panneaux ARRÊT dans toutes les directions, le premier qui fait un arrêt complet a la priorité, qu’il soit à vélo ou en auto.
  2. On précise aussi que si c’est le cycliste qui a la priorité, il doit d’abord s’assurer d’établir un contact visuel avec le conducteur et s’assurer que ce dernier lui cède le passage. Parce que bon, « avoir la priorité » ne signifie pas que les autres usagers de la route respecteront ladite priorité…
  3. Laisser un espace d’au moins 1 mètre (en ville) et de 1,5 mètre sur les routes rurales lorsque vous dépassez un cycliste.
  4. Et bonne nouvelle pour les automobilistes, vous avez même le droit de franchir une ligne pleine pour dépasser un cycliste… si vous pouvez le faire en toute sécurité, cela va de soi. Vous n’avez donc aucune raison de les frôler avec vos rétroviseurs.
  5. Cyclistes : signalez vos intentions! Tout comme il est frustrant de se retrouver derrière un véhicule dont les clignotants sont en option, nous, automobilistes – et autres usagers de la route – ne pouvons pas constamment anticiper vos réactions ni deviner que vous vouliez tourner à gauche à ce moment précis… 

Et petite mise au point à l’attention des automobilistes grognant contre les cyclistes qui ne sont pas sur les pistes cyclables : à la suite d’une révision du Code en 2010, les cyclistes n’ont plus l’obligation d’emprunter systématiquement une piste cyclable si le chemin en comporte une, notamment quand elles ne donnent pas un accès direct et fluide à une destination précise. À  bon entendeur…

Si la cohabitation entre vélos, piétons et conducteurs ne se fait pas toujours sans heurts, tâchons de faire preuve de courtoisie et de respecter le Code de la sécurité routière; non seulement ferons-nous des routes un endroit plus sécuritaire pour tous, mais nous ferons également baisser notre niveau de stress de plusieurs crans. Parce qu’après tout, un sourire ou un signe de la main en guise de remerciement est certainement plus agréable qu’un juron et un doigt d’honneur!