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DTM: Une saison 2013 en dents de scie pour Robert Wickens

DTM: Une saison 2013 en dents de scie pour Robert Wickens

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Un de nos compatriotes, Robert Wickens, s’est lui aussi illustré en DTM. Auto123.com a pu revenir sur la saison écoulée avec Robert lors de la dernière manche tenue à Hockenheim en Allemagne.

Nous avons souvent eu l’occasion cette saison de parler du champion 2012 du DTM le Québécois Bruno Spengler. Toutefois, un autre de nos compatriotes, Robert Wickens, s’est lui aussi illustré. Auto123.com a pu revenir sur la saison écoulée avec Robert lors de la dernière manche tenue à Hockenheim en Allemagne.

Mais effectuons ici un bref retour en arrière. Fin 2011, tout s’annonce bien pout le jeune Torontois. En effet, déjà promu pilote d’essais et de réserve de l’écurie de Formule 1 Marussia depuis le Grand Prix du Canada, Wickens remporte le titre de la Formule Renault 3.5 face à des rivaux coriaces tels Jean-Éric Vergne, Daniel Ricciardo et Alexander Rossi.

Mais en dépit de son titre, Wickens ne monte pas en F1 en 2012.

Auto123.com : Robert, que s’est-il passé pour que tu ne passes pas en F1 avec Marussia ?
Robert Wickens : « Rien en particulier. Je n’avais tout simplement pas l’argent requis. C’est tout. J’étais capable d’en amasser un peu, mais d’autres pilotes se sont présentés avec beaucoup plus d’argent que je pouvais en trouver. On m’a donc offert de rester le pilote de réserve et de courir en série GP2, offre que j’ai refusée. »

« Puis, Mercedes m’a contacté pour effectuer un essai. Ils avaient été impressionnés par ma performance lors des essais jeunes pilotes F1 quand j’ai piloté la Marussia et la Lotus de F1. ‘Nous aimerions vous faire rouler à bord d’une voiture de DTM. Faites-nous signe’. Je les ai rappelés. J’aurais été stupide de ne pas le faire”.

DTM Mercedes Robert Wickens
Robert Wickens, Mercedes AMG C-Coupé à Hockenheim. (Photo: René Fagnan)

Auto123.com : Tu n’avais jamais conduit une voiture de course avec un toit auparavant. Comment l’essai s’est-il déroulé ?
Wickens : « Je n’avais aucune idée à quoi m’attendre. J’ai essayé de trouver des images de caméras embarquées de DTM pour voir ce que ça avait l’air. L’essai a eu lieu sur le circuit de Barcelone, que j’aime beaucoup. Dès que j’ai quitté les puits et que j’ai désactivé le limiteur de vitesse, je me suis senti à l’aise. Contrairement à ce que je craignais, je ne roulais pas n’importe où sur la piste et je ne montais pas sur les vibreurs. Évidemment, ça m’a pris un peu de temps à m’habituer, mais après deux ou trois sorties de piste, je réalisais des temps compétitifs ».

Auto123.com : Mercedes t’a donc proposé un volant tout payé en DTM. Ta décision a-t-elle été facile à prendre ?
Wickens : « Quand vous avez la chance de devenir un pilote professionnel pour un constructeur automobile majeur comme Mercedes-Benz ou de retourner dans une catégorie junior comme le GP2, le choix est facile à effectuer. Après avoir remporté le championnat de FR3.5, aller en GP2 et ne pas gagner le titre m’aurait fait perdre de la valeur. Et si je le gagnais, cela aurait juste prouvé que j’étais bon. J’ai donc saisi cette chance de devenir professionnel ».

Auto123.com : Crois-tu avoir la chance de monter un jour en Formule 1 ?
Wickens : « La Formule 1 ne m’est pas exclue. Mercedes propulse pas mal de voitures en F1. Mais je dois d’abord m’imposer ici. La F1 n’apparaît pas sur mon écran radar. Je dois gagner le titre en DTM avant tout. Mais même si je n’allais jamais en F1, je suis très heureux de ma situation et je désire par-dessus tout remporter le championnat du DTM avec Mercedes-Benz ».

DTM Mercedes Robert Wickens
Robert Wickens, Mercedes (Photo: René Fagnan)

Auto123.com : Cette saison, tu as remporté ta première pôle position ainsi que ta première victoire en DTM. Es-tu satisfait de tes performances ?
Wickens : Très honnêtement, ce fut une saison en dents de scie. Je suis content de certains résultats et déçu par d’autres. Je ne suis pas content du fait que, soit je terminais 4e ou mieux, soit je ne terminais pas dans les points. On ne peut pas gagner un championnat en comptant des points de temps en temps. Je n’ai compté des points que quatre fois au cours des dix dernières courses. Parfois, il s’agissait de situations hors de mon contrôle comme un accélérateur bloqué, de mauvais changements de pneus, des accrochages avec des rivaux et des collisions. Mais je crois que lorsque je roulais dans le top 5, j’effectuais du bon travail, profitant bien de la situation ».

Auto123.com : Le niveau de performance de la Mercedes AMG C-Coupé a décliné depuis le milieu de la saison. As-tu une explication ?
Wickens : “C’est un manque d’adhérence général. Il semble qu’au cours de la pause estivale, les autres constructeurs ont réalisé des gains majeurs en performance. Nous ne sommes pas restés inactifs ; nous avons aussi travaillé très fort. Mais je crois qu’Audi a découvert un truc. À Moscou et au Nürburging, il fut évident que nous avions du mal en qualifications. J’ai bien remporté la course au Nürburging, mais je m’étais qualifié loin en 7e place ».

« La dernière fois qu’une Mercedes s’est retrouvée en Q4 fut au Norisring quand j’ai décroché la pôle. Toutefois, notre rythme en course fut assez bon durant toute la saison. Si nous voulons nous battre pour le titre, il faut se qualifier à l’avant du peloton. Au cours des dernières épreuves, nous n’avons fait que sauver les meubles ».

Auto123.com : Afin d’ajouter du piquant dans les courses, le DTM a instauré un DRS (dispositif de réduction de traînée aérodynamique) et l’obligation d’effectuer au moins un relai en course avec des pneus options tendres Hankook. Quelles sont tes impressions ?
Wickens : « Le problème est que notre DRS ne crée pas une grosse différence. Nous n’avons pas beaucoup de puissance et nos voitures sont relativement lourdes. Sur une piste comme ici (à Hockenheim), l’activation du DRS durant toute la longue ligne droite ne nous fait gagner que trois dixièmes de seconde au tour.

« Par contre, le pneu option a été une bonne chose. Ce fut très excitant. Mais certaines courses furent bizarres, car certains constructeurs parvenaient à faire durer leurs pneus options très, très longtemps. Ce n’est pas bon pour la série que des pneus options parviennent à tenir le coup durant les trois-quarts d’une course. Ils ne devraient durer que 10 tours et partir en lambeaux. Cela sera peut-être corrigé pour l’an prochain, mais je n’ai rien entendu à ce sujet ».

DTM Mercedes Robert Wickens
Robert Wickens, Mercedes (Photo: René Fagnan)

Auto123.com : La plupart des amateurs canadiens ne savent pas que tu as travaillé très dur cette année…
Wickens : « Ouais. J’ai effectué un stage d’apprentissage chez HWA. Quand je suis retourné en Allemagne en janvier dernier, j’ai immédiatement commencé à travailler de 9 à 5, tous les jours. J’ai passé deux mois dans le département d’ingénierie. Puis, j’ai travaillé aux départements des matériaux composites, des moteurs et boîtes de vitesses et contrôle de qualité. Ce fut pas mal intense. Je n’aurais jamais cru devoir pointer ma carte tous les jours ! Je devais aussi m’entraîner physiquement au gym trois heures tous les jours. Habituellement, je ne parvenais pas à m’allonger sur mon sofa avant 23h ! Je suis prêt à continuer l’an prochain, mais certainement pas quotidiennement ».